08 septembre 2007

Fri. 24 Aug. - Ocean Size [Jane's Addiction]

Comme promis, une description de "tout le bien que je pense" de WBI, le système que je suis en train d'apprendre, et qui s'inscrit dans la famille très à la mode pour l'instant des EAI - Enterprise Application Integration. La banque pour qui on bosse a décidé de baser toute son informatique sur cet outil.

En un mot, c'est complètement nul. A un point tel que je me demande comment l'abruti qui a un jour (il y a 5 ans) décidé d'acheter cette chose ose encore se regarder dans la glace. Et d'ailleurs, plus fondamentalement, qui sont les débiles mentaux qui ont même eu l'idée de construire un tel outil, pour commencer.

L'outil en question, c'est une belle boîte à outils Fisher Price, avec le gros tournevis rouge, les vis jaunes et le marteau vert. IBM leur a vendu cette chose en leur prétendant qu'on était entrés dans l'ère du «building block» et que ça leur simplifierait la vie («même un enfant pourrait l'utiliser!»), «vous allez voir comment que vous allez réaliser tous les travaux de la maison en un clin d'œil avec ça!» Le clin d'œil à pas louper, c'était celui du commercial d'IBM à son patron.

Et donc voici un résumé de leur situation à l'heure actuelle: ils ont assemblé tous les meubles de la maison avec les grosses vis jaunes en plastique et ils se demandent maintenant pourquoi ça tient pas bien, qu'il a fallu mettre des emplâtres dans tous les sens avec des vraies vis en métal pas belles du tout, et que vous êtes sûrs que ça va tenir l'an prochain, quand on va doubler le volume des transactions?
C'est alors qu'on se retourne vers le commercial d'IBM qui, pas de chance, a pris sa retraîte anticipée avec l'argent de la commission qu'il s'est faite sur cette vente juteuse et qui est quelque part sur une île aux Caraïbes. Quant au service technique d'IBM: «Oh là là, me dites pas que vous traînez encore ce dinosaure? C'est complètement has-been votre truc, sooooo nineties! Non non, on supporte plus cette antiquité depuis des mois! Vous devriez migrer sur notre nouveau produit WPI tiens... d'ailleurs, on va vous envoyer un commercial qui va vous emballer tout ça vite fait, il a justement envie d'aller prendre l'apéro avec son copain en Guadeloupe...»

Jusque là, j'en rigole. Là où le rire jaunit (comme les vis), c'est quand on essaye de m'apprendre (pour que je puisse ensuite diriger une équipe d'Indiens qui feront la même chose) comment utiliser les outils primitifs en plastique de couleur, et comment bidouiller pour en contourner les limitations, pour construire des machins dont je sais bien que je les réaliserais impeccablement en un quart du temps avec mes bons vieux outils standard (et gratuits) que sont java, eclipse et jboss.

Il n'a d'ailleurs pas fallu deux jours pour que l'instructeur, en train de montrer comment utiliser tel ou tel outil de son gadget fisher-price-IBM, nous sorte éclaire un peu sur le fond des choses:
- «Alors ce module-là, 'faut pas faire trop attention, c'est complètement buggé»
- «Mais!?!?... C'est complètement neu-neu ce machin-là!»
- «Maaaais kessqu'il me fait là??? N'importe quoi!» (eh non, pas en parlant de moi... mais de l'outil qui essayait péniblement d'interpréter mon modèle)

06 septembre 2007

Thu. 6 Sep. - Je sais pas [Starbucks compilation]

Je me suis laissé tenter par le mythe: Je suis dans un Starbucks à siroter un caramel macchiato devant mon MacBook connecté au monde (tellement connecté d'ailleurs que j'y rédige ce message).

La musique est un machin un peu mou, une contrebasse et une trompette, un gars avec une grosse voix et le tout fait penser à New York New York

En dépit de toutes ces apparences, je ne suis ni à Manhattan ni à Toronto, mais bien à La Défense, le quartier tout neuf de Paris qui ressemble à Louvain-la-Neuve...

<edit> (voir le commentaire de Jules...)
Une des ressemblances frappantes, c'est les dalles au sol sont les même que celles de la terrasse de la maison de ma famille à LLN :-) A part ça, il y quelques habitation troglodytes qui font très Louvain-en-Woluwe, et puis pas mal de béton nu, comme on en trouve du côté des Sciences. Et puis l'esplanade piétonne, un étage au-dessus des voitures... Mais je reconnais que pour le reste, la forêt de tours en acier et verre ne ressemble à rien, et c'est très laid.

23 août 2007

Wed. 23 Aug. - Why Don't You Do Right [Jessica Rabbit]

Je devrais commencer à mentionner où je suis plutôt que ce que j'écoute. Tout à l'heure, quand je rêvassais à l'élaboration de ce message, j'étais sur la place Victor Hugo, dans le XVIème à Paris. J'imagine que c'est devenu assez difficile de suivre mes mouvements et j'avoue que je me demande parfois où je suis moi-même quand je me réveille le matin.

Enfin, je suis donc ici pour suivre une formation, comme au bon vieux temps! Cool, horaires relax, rien à branler après 5h30, eeeeeaaaasy life! Je dirai tout le bien que je pense du système que j'apprend une autre fois... Je suis accompagné par 6 autres élèves, tous fraîchement engagés par la banque à leur sortie d'école. J'ai donc été délibérément vague quant à la raison de ma présence parmi eux.

En effet, je suis l'avant-garde de l'infanterie asiatique qui, chevauchant le spectre de la globalisation, va déferler céans assoiffée de travail, de prospérité, de croissance et d'argent facile (et de sang aussi, n'oublions pas que ces sauvages mangent leurs enfants hein!). Et donc je me suis dit que j'allais pas clamer tout ça trop fort, question de pas jeter un froid dans la classe en passant pour l'instrument de leur mise à la retraite anticipée imminente.

Ah! S'ils savaient! On est loin du compte! La globalisation vue de l'intérieur, eh bien, c'est tout autant le bordel qu'à l'ordinaire, si pas encore plus. Las! Point d'armée en marche, tous au pas comme un seul homme, courageux comme le puma mais rigoureux et empreint d'abnégation telle la fourmi, ai-je entendu de mes collègues à Bangalore:
- «Faudra faire avec ce qu'on a!» «
- «Puis, faut pas les effrayer, ou les ennuyer avec des jobs moroses, sinon ils démissionnent et vont voir chez le voisin»,
- «Puis faut les faire voyager, on leur a promis pour les faire signer»,
- «'parlent pas un mot de Français: ils sont bilingues Hindi-Kanaataka, ou Hindi-Tamoul, certains parlent aussi un drôle d'Anglais avec des R roulés et des T qui claquent vite»

Et donc moi je dois m'arranger pour que cette bande de saltimbanques s'intègre et collabore efficacement avec les gars d'ici qui se méfient d'eux comme de la peste.



:-) Encore de belles histoires en perspective!




PS: Ah oui, en voyage il faut toujours se plier aux coutumes locales, donc j'ai mangé de l'Andouillette ce midi. Enfin, "manger"... Bref, plus jamais, quoi!
Heureusement, la sole meunière grillée à la perfection de ce soir a redressé la barre...

15 août 2007

Wed. 15 Aug. - Mono [La Veuve Cobain]

Parfois dans la vie, il faut faire preuve d'un peu de jugeotte... Par exemple, quand on se donne rendez-vous dans un magasin qui s'appelle World's biggest bookstore, on peut logiquement s'attendre à pas se retrouver en 30 secondes. Surtout que comme d'hab, le biggest s'entend au premier degré, en terme de surface ou de volume et pas comme on pourrait s'y attendre en terme d'éclectisme ou d'étendue de choix (on a tout de suite droit à un rayonnage complet de volumes du dernier Harry Potter)

21 juillet 2007

Fri. 5 Jul. - A Prince In A Pauper's Grave [Carter USM]

Il m'est arrivé un truc bizarre aujourd'hui où je me suis senti tout con... J'étais dans le métro à Paris, à l'heure où il y a juste plus trop de monde, j'étais debout perdu dans mes pensées (ou en train de mater une .... noooon, je ne fais plus ça voyons!), puis le gars qui était assis là tout près de moi se met à tomber par terre, boum!

Deux autres personnes l'aident à le remettre sur son siège, làààà tout va bien, puis la dame qui est assise à côté de lui commence à lui dire qu'il est blanc comme un cierge et qu'il a probablement eu une chute de tension, ou qu'il a besoin de manger du sucre ou en tous cas aller voir un médecin. A la station suivante, elle sort de la rame et lance à la cantonnée "Le gars là il est tout pâle, il va pas bien, il faudrait faire quelque chose; moi je peux pas je suis pressée." Comme le siège est libre, je m'assied à côté du pâle, puis je commence à sonder un coup "ça va mieux?", "quelle station vous sortez?", "avez-vous pensé à aller voir un médecin/prendre du repos?" etc. Il baragouine des machins incompréhsenbiles et j'ai alors un peu honte à l'idée que je sais déjà que je ferai rien pour lui.

Je suis pas sorti à sa station, conduit au SAMU le plus proche et veillé sur lui comme un frère. L'idée m'a effleuré l'esprit: j'étais pas particulièrement pressé, mais je connaissais pas du tout le coin, quoi faire du bonhomme, où trouver où l'emmener et pire que tout, comment lui présenter cette invasion de sa sphère d'auto-détermination.

Je me sens maintenant con de ne pas l'avoir fait (surtout que je suis arrivé une demi-heure en avance à mon rendez-vous, qui n'a finalement pas eu lieu), de ne pas avoir pris cette chance de faire preuve d'un brin de solidarité Amélie Poulainsque, et d'être resté guindé dans ma réserve, pour la bête raison que je savais pas trop comment m'y prendre.

Du coup j'ai été faire du shopping, comme une fille (clin d'œil au film "A good woman").

13 juillet 2007

Tue. 4th of July - That Joke isn't funny anymore [Les Smiths]

J'avais pas remarqué, mais c'est les vacances! Je ne sais trop comment, en traversant la Seine dans le métro mon esrpit s'est mis à divaguer sur l'expression "réussir ses vacances", dans le sens de "mais pourquoi? -- pourquoi même en vacances on ne se fout pas la paix avec cette obsession de la réussite?". Depuis qu'on est petit, on nous bassine avec "réussir son année", "réussir ses examens", "réussir son permis de conduire", "réussir sa carrière", "réussir son mariage", "réussir ses projets", et même le terrifiant "réussir sa vie"... Pourquoi de temps en temps on prend pas aussi un peu son pied à foirer (c'est un plus beau mot que "rater", non?) des trucs? Ou à la limite à riendutout des trucs, juste les vivre tels qu'ils viennent?

Si l'école ne formattait pas tout le monde avec ça dès le plus jeune âge, est-ce que la vie serait plus cool? un peu moins compétitive? moins trépidante? plus chiante?

Ca me rappelle un texte que j'ai lu un jour qui prétendait que l'Homme ne trouve satisfaction que dans l'échec. Les ambitieux et ceux à qui tout réussit continueront toujours à viser plus haut, plus loin, plus difficile jusqu'à trouver la planture finale et délivrante; que l'ambition d'un homme est mesurée à la hauteur de sa chute. Et de citer en exemple nombre généraux, hommes de guerre ou dirigeants politiques, ou encore artistes (Napoléon, Hitler, Ian Curtis, Michael Jackson...)

08 juillet 2007

Thu. 21 Jun. - Que Paso que paso [Radio Bemba Sound System]


Je ne sais pas encore trop par quel miracle (merci Jaczek!), dans la tourmente de mes déplacement intempestifs et mes changements de plans incessants, j'ai réussi à aller voir un concert à Toronto, sold-out depuis des mois, à une date où j'étais censé être partout sauf là.

Et quel concert mes amis! La réplique de ce fabuleux show de Manu Chao, le Radio Bemba Sound System, dont je parle d'ailleurs dans un post précédent. L'a pas perdu son énergie, le bonhomme! Toujours aussi excité, toujours autant de Que Paso Que Paso pour ponctuer le concert, il a une fois de plus mis le feu. Sauf que les gens ici sont un peu mous et l'ambiance n'avait rien de celle de réacteur nucléaire en surchauffe de Forest-National à l'époque...

Il nous a tout de même gratifiés de 3 rappels généreux et d'un bon 3 heures de concert, et quelle ne fut pas notre surprise, alors qu'on flânait à la sortie en quête de cochonneries à se mettre sous la dent, de voir le petit Manu prendre un bain de foule minettes, distribuer bisous accolades et autographes à un attroupement de fans hystériques...

Sat. 23 Jun. - Godless [Dandy Warhols]

Entre la fin de ma mission à New-York et le début de celle de Paris, je me repose une semaine à Toronto, je reconnecte avec mes amis en tous genres, pas trop travailler et profiter un peu de la vie. Donc samedi, Kalila m'invite à un événement organisé par un des siens amis, OpenCities.

L'idée est de rassembler des gens (ouvert à tous) autour du sujet de "Open Cities", qui est un hybride entre Open (de Open Source, le logiciel libre) et City (de Sex & the City? euh sais pas, City comme dans city quoi). Quelque part entre "j'ai fumé la moquette" et "le berceau de la prochaine révolution urbaine", il s'agit d'une soupe "on refait le monde" très ouverte autour des thèmes des transports publics, de l'urbanisation, des principes de démocratie participative, de l'internet comme accélérateur et facilitateur des relations humaines et des services citoyens...
J'ai retenu les gars qui organisent des batailles d'oreillers dans les rues (et qui exportent le concept à New-York maintenant), ceux qui dansent au son de la musique des magasins en rue, le gars qui veut faire une encyclopédie collaborative de la ville (torontopedia.com), ceux qui veulent devenir une force politique, celui qui a pas dit un mot tellement il était en symbiose avec son MacBook...

J'y ai aussi découvert que l'esprit d'entreprise (ou d'initiative) est en effet nettement plus développé ici qu'en Belgique. Ici, les gens essayent tout et n'importe quoi, ils transforment n'importe quelle vague idée en un business (ou un non-business). Je suppose que la majorité se plante, mais pas de problème ils recommencent. En Belgique, j'ai l'impression qu'avant de commencer quoi que ce soit, on veut d'abord acquérir la certitude sur papier, en théorie, dans un gros business plan, que ça va marcher à tous les coups, qu'on ne laisse aucun détail dans l'ombre et qu'on se prépare à toute éventualité. Résultat? tout le monde devient employé et pense à son compte d'épargne-pension.

28 juin 2007

Wed. 20 Jun. - Emportée par la foule [voir plus bas]

L'actualité cinéma

De la même manière qu'un nouveau Batman ou Mission Impossible met un temps variable à traverser l'Atlantique et arrive dans nos salles alors qu'il est déjà sorti en DVD depuis longtemps aux USA, l'inverse est tout aussi vrai.
J'ai donc été voir à New-York la première de "12:08 à l'Est de Bucarest", film roumain de 2006 projeté en salle en janvier, et "La Vie en Rose" à Toronto, probablement aussi bien après sa sortie en France. Etonnemment, la traversée de l'Atlantique n'est pas qu'une question de distance, puisque "Paris je t'aime", que j'ai vu en mars à La Havane, a atteint Manhattan en juin.

12:08 à l'Est de Bucarest est un film complètement absurde qui se complaît dans la petitesse et le minable, un tout bon dans le genre. Les Américains aiment les personnages grands et nobles, les héros inoxydables qui font triompher le bien sur le mal; le cinéma francophone (en particulier belge) aime pas mal les anti-héros, ces Gaston Lagaffe du grand écran qui sont souvent touchants par force d'être juste comme tout le monde; et le cinéma est-européen va souvent chercher les champions du minable et du l'a-pas-de-chance-dans-la-vie.
L'action de ce film tient donc en l'achat d'un costume de Père Noël, faire des origamis sur un plateau de télé et une chorale qui enregistre un cantique, l'intrigue concerne une ivrognerie de bistrot, le tout tourné à la bonne franquette. Pour un véritable commentaire sensé sur le film, voyez par vous-même sur le web.

La Vie en Rose, comme son nom le laisse entendre mais j'avais pas capté avant d'être dans la salle, est une biographie de la vie d'Edith Piaf. Je suis pas un grand fan de la Môme, mais le film est pas mal du tout et surtout Marion Cotillard y est absolument époustoufflante! Je ne me souviens pas avoir un tel jeu d'acteur depuis bien longtemps (peut-être maintenant que Paris Hilton est sortie de tôle?...)! J'ai eu un peu de mal au début à ne plus la voir en Sophie de "Jeux d'Enfants", qui clochait assez bien avec la Edith Piaf vieille cramoisie...

Ah oui, côté je perds mon temps, j'ai aussi vu la pénible fin de la saga des Pirates des Caraïbes, on prend les mêmes et on arrondit les fins de mois: pan pan, boum boum, et vlan que je te remette un couche sur les effets spéciaux.... Vous voyez Matrix 3? Non? Eh bien ne voyez pas Pirates 3 non plus.

En vol pour Paris (France, pas Hilton cette fois), je vais pas rater le Persepolis aussi, qui vaut très probablement le détour.

21 juin 2007

Thu. 21 Jun. - Oreste Et Electre [Cranes, et un peu Beaudelaire aussi]

Eh voilà, je me suis fait avoir: A force de flâner dans les aéroports, j'ai lu cette brochure publicitaire de United Airlines: "Inscrivez-vous aujourd'hui et gagnez un paquet de Miles(*), Save! Win! Earn!" et ça y est, je suis foutu, j'ai mis un doigt dans cet engrenage infernal!
J'ai donc ouvert un compte à MilesUnited Airlines. Puis je me suis rendu compte que mes vols Continental Airlines ne rapportent pas de Miles United, mais des Miles Continental. Donc paf! Un compte chez Continental, puis un autre chez Delta, un chez American Airlines, British Airways,... ça n'arrête plus! Et j'ai maintenant des petits paquets de Miles dans chacun de ces comptes.

Je suppose que c'est pas comme ça que c'est sensé marcher, que je devrais plutôt sélectionner une compagnie et tout envoyer sur le même compte, ce qui veut dire voler exclusivement sur cette compagnie et ses copines, au détriment de ma liberté de choisir mes correspondances et heures de vol sur toute la gamme disponible, eh oui la fidélité est à ce prix!

Je n'en suis pas encore là, ni à sélectionner les vols en 4 étapes pour maximiser les Miles que j'empoche sur le trajet, mais je me rends compte que ces infâmes pratiques mercantiles squattent néanmoins beaucoup plus que leur dû d'espace-cerveau, ne fût-ce que pour s'assurer que mes vols me rapportent bien ce qu'ils doivent et de profiter des offres bonus en tous genres. Sans compter le parcours du combattant que sera le processus d'effectivement transformer un jour ces Miles en un avantage quelconque qui mérite bien son titre d'Avantage (par exemple, pas Recevez un iPod gratuit! Juste 299$ de frais de dossier et de port).

(*) C'est les points de fidélité des compagnies aériennes

18 juin 2007

Mon. 18 Jun. - A Strange Day [The Cure]

Ce matin, j'ai fait mes adieux à New York depuis le hublot de l'Airbus qui me ramenait définitivement à Toronto. J'ai terminé ma mission comme prévu au début de la semaine, puis j'ai invité Kalila pour profiter des derniers jours de location de mon palace de Columbus Circle pour le week-end. De retour à la maison, je me réinstalle chez moi avant de rebondir vers d'autres aventures (Paris, dans un premier temps).

Dans l'immédiat, quelques images avant de passer à la littérature...

La salle de travail chez le client n°2. C'est là que le statut du consultant perd toute sa superbe (si toutefois il en avait): on les entasse par paquet de 10 dans des minuscules salles de réunion, où ils restent enfermés 12h d'affilée dans une chaleur étouffante (eh, z'avez vu les grosses machines? Ca dégage, croyez-moi!), dans les odeurs du mélange héteroclytes des lunch-polystyrène et de café froid, de sueur, de pieds et de pets; équipés du matériel dont vraiment personne d'autre ne veut plus (eh oui, les grosses machines sont des Pentium III datant de l'ère glaciaire), souquant comme des bêtes à longueur de journée (oui, enfin, comme partout hein: certains souquent plus que d'autres ;-)



Dernière addition à l'équipe, elle a le courage ou la chance d'être seule représentante de la gent féminine dans une équipe jusque là totalement masculine. Elle mérite un post à elle seule, ça viendra dans quelques jours...

A l'occasion de mon départ, j'ai invité une troisième fois toute la bande à picoler chez moi... La photo floue donne un rendu réaliste de la vision de chacun en fin de soirée, et je vous invite à jeter un œil attentif aux diverses victuailles sur la table: c'est plein de bonnes choses de chez nous!

Et j'ai évidemment gardé le meilleur pour la fin


Du côté de la bande son, j'ai pas trouvé A Strange Day, mais ceci vaut l'écoute:

06 juin 2007

Wed. 6 Jun. - Fly on the Windscreen [Depeche Mode]

Comme les autres Belges de l'étranger, j'ai voté en avance sur les continentaux. J'ai voté par webcam, ce qui était un peu inattendu, mais requis par le fait que mes bulletins de vote et moi n'allions pas nous croiser avant le 10 juin. J'ai donc eu droit à la lecture des noms de nos peut-être représentants avec un délicieux accent canadien, c'était mignon quoique pas très efficace.

Au passage, je me suis soumis au test que Stéphanie m'a envoyé (voir ici) et qui, en 20 questions, vous dit pour qui vous auriez dû voter. Et donc, pour autant que ça ait une quelconque valeur, et que j'aie été honnête, j'étais pas très loin du compte (il m'a quand même sorti le PS en tête, hein?)

Wed. 6 Jun. - Killing moon [Echo & The Bunnymen]

Après avoir passé hier une bonne demi-heure (littéralement!) à me battre avec cette ruine que Capco me prête gracieusement en guise de PC portable (... j'allais le réactiver pour jeter un œil aux specs du processeur, mais l'idée d'attendre 10 minutes qu'il se décide de se réveiller de son hibernation et afficher une fenêtre a tué l'idée dans l'œuf) pour le décider à:

1) s'activer,
2) se connecter sur le réseau interne de Capco
3) ouvrir un browser
4) afficher une page
5) imprimer ladite page

j'ai décidé que j'en avais marre de courir derrière les incapables de leur service technique et j'ai été m'acheter un PC portable, un vrai, à l'Apple Store de la 5ème Avenue.
Ça frime, non? :-P
Et donc me voilà équipé d'un petit portable compact tout blanc, léger, sympa, qui survit plus de 20 minutes sans prise de courant,... rien que du bonheur! Ah oui, simple, intuitif, qui se plante pas, enfin, vous avez sûrement aussi vu les pubs, non?

:-) En plus, maintenant je peux le sortir sans honte au Starbucks ou à l'aéroport
:-) Re-et en plus, je peux de nouveau mettre tous ces jolis accents sur mes lettres sans devoir le faire à l'aveuglette au moyen d'acrobaties pénibles!

Mon. 4 Jun. - What else is there [Röyksopp]

Finalement, avec une vingtaine de jours de retard sur moi (voir mon témoignage d'époque), le client nº2 s'est donc bien rendu compte que ça valait pas tant le coup que ça de payer des fortunes pour bénéficier de ma présence dans ses locaux et du coup, réduction des coups, bla bla, hop, exit New-York! Le 18 juin, je rentre chez moi (à Toronto, donc, mais c'est juste pour rebondir vers de nouvelles aventures: Paris, Bangalore. Visiter 3 continents différents en une semaine ça ne m'était pas encore arrivé tiens).

:-) En général, le boulot des consultants est d'identifier comment une entreprise peut se délester de son personnel pour réduire ses coûts, cette fois, c'est un employé qui s'est débarrassé d'un consultant pour réduire ses coûts. Allez, il y a une justice!


:-( Malheureusement, je me vois donc forcer de fermer prématurément mon offre d'hébregement de luxe gratuit à New-York. Je suppose que je ne ferai pas trop de déçus... Enfin, c'est temporaire, je referai probablement le coup en Inde d'ici peu.

03 juin 2007

Sat. 2 Jun. - La valse a mille temps [Jacquou]

Il fait chaud ici. De cette chaleur désagréable, gorgée d'humidité et bien lourde qui donne juste envie de rester chez soi. Du coup, tout le monde marche à l'air-co. Quand on marche dans les rues, on subit une très désagréable alternance de micro-climats: l'air chaud et lourd par défaut, la brise polaire qui s'échappe de chaque boutique par les portes grand ouvertes (plus la boutique est chic, plus ils font d'efforts pour rafraîchir toute la rue), la fournaise crachée par chaque bouche de ventilation au sol, qui éjecte la chaleur extraite du métro, chaque voiture et chaque autobus qui se transforment eux aussi en feux ouverts...

C'est vraiment affligeant de voir comment ils se donnent tous du mal pour refroidir leur petit lopin en réchauffant tous les voisins. J'ai entendu qu'en été, la demande d'énergie pour l'air-co des immeubles et des transports est tellement élevée qu'elle crée des coupures sur le réseau électrique.
Ils ont pas encore bien capté l'histoire du réchauffement du climat, et pourtant croyez-moi, ce sera nettement plus pénible ici que chez nous! Allez Al, encore un petit effort!

02 juin 2007

Fri. 1 Jun. - Boys Don't Cry [The Cure]

Et donc je fais quoi exactement de mes journées? Après 2 mois sur ce projet, je suis finalement plus ou moins en mesure d'en attester, je me suis trouvé une occupation.

Client n. 2 (je me souviens plus si c'était le n. 1 ou le n. 2, disons simplement "Client") est une grosse organisation pleine de gens, qui ont chacun une petite responsabilité et on suppose que la somme de toutes ces responsabilités fait avancer le machin. Ca a l'air simple et malin comme organisation, excepté que dans la réalité, les gars prennent un poste, l'occupent un temps, se barrent, se font jeter, sont promus, sont envoyés à l'autre bout du monde, etc. à peu près sans arrêt. En plus, des petits comiques (en general ceux qui viennent d'être promus) trouvent qu'une bonne manière de fêter leur nouveau rôle est de chambouler toute l'organisation. Le résultat de ces deux forces est que chacun se souvient vaguement du gars qui était responsable de ce machin-là il y a quelques mois/semaines/jours, mais ce gars vient juste d'être muté/promu/s'est barré/... et donc personne n'a de vue d'ensemble de l'organisation. Il existe bien des organigrammes, mais en règle générale ils sont vieux de quelques semaines et donc complètement dépassés.

Jusque là, rien que l'ordinaire bien sûr. Mais en plus, il s'agit d'une banque. Je commence maintenant à comprendre ce qu'est une banque, au-delà des images mielleuses matraquées par leurs agences de publicité. Il s'agit d'un paquet de 20.000 personnes qui font ce que 30 personnes pourraient faire avec un système informatique bien foutu. Rien de bien malin, il s'agit juste de faire des calculs comptables un peu complexes et basés sur des règles débiles. Pourquoi tant de monde? Eh bien, parce les systèmes informatiques ne sont pas bien foutus, pardieu! Donc il faut des régiments d'employés laborieux pour corriger et faire manuellement tout ce que ces systèmes font de travers, plus des cohortes d'informaticiens de tous poils pour tenter d'arranger lesdits systèmes, ajouter un petit module par-ci, une petite extension par-là, une petite emplâtre ici et mettre un cadavre dans le placard la-bas.

Quand on rapproche les deux paragraphes précédents, on comprend vite que personne ne comprend comment ça marche. Chaque manager n'a qu'une idée en tête: ne surtout pas faire un projet de travers qui risquerait de faire exploser tout le bazar. Pas faire le malin, pas tomber dans le ravin! Le placard acceptera bien un cadavre de plus, on peut encore mettre un bon tas de crasses sous le tapis, non? C'est comme le jeu de la bombe, de temps en temps ça saute, la banque fait la une des journaux, on fait sauter le malchanceux qui etait "responsable" du problème, on amène quelques pompiers pour régler l'incident a coup de sparadraps et de bouts de ficelle puis quand ça s'est calmé, on se dépêche d'oublier l'incident et de laisser traîner les réparations de fortune en l'état, remettant ainsi le compteur à zéro pour la bombe suivante...

Fri. 1 Jun. - Plague [Courtney Love]

(Suite de ci-dessus)
La force humaine de la banque est divisée en deux catégories: les employés et les managers. Les employés font laborieusement la tâche qui leur est assignée, jour après jour, et en fin de compte connaissent leur matière à fond, mais ne savent rien de ce qui se passe autour d'eux. Les managers en revanche, ne travaillent pas, ils passent leurs journées dans des réunions (en salle de réunion, en lunch d'affaire, en télé- ou vidéo-conférence, ici ou de l'autre côté de la Terre,...). Assez souvent, le manager a été employé avant d'être manager.
Voici à peu près le resultat en terme de ce que je peux attendre de l'un ou l'autre:

Le manager:
- est a son poste actuel depuis 6 mois ou moins. Probablement déjà en train de viser la mutation suivante,
- est toujours disponible pour que je le rencontre, et il est à l'aise dans la salle de réunion,
- il sait toujours tout, il répond à toutes mes questions. C'est seulement après que j'apprends que ce qu'il me raconte date de quand il était lui-meme employé (il y a 3 ans, parfois bien plus), à l'époque où il savait des choses. Depuis qu'il est manager, il ne sait plus rien de neuf, et ses connaissances sont en processus d'obsolescence rapide.
- est toujours positif sur la possibilité de changer les choses, de faire evoluer les systèmes etc.
- connaît les noms de tous les autres managers de l'étage (connaissance très à jour, parfois même en avance sur les annonces officielles), en particulier ceux qui pourraient l'aider a gravir un échelon à la fin de l'année


L'employé:
- est a son poste depuis 18 ans et n'en bougera que si l'immeuble s'effondre,
- n'a pas le temps de me voir, il a autre chose à faire, bordel.
- n'est a priori pas à l'aise dans la salle de réunion, il a envie de se barrer parce qu'il a un truc urgent a résoudre (re-virgule, bordel),
- est tout de même plutot content de parler de ce qu'il sait
- sait de quoi il parle. Quand il affirme un truc, c'est vrai et c'est la situation de hier soir au plus (pas d'il y a 3 ans)
- est très réticent au changement et à la nouveauté. «Est-ce qu'il y a moyen de ...» - «Rhaaa, non, ne m'en parlez pas, c'est pas possible!! Ca me rappelle avril 1989 quand tout le système s'est planté parce qu'on a fait une migration foireuse!»
- connaît son chef et le gars avec qui il va prendre les pauses café.
- attend sagement le debut de l'année suivante pour pouvoir se plaindre de ne pas avoir été augmenté/promu cette année.

Mon boulot est donc un drôle de mix entre le détective et l'historien, ou je collecte de nombreux témoignages et documents d'époque (le plan des réparations de mai 1989, par exemple), je recoupe, je rapproche, je confronte et j'essaye de faire éclater la vérité (souvent, à la surpise de l'un ou l'autre manager qui a du un peu perdre le fil des évolutions, depuis 1994).

27 mai 2007

Sun. 27 May - Lullaby [Cure]

Cadeaux et souvenirs

Lors de mon dernier retour en Belgique, je me suis un peu fait avoir avec mon programme d'acquisition de cadeaux et souvenirs, puisque j'étais surtout préoccupé par le fait d'avoir des billets d'avions qui partent du bon endroit sans avoir à faire des tas de correspondances inutiles (genre New-York - Toronto - Washington - Londres - Bruxelles), et être sûr d'avoir ce dont j'avais besoin (mon téléphone avec son chargeur -- inutile puisque pas la bonne prise par exemple...) au bon endroit aussi. Puis terminer ce qui était en cours sur les deux projets, enfin, de quoi ne pas trop avoir la tête à chasser la bricole kitsch dans les magasins à touristes.

Dans l'autre sens, c'est plus simple. Je dévalise un Colruyt de leur stock de chocolat, c'est vite fait et ça fait plaisir à tout le monde (à commencer par moi).

Je pressens que mon prochain retour en Belgique (j'ai un billet New-York - Londres - Bruxelles pour le 20/21 juillet) va être tout aussi foireux (si par exemple je passe mon mois de juillet à Bangalore et non à New-York comme prévu... Je me vois mal faire un Bangalore - Hong-Kong - Tokyo - New-York - Londres - Bruxelles), donc si j'anticipe un peu et que je fais la chasse aux souvenirs maintenant, j'aurai moins de mal à arranger le coup à deux jours du départ.

Donc j'ouvre le registre des cadeaux-souvenirs: si vous voulez un truc spécifique de New-York ou Toronto ou Montréal, un 'tit mail ou commentaire et je m'arrangerai pour le ramener. Quelques idées...
- J'ai appris qu'en plus des PopTarts, il existe aussi des PopToys, encore plus infects! J'enquête toujours, mais je pense que les indices pointent vers Montréal
- Quelques bidons de sirop d'érable, ils y a des accros
- Des jolis portraits du président que nous idôlatrons tous?
- Du merchandesing sportif du coin: une casquette des Mets ou des Yankees, un polo des Maple Leafs, un short des Raptors, une tasse des Canadians?...
- Une statue d'art eskimo, un petit empire state building dans un globe avec la neige, une peinture d'un artiste de rue, un petit taxi jaune, un modèle réduit de 757 de Continental Airlines?
- des queues de Castor, un donught, une poutine, un 32oz- New-York stirloin?
- du chocolat canadien ou de la bière américaine, rien que pour rire?
- La playlist ou un onglet de guitare de Manu Chao en concert au KoolHaus (à 200m de chez moi) ou à Brooklyn?

Sun. 27 May - Insane in the brain [Cypress Hill]

Pour un fois, j'ai passé un samedi à New-York, au lieu de filer le vendredi soir. J'en ai profité pour faire un petit tour dans le parc. Ce parc est un endroit assez unique, où l'on a l'occasion de voir des arbres multi-centenaires et des formations géologiques anciennes, le tout importé des 4 coins de l'Amérique en 1850. Eh oui, comme un peu tout ici, même le parc est artificiel et pensé et construit de toutes pièces (en 1850, quand ils ont trouvé que ce serait sympa d'avoir un parc, ils ont rasé les bidonvilles du coin et expulsé les pauvres pour faire place au gazon. 150 ans plus tard, on ne peut pas leur donner tort, cependant). Malgré (ou grâce à?) ça, c'est un endroit tout-à-fait charmant et idyllique.
plus d'infos sur Wikipedia


On y rencontre des tas d'espèces végétales et animales, ainsi que quelques bronzes (non non, des vrais bronzes, pas de ceux -canins - qui traînent dans les parcs Bruxellois!), dont étonnamment les mêmes idoles que celles de Castro (Simon Bolivar et José Marti, libérateurs de l'Amérique Latine et de Cuba).


Juste au sud du parc, sur la 5ème avenue (l'avenue du shopping haut de gamme, dans ce coin-là), un visite au temple s'imposait... Un cube épuré tout en verre est le portique d'entrée du plus grand Apple Store que j'ai vu, ouvert 24h/24...



Un peu plus loin sur la même avenue, entre les Escada, Gucci, Yves St Laurent, j'ai été assez amusé de voir une grosse boutique BVLGARI, et de sentir les forts relents de leurs nouvelles créations: la nouvelle saison sera très friture, avec des senteurs de donuts, de beignets, de plantin frit, de hot-dogs, de calamars grillés,... Le parfumier semble attaquer vigoureusement une nouvelle clientèle!

23 mai 2007

Wed. 23 May - You love me to death [Hooverphonic]

Comme pas mal de grandes villes americaines, Manhattan est quadrillée de rues (est-ouest) et avenues (nord-sud). Je vis à l'intersection de la 8ème avenue et de la 57ème rue. Je travaille à l'intersection de la 6ème avenue et de la 49ème rue. Comme je n'aime pas la routine, je ne veux jamais prendre le même itinéraire une seconde fois. En comptant que je fais le trajet deux fois par jour (matin et soir) chaque jour ouvrable, dans combien de jours je dois donner ma dem'?
Pour les plus malins, je vais pimenter un peu le machin: en plus des rues et des avenues, il y a Broadway, qui part en diagonale de Times Square (5ème et 42ème) vers Colombus Circle (derrière chez moi, 8ème et 60ème). Quand mon avion du vendredi soir part de Newark, je vais directement du bureau à Penn Station sans passer par la case départ, et le soir il m'arrive de rentrer par la 9ème avenue qui est sympa parce que pleine de restos dans ce coin-là.