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18 mars 2008

Mon. 19 Nov - Fire In Cairo [The Cure]

Troisième billet sur la circulation: Les véhicules d'urgence

La ville est équipée de quelques ambulances, plus petites et moins flashy que les nôtres. Elles ont aussi une sirène qui, une fois activée, signifie «cassez-vous, je veux passer». Seulement, avec des routes pleines de véhicules que c'est pas possible d'y intercaler une fourmi, style container de meubles Ikea, c'est pas un sirène qu'il faut mais un désintégrateur! A défaut, elles ont la permission de circuler dans tous les sens sur toutes les voies. Y compris, donc, prendre les sens-uniques à rebrousse poil.

Un matin en allant travailler, j'ai donc été surpirs de voir une ambulance avancer dans la même direction que moi, mais de l'autre côté de la barrière centrale, en plein contre-courant. Puis au motard qui, en face, tout content de s'être faufilé entre les camions, prend une bonne accélération et paf le motard! Dans le pare-brise de l'ambulance!
Le truc bien dans l'histoire, c'est qu'il a pas dû attendre bien longtemps pour les secours, puisqu'ils étaient déjà sur place!

A l'inverse du cas moyen, où il faut déjà 1 à 2 heures pour que les secours arrivent. Encore compter la même chose pour atteindre l'hôpital: il n'est pas rare que l'état des blessés se soit considérablement aggravé avant même qu'il n'atterisse sur son lit d'hôpital.

(Sur la photo, cliquez dessus pour l'agrandir: la mini-camionnette de barbie blanche, c'est l'ambulance, qui s'est arrêtée dans sa progression à contre-courant, et un attroupement de gens s'est formé autour du motard KO sur la droite de l'ambulance)

16 mars 2008

Fri. 22 Feb. - L'Homme Pressé [Noir Désir]

Deuxième billet sur le trafic: Comment s'orienter et battre le trafic:

1) Toujours aller sur la route où le trafic est le moins important, peu importe où elle mène

2) Sur les routes à plusieurs bandes de circulation (genre nationales à 2x2 bandes), choisir celle des 4 bandes qui est la moins encombrée, sauf s'il y a des gros camions qui viennent en contre-sens

3) Au feu rouge: évaluer les chances de s'en tirer vivant si on avance. Si c'est plus de 60%, on y va.

3bis) Au feu rouge: accélérer et passer sur la bande en face, elle est presque vide.

4) Quand il y a un trottoir, c'est cool: là on peut foncer parce qu'il n'y a pas de camions, seulement des rickshaws et plein de motos (et quelques piétons suicidaires aussi).

5) Règles pour emprunter un sens unique: faire stroboscope avec les grands phares et klaxonner, surtout quand on le prend à contre-sens

6) Se garer = s'arrêter au milieu de la route

En fin de course, le fait d'arriver à temps ou pas, vivant ou pas, c'est pas la responsabilité du chauffeur, mais du Dieu du trafic, donc pourquoi se gêner?
Le trafic a un côté très pratique, parce que c'est l'excuse universelle pour tous les retards («Tu as une heure de retard, Sampar!» &mdash«Ah sir! trafic very bad this morning!»)

14 mars 2008

Fri. 22 Feb. - Another time, another place [U2]

Quelques billets sur le trafic, qui est un sujet de discussion omniprésent à Bangalore...

Premier de la série: Comment dépasser:

1) Se déporter vers la droite (oui, ils roulent en général à gauche, comme les Anglais)

2) Klaxonner


3) Regarder qui vient en face:
  • - Si c'est un piéton, un chien, une moto ou un rickshaw: accélérer et klaxonner
  • - Si c'est une autre voiture: faire des appels de phare et klaxonner. Celui qui gagne le duel d'appels de phares a le droit de rester sur cette bande.
  • - Si c'est un camion, un bus ou un 4x4: freiner et klaxonner
  • - Si c'est une vache: contourner à tout prix, sous peine de damnation éternelle. Ne pas klaxonner.


4) Une fois dépassé le(s) véhicule(s) gros et lent(s) à sa gauche, se rabattre à gauche (et vite encore, s'il y a un gros camion en face à 5 mètres).

4bis) S'il restait des véhicules légers et lents dans le chemin, se rabattre malgré tout et klaxonner

4ter) Sinon, klaxonner aussi, on sait jamais.

P.S.: Regardez-bien l'image: le gars a écrit Horn please à l'arrière du camion, ce qui ne laisse que peu de doutes sur le volume sonore attendu de la circulation ici, si tout le monde respecte ces consignes (c'est sur tous les camions...)

02 mars 2008

Mon. 3 Mar. - Lost Souls Forever [Kasabian]

Ça y est, on est finalement arrivés! En retard bien sûr (et on a d'ailleurs failli ne jamais arriver, le bus partait en pièces), mais entiers.

En attendant quelques photos de l'aventure, un petit coup d'œil à la progression:


  • À mon arrivée ici, séjour au Ista: 200 Euros/nuit + taxes
  • Le week-end dernier: tour de 3 jours avec un pote, genre 2000kms à travers tout l'Etat: 200 Euros pour les 2 pour tout le week-end.
  • Ce week-end, qui avait tout du week-end scout: 20 Euros/personne.

Evidemment, le niveau de luxe, de confort, de sécurité (en particulier sanitaire) et de disponibilité de papier aux toilettes a suivi la même progression...

29 février 2008

Sun. 17th Feb. - Santa Maria del buen arye [Gotan Project]

J'ai lu dans le journal ce matin que les autorités à Bangalore on resseré les contrôles anti-danse. Les règlements de la ville stipulent que l'activité nocturne doit cesser à 11h, et qu'il est interdit de danser là où l'on boit. Et donc il y a des pubs et des bars où l'on peut boire, mais pas de boîte de nuit.
Parmi les réactions des lecteurs, certains défendaient le droit à danser et évacuer le stress, certains d'entre-eux restreignaient ce droit aux couples mariés, et une autre se félicitait parce que veiller tard dans la nuit (ouh là, après 22h!) c'est pas bien, que c'est meilleur pour la santé de se lever tôt.

Bonjour l'ambiance!.... Et encore, les 2 gars au comptoir, c'est des serveurs hein!

C'est vrai quoi, «Boire ou danser il faut choisir» Enfin, là aussi j'aurais pu faire le Bob...

Fri. 29 Feb. - Protect Me [Placebo]

J'avais trouvé ma dernière visite en Inde un peu morose, à passer mes week-ends à dormir et paresser en me remettant du décalage horaire plutôt qu'arpenter la région, découvrir des paysages somptueux, des gens exquis et me faire soigner aux petits oignons dans des palaces royaux...

Et du coup, je change le couvert cette fois et j'ai attrapé le virus de Parkinson, je ne passe pas deux nuits d'affilée dans le même lit pour la semaine à venir: ce soir dans un bus (on est une fois de plus assez loin des palaces luxueux) pour aller dans le Kerala faire un hike dans un trou perdu (Pakshipathalam, imprononçable et même Google maps ne connaît pas ce trou), demain soir dans un refuge au milieu de la jungle, dimanche ma dernière nuit dans la villa, lundi soir dans l'avion, mardi soir à Paris, mercredi soir à Zurich (puis Louvain-la-Neuve et enfin Toronto lundi prochain).

Alternativement, toute la semaine dans la jungle parce qu'on s'est perdus.
Je vous tiens au courant :) Enfin, pas dans le second cas, parce que je suis pas trop sûr des conditions d'accès à internet par là.

27 janvier 2008

Thu. 24th Jan. - Les Tzars [Indochine]

Question de rattraper l'occasion manquée la dernière fois, j'ai une nouvelle fois été invité à un mariage. La cousine au 3ème degré de mon collègue, ça rigole pas, autant dire que j'étais à compter parmi les proches!
Parmi les 5 ou 6 différentes cérémonies, on en a brossé la majorité et on en a vu deux: celle des chants et danses, et le mariage proprement dit, qu'on a en grande partie passé en voiture dans les embouteillages... on est arrivés juste à temps pour la partie cruciale: la bouffe! Malin, le collègue!

Pendant la cérémonie des chants et danses, il y a cet espèce de chant rituel où chacun à son tour est appelé à venir faire un petit pas de danse devant tout le monde. Bien sûr, mon collègue a prétexté une quelconque conf call avec Paris pour échapper au supplice, et j'ai eu le bonheur de remarquer que ma stratégie du caméléon avec la tapisserie près du bar avait marché à merveille et que je n'ai pas dû me plier à la coutume (ou alors, le chant étant en Hindi, ils m'ont peut-être appelé et j'ai rien pigé).

Après, évolution des mœurs oblige, la mama et son tambour traditionnel se sont effacés pour laisser place à un DJ, des boules disco et une soirée dansante en bonne et dûe forme. Musique dance du meilleur goût: point de Boney M, Abba, Faithless ou Beyoncé, mais toute la panoplie du Top Hits Hindi, ce qui ressemble un peu à un mélange entre des faces B de la Macarena et de la disco roumaine, le tout parfois enveloppé dans un peu de guitare Punjabi. Splendide!

Un 'tit coup d'œil du côté des platines et on a vite compris qu'on n'a pas précisément le dernier DJ hype du moment...

Une fois mon collègue en vadrouille pour sa conf call sur son BlackBerry, j'avais virtuellement perdu tout lien avec la foule avoisinante. La théorie selon laquelle on a dans ce genre d'occasions une bonne probabilité de rencontrer une tête connue ne s'étant pas vérifié, j'ai entamé une manœuvre d'approche de la tapisserie, on est tous passés par là en soirée un jour ou l'autre... J'en étais donc à me concentrer sur mon rôle de mimétisme avec la tapisserie quand la sœur du collègue me montre un groupe d'Européens qui viennent d'arriver et font la fête:
—«Ce sont aussi des Blancs, vas leur dire bonjour, tu dois les connaître»
—Ah ben bien sûr, tiens, j'y avais pas pensé... Des Blancs? Voyons,... il doit sûrement s'agir des Durant, qui habitent plus loin dans la rue, non?
Eh bien incroyable, non, ce n'était pas les Durant et je ne les connaissais pas! Ca alors!

Le jour du mariage proprement dit, on a donc raté la cérémonie. C'est dommage, il paraît qu'il y a un prêtre qui récite les droits et devoirs des époux en Sanskrit pendant 2 heures...
Enfin ça va, on est arrivés à temps pour la bouffe, c'était bien! Et pendant qu'on s'empiffrait, les mariés eux, posaient pour la photo avec, tour à tour, tous les invités. Quand on a atteint le pousse-café, eux, ils n'en avaient pas encore fini de sourire bêtement à la caméra... Super, la soirée!


Au passage, vous avez repéré la mariée, vous? Et encore, ici on peut deviner qu'elle se trouve plus ou moins au milieu du tas, mais imaginez dans une salle avec des tas de plein de gens (et pas comme chez nous des tas de gens pleins), comment faire pour ne pas aller féliciter la mauvaise (ce qui ferait certainement mauvais genre)... Il faut être nettement plus observateur que par chez nous hein? Eh bien, il y a un truc: La mariée, c'est celle qui est complètement bariolée de henné.

20 janvier 2008

Sun. 20 Jan. - Gone Away [Offspring]

Cette fois, je ne reste plus à l'hôtel, mais dans la villa que loue mon collègue. C'est moins luxueux, mais ça fait plus ambiance maison.

La villa est dans une propriété gardée pleine de villas et de belles avenues calmes bordées de palmiers. Point ici de crasses, d'égoûts à ciel ouvert, de klaxons incessants, de mendiants,... on est dans le Meilleur des mondes.
Par contre, une fois passée la première impresssion, on se rend compte que les murs d'enceinte ça marche dans les 2 sens, et que ça fait aussi un peu prison dorée ici. Après avoir profité du monde sans klaxons et regardé les palmiers, on peut continuer à passer sa journée à regarder les palmiers, parce qu'il n'y a pas grand chose d'autre à faire.

En Belgique, je me souviens qu'on peut vivre en ville ou à la campagne. En ville, c'est facile de sauter dans un bus et d'atteindre un parc, un cinéma, une rue commerçante ou un musée. A la campagne c'est un peu raté pour les musées par exemple, mais à l'inverse on peut facilement trouver une forêt, un lac ou une vallée où on peut faire des balades ou se prélasser au bord de l'eau.
Ici donc, c'est un peu le mélange des deux: il n'y a pas de bus, il faut 1h30 pour atteindre le centre, les cinémas (en hindi) ou le parc unique, mais en même temps, il n'y a aucun lac, forêt ou coin sympa pour faire une balade à moins de 2h de route. Il y a un petit centre d'amusement au milieu du machin, où on peut faire un tennis ou un squash (avec qui? Ils sont plantés devant la télé toute la journée, mes collègues...), se baigner ou boire des cocktails.

Bon heureusement, il reste Internet, quand le routeur veut bien marcher...
Allez, un peu d'optimisme... A 2h d'avion d'ici, il y a le Taj Mahal, les Maldives et le Sri Lanka. Je vais bien arriver à en débaucher l'un ou l'autre pour une petite escapade non?...

18 janvier 2008

Fri. 18 Jan. - Mmm Mmm Mmm Mmm [Crash Test Dummies]

J'ai atterri pour la quatrième fois à Bangalore cette nuit. Après une nuit trop courte (et surtout un matin beaucoup trop matinal!), je pointe mon nez dans les nouveaux bureaux (c'est la troisième fois que l'équipe déménage -- on est de retour au campus, zone industrielle sur le Ring de Bangalore, entre l'autoroute et des immeubles à bureaux en construction). La valse des bonjours, c'est pas trop éprouvant et assez relax, mais je suis néanmoins assez cassé quand je m'affale dans le taxi pour rentrer à l'hôtel.

Quand je me réveille après un petit somme, on est plantés au milieu d'un carrefour à attendre qu'un feu en panne passe au rouge pour interrompre le flux intarrissable de la circulation qui nous barre la route. Quinze minutes et cinquante mètres plus loin, je me rends compte que je n'ai pas la moindre idée de notre localisation. Pas sur la route habituelle en tous cas. J'essaye de me repérer: à gauche, un marchand de téléphones et un autre de sandales; à droite c'est de l'argenterie et des épices... Voilà qui va m'aider tiens! Je demande au chauffeur, qui me répond qu'on est sur C.M.H. Road (super! me voilà bien avancé!)

Je me rends compte alors que Bangalore c'est grand et que c'est partout la même chose: des rangées d'immeubles bas en platrât, des vendeurs de téléphones, de fringues, de bijoux,... Il n'y a pas de style d'architecture propre à différents quartiers (genre à Paris, si je roule de Montmartre à La Défense en passant par le XVIème et Neuilly, il suffit de jeter un œil dehors pour voir où on en est), pas de point remarquable (la Tour eiffel, l'obélisque de la Concorde, la Grande Arche, le Moulin Rouge,... ), les magasins sont partout les mêmes, les voitures sont toutes les mêmes et même les gens sont partout les mêmes (à l'inverse de Toronto ou Londres où on se repère facilement à voir la tête des gens du quartier: Little Italy, Chinatown, puis chez les Juifs, les Perses, les Ethiopiens, les Cubains,...)

Ah oui, autre élément de base de l'orientation en milieu urbain, les noms des arrêts de bus et de stations de métro... eh bien, ils en sont à excaver l'emplacement de la première station, donc c'est encore raté!

14 janvier 2008

Sat. 15 Dec. - California Dreaming [des cools]


Changement de décor ce week-end: on vire les Rickshaws, les embout' et la populace grouillante de la ville: place aux cocotiers, plage de sable fin, coktails en bord de piscine et bikinis. Un peu sur un coup de tête, avec un collègue on a décidé de se faire une virée à Goa, à un saut d'avion low-cost Kingfisher (C'est une marque de ... bières! Un peu comme voler sur JupilerAirlines, ou CaraAir, ça inspire confiance non? -- Sur la photo, on voit que, comme d'habitude en Inde, ils lésinent pas sur la quantité de personnel: les petits bonshommes en bleu, c'est le squad nettoyage de l'avion (presque un gars par siège), et les petites nanas en rouge derrière, c'est le personnnel de bord du vol suivant (presque plus nombreux que les passagers)) de Bangalore. Lieu mythique de pèlerinage mondial des babas-cool, l'endroit est tout-à-fait sympathique (les 33° en bord de mer aident pas mal!).


On y retrouve d'une part des plages crades, avec des échopes aux effigies de Che Guevara et John Lennon, plus de touristes que de locaux (touristes de longue durée: la chambre à 5$ la nuit et la bouffe à 3, on peut facile tenir sans rien glander pendant assez longtemps. Faire attention cependant, lors de la première visite de la chambre, de jeter un œil aux toilettes, qui deviendra le coin de prédilection pendant une bonne semaine au moins).
D'autre part, on a des plages impeccables bordées de gazon anglais et petits bungalows, piscine paradisiaque et 300 serveurs pour s'assurer que rien ne manque à votre confort. Là évidemment, on peut y passer toute une semaine sur le budget annuel des premiers...

18 décembre 2007

Sun. 18 Nov. - Searching [Young Marble Giants]

L'attraction touristique la plus proche de Bangalore, si l'on exclut les quelques collines pelées de Nandi Hills, c'est Mysore. Ancienne capitale du royaume, elle en a gardé un palais royal digne des plus grandes mégalomanies communistes. Un petit malin a eu une super idée ici pour recycler toutes ces ampoules de 60W que les gens remplacent par des lampes économiques:
en badigeonner les murs dudit palais. Et, ça cest le miracle Indien: à la tombée de la nuit, on branche la prise et ça fait même pas péter la centrale! La moitié de la ville se retrouve sans jus, mais le palais brille de milleux feux, c'est merveilleux!

La route de Mysore est parsemée de petits villages, de gars qui traversent la voie rapide, de casse-vitesses, de vaches sacrées et de temples hindous. On en a donc visité l'un ou l'autre, ce qui m'a permis d'observer les jolies statues qui en ornent le pourtour
(et qui démontrent de façon assez explicite qu'on savait s'amuser ici, au XIIè siècle — allez savoir où sont passées ces nobles traditions, enfouies désormais corps et biens dans un puritanisme qui ferait passer les Américains pour des joyeux libertins épicuriens?...). Et pour se laver la conscience d'avoir osé regardé ces choses impures, ils distribuent de l'eau bénite masala (j'ai goûté, c'est un peu épicé, pas mauvais du tout, l'eau de Vishnou)

11 décembre 2007

Tue. 11 Dec. - What you waiting for? [Gwen no doubt]

L'hotêl Ista étant plein cette fois, j'ai dû me rabattre sur le Leela Palace. En fait pour être tout-à-fait honnête, ça m'arrangeait bien puisque je ne voulais pas quitter Bangalore sans l'avoir essayé.

Dès l'arrivée, ça donne assez l'impression d'être dans un jeu vidéo. En me promenant dans ces couloirs kilométriques parsemés de grandes portes, petits salons, tentures, coffres, meubles, tables, fleurs, personnel, etc., je m'attendais à tout instant à voir sortir d'un recoin ou l'autre:
- un mort-vivant (Diablo)
- un monstre mutant (un jeu à la Doom)
- un objet insolite avec une énigme à résoudre avant de pouvoir ouvrir la porte qui mène au niveau suivant (genre Myst & co.)











Le gars que personne ne connaît, là sur la photo, c'est mon voisin d'avion, qui débarquait à Bangalore en parfait touriste en coach surfing et qui ne savait pas où il allait passer la nuit. On a sympathisé, et bon, c'était autre chose que la banquette à l'aéroport...

Tue. 11 Dec. - It's my heart [Mano Negra]

Ah, retour en Inde après une semaine romantique à Paris. Des saris, des moustaches, ça dodeline de la tête dans tous les sens, pas de doute je suis bien arrivé.

Epidémie dans mon équipe: c'est l'hiver, c'est normal c'est l'époque des angines, pharyngites et compangnie. Sauf que je vois pas trop comment ils font, avec 20° dehors. Moi je meurs de chaud si je sors pas en T-shirt...

30 novembre 2007

Wed. 28 Nov. - Motorcrash [Les sugacubes]


Je suis dans le taxi qui me ramène du boulot, coincé comme de bien entendu dans les embout', et en regardant autour de moi, partout, je vois des rickshaws.

Et je ressens une espèce de nostalgie anticipée à l'idée que bientôt, ces erreurs de la nature auront vécu et qu'on en sera débarrassés (et pour preuve, il n'y en a pas dans les rues de Bruxelles par exemple).
Ces machins puants, bruyants, pas sûrs du tout, faits de bric et de broc et rapiécés de toutes parts, pas fiables, marchant au 2 temps, une technologie complètement dépassée et qui néanmoins et contre toute logique, pulullent comme des cafards et sont partout, ce n'est pas sans rappeler cette autre calamité qu'est Microsoft Windows, tiens...
A la question "Peut-on vivre sans Rickshaws?", un Indien répondrait certainement par la négative. Or je sais, moi, que la réponse est "oui": donc, ça doit être vrai pour l'autre aussi :-)

25 novembre 2007

Sun. 25 Nov. Another day in Paradise - [Les deux gars qui jouent du blues sur la terrasse de l'hôtel]

Au cœur de la globalisation - Je me sens moins seul

J'ai rencontré dans la piscine de l'hôtel ce Français, qui fait le même job que moi pour une autre banque: ils ont un centre offshore ici depuis quelques années, qui n'a jamais rien fait de bon. Jusque là, c'était toujours resté en-dessous du radar, mais récemment ils s'en sont inquiétés et donc le voilà, avec la mission de redresser la situation.

Ca fait tout de suite plaisir de se sentir moins seul et de partager nos déboires, observations et approches de solution: En résumé, Les Indiens sont très gentils, serviables, accueillants, pleins de bonne volonté, techniquement compétents, mais n'y connaissent rien en finance, ne sont pas rigoureux ni très organisés, et entrent très facilement dans un mode "veille" où ils ne font plus rien. Quant à avoir comment faire marcher tout ça convenablement, tout le monde y va de sa propre interprétation de la méthode "Agile": développement itératif avec feedback rapide (et qui se transforme souvent en micro-management à la Big Brother d'ailleurs)

23 novembre 2007

Fri. 23 Nov. - Love fool [Cardigans]

Coup de blues

Faut bien que ça arrive de temps en temps: j'ai un p'tit coup de blues.
Ce matin, mon collègue de Toronto est resté chez lui pour cause de malade, et du coup, je suis au bureau sans aucune connaissance de longue date. Tous mes collègues Indiens sont vraiment sympas, accueillants, charmants, attentionnés (et d'ailleurs ils viennent de m'inviter pour le lunch), mais je sais pas, je ressens là maitenant un besoin de... familiarité, plus que d'attention. Le genre de moments où j'ai envie de m'affaler dans un canapé chez les parents, ou dans les bras de Kalila, ou chez des bons amis qui parlent ma langue, voire même peut-être tout seul en écoutant un bon vieil album des Cure chargé d'un bon gros paquet de nostaligie remontant tout droit à l'adolescence (arme à double tranchant: on peut aussi verser dans la déprime solo là).

Peut-être le bon moment pour sortir faire un jogging?

Hier, j'ai assisté à une présentation sur la méditation et la santé. Un des collègues un peu versé dans tous ces machins a partagé sa vision et ses bonnes pratiques avec nous.

Présenté à coups de concepts qui heurtent violemment ma vision très scientifique et rationnelle du monde (le coup du stress représenté comme des flux d'énergie qui pénètrent notre corps par des chakras, points d'entrée spécifiques, et qui n'arrivent pas à entrer en résonnance avec les fréquences propres du corps pour nourir notre aura énergétique — irais-je même jusqu'à dire «un fatras de fadaises»?), j'y reconnais néanmoins une tentative d'expliquer des concepts qui sont eux, tout-à-fait palpables, sinon carrément universels.

Par exemple, je suis entré en résonnance (il a dû tomber sur le bon chakra) sur son modèle d'interaction de l'homme et du monde:
Le monde est composé des 3 choses : les objets, les gens et soi-même;
Pour interagir avec ces 3 choses, on devrait idéalement utiliser (dans le même ordre): son intelligence/raisonnement, ses émotions, la méditation/spiritualité;
Et si cela est fait correctement, cela nous apportera (toujours dans le même ordre): la joie, l'amour et la paix.
Et comme il y a partout des gars comme moi qui aiment tout mesurer et mettre en nombres, on a inventé les Quotients Intellectuel, Emotionnel et Spirituel. Ayant déjà vu les âneries pas possibles qu'on utilise pour mesurer le QI, j'en frémis quant à l'idée qu'on puisse tenter de "mesurer" les deux autres...


| objets | intelligence (QI) | joie |
| gens | émotions (QE) | amour |
| soi | méditation (QS) | paix |


Puis d'enchaîner avec les déboires d'utiliser le mauvais outil pour une chose, du genre aimer sa voiture ou méditer sur les autres (ou encore analyser les autres et soi-même, tiens...)

S'adressant à un public d'ingénieurs, je suppose que la dérive la plus probable est celle de vouloir mettre en équation ses relations aux autres et la compréhension de soi; je ne pense pas que je puisse honnêtement réfuter tout ça ;-)

Allez, petit atelier personnel: A qui vous fait penser chaque association, du genre "aimer soi-même" ou "méditer sur son iPhone"?

16 novembre 2007

Fri. 16th Nov. - We Shall Overcome [Joan Baez]

J'ai trouvé qu'ici les gens aiment en général faire simple. Par exemple pourquoi s'encombrer d'un volumineux code de la route quand quelques panneaux montrant les infractions et leur coût c'est bien plus simple et efficace. Et en jetant un œil auxdites amendes, eh bien, on se rend compte qu'on n'est en effet pas chez nous où on peut couper les cheveux en quatre pour 10 km/h d'excès 300 mètres après la fatidique plaque blanche d'agglomération sur l'autoroute... Jugez plutôt:
- Bruler un feu rouge (ah, grande nouvelle: ça veut dire qu'il y en a!): 100 Roupies (2 Euros)
- Klaxon fantaisie : 100 Roupies
- Emprunter un sens interdit : 100 Roupies
- Phares éblouissants : 100 Roupies
- Téléphoner au volant : 300 Roupies (infraction grave, alors?)
- Conduite dangereuse : 100 à 300 Roupies (selon la cylindrée)

Enfin, pour faire encore plus simple que ça, c'est en fait à la tête du client, puisque l'amende se transforme quasi toujours en pot-de-vin au policier.

Fri. 16 Nov. - Tailler la zone [Souchon]

Lu ce matin en première page du Times of India:
Bangalore in grip of cold wave Et de poursuivre en déplorant l'hiver rigoureux qui sévit ici, avec des températures record (de froid) pour la période, le tout expliqué par la proximité du cyclone qui fout le bordel au Bangladesh.

Mes yeux se portent alors sur les petits dessins météo et... ouh là oui, c'est vraiment pas ordinaire: là il fait tout-de-même 19°, et attention, ça pourrait tomber jusqu'à 12°C ! Inouï! En plein novembre, vous n'imaginez pas???

29 septembre 2007

Sat. 15 Sep. - Precious Thing [Tori Amos]

La vue


Une chose est sûre: ici, les gens aiment la couleur. Des saris fabuleux aux chemises flashy d'un goût nettement plus douteux des hommes, en passant par les statuettes de Ganesh orange fluo et les temples barbouillés en arc-en-ciel, on est loin de la sobriété parfois un peu terne de Toronto!



L'ouïe

La, c'est simplement la catastrophe! Les rues sont complètement saturées, ce qui est déjà pas mal un plaie en soi, et qui devient une véritable calamité auditive quand on comprend la conduite à l'indienne: ici, on n'utilise pas les feux clignotants: on klaxonne. On klaxonne pour avertir qu'on tourne. Ou qu'on freine. Ou encore qu'on accélère, qu'on passe à gauche, à droite, qu'on approche du virage, qu'on prend la route en sens interdit, qu'on décroche le téléphone, qu'on pète au volant, qu'on respire... Bref, c'est un concert incessant. Passé l'amusement que cela occasionne les quelques premiers jours, j'imagine que ça peut devenir sérieusement agaçant.

Le toucher
Peux pas toucher!

27 septembre 2007

Sun. 16 Sep. - Hit that [Offspring]

L'odorat


L'odeur dominante pour l'instant est celle de l'air conditionné en cycle fermé, ce qui n'est pas très représentatif, évidemment. Ce qui l'est plus, et qui est la raison principale du "cycle fermé", c'est l'omniprésente odeur d'échappement des Rickshaws, ces infernaux taxi-tricycles montés sur moteur de tondeuse à gazon, et qui donnent un air de suicide au monoxyde de carbone à toute la ville.