L'actualité cinéma
De la même manière qu'un nouveau Batman ou Mission Impossible met un temps variable à traverser l'Atlantique et arrive dans nos salles alors qu'il est déjà sorti en DVD depuis longtemps aux USA, l'inverse est tout aussi vrai.
J'ai donc été voir à New-York la première de "12:08 à l'Est de Bucarest", film roumain de 2006 projeté en salle en janvier, et "La Vie en Rose" à Toronto, probablement aussi bien après sa sortie en France. Etonnemment, la traversée de l'Atlantique n'est pas qu'une question de distance, puisque "Paris je t'aime", que j'ai vu en mars à La Havane, a atteint Manhattan en juin.
12:08 à l'Est de Bucarest est un film complètement absurde qui se complaît dans la petitesse et le minable, un tout bon dans le genre. Les Américains aiment les personnages grands et nobles, les héros inoxydables qui font triompher le bien sur le mal; le cinéma francophone (en particulier belge) aime pas mal les anti-héros, ces Gaston Lagaffe du grand écran qui sont souvent touchants par force d'être juste comme tout le monde; et le cinéma est-européen va souvent chercher les champions du minable et du l'a-pas-de-chance-dans-la-vie.
L'action de ce film tient donc en l'achat d'un costume de Père Noël, faire des origamis sur un plateau de télé et une chorale qui enregistre un cantique, l'intrigue concerne une ivrognerie de bistrot, le tout tourné à la bonne franquette. Pour un véritable commentaire sensé sur le film, voyez par vous-même sur le web.
La Vie en Rose, comme son nom le laisse entendre mais j'avais pas capté avant d'être dans la salle, est une biographie de la vie d'Edith Piaf. Je suis pas un grand fan de la Môme, mais le film est pas mal du tout et surtout Marion Cotillard y est absolument époustoufflante! Je ne me souviens pas avoir un tel jeu d'acteur depuis bien longtemps (peut-être maintenant que Paris Hilton est sortie de tôle?...)! J'ai eu un peu de mal au début à ne plus la voir en Sophie de "Jeux d'Enfants", qui clochait assez bien avec la Edith Piaf vieille cramoisie...
Ah oui, côté je perds mon temps, j'ai aussi vu la pénible fin de la saga des Pirates des Caraïbes, on prend les mêmes et on arrondit les fins de mois: pan pan, boum boum, et vlan que je te remette un couche sur les effets spéciaux.... Vous voyez Matrix 3? Non? Eh bien ne voyez pas Pirates 3 non plus.
En vol pour Paris (France, pas Hilton cette fois), je vais pas rater le Persepolis aussi, qui vaut très probablement le détour.
28 juin 2007
21 juin 2007
Thu. 21 Jun. - Oreste Et Electre [Cranes, et un peu Beaudelaire aussi]
Eh voilà, je me suis fait avoir: A force de flâner dans les aéroports, j'ai lu cette brochure publicitaire de United Airlines: "Inscrivez-vous aujourd'hui et gagnez un paquet de Miles(*), Save! Win! Earn!" et ça y est, je suis foutu, j'ai mis un doigt dans cet engrenage infernal!
J'ai donc ouvert un compte à MilesUnited Airlines. Puis je me suis rendu compte que mes vols Continental Airlines ne rapportent pas de Miles United, mais des Miles Continental. Donc paf! Un compte chez Continental, puis un autre chez Delta, un chez American Airlines, British Airways,... ça n'arrête plus! Et j'ai maintenant des petits paquets de Miles dans chacun de ces comptes.
Je suppose que c'est pas comme ça que c'est sensé marcher, que je devrais plutôt sélectionner une compagnie et tout envoyer sur le même compte, ce qui veut dire voler exclusivement sur cette compagnie et ses copines, au détriment de ma liberté de choisir mes correspondances et heures de vol sur toute la gamme disponible, eh oui la fidélité est à ce prix!
Je n'en suis pas encore là, ni à sélectionner les vols en 4 étapes pour maximiser les Miles que j'empoche sur le trajet, mais je me rends compte que ces infâmes pratiques mercantiles squattent néanmoins beaucoup plus que leur dû d'espace-cerveau, ne fût-ce que pour s'assurer que mes vols me rapportent bien ce qu'ils doivent et de profiter des offres bonus en tous genres. Sans compter le parcours du combattant que sera le processus d'effectivement transformer un jour ces Miles en un avantage quelconque qui mérite bien son titre d'Avantage (par exemple, pas Recevez un iPod gratuit! Juste 299$ de frais de dossier et de port).
(*) C'est les points de fidélité des compagnies aériennes
J'ai donc ouvert un compte à MilesUnited Airlines. Puis je me suis rendu compte que mes vols Continental Airlines ne rapportent pas de Miles United, mais des Miles Continental. Donc paf! Un compte chez Continental, puis un autre chez Delta, un chez American Airlines, British Airways,... ça n'arrête plus! Et j'ai maintenant des petits paquets de Miles dans chacun de ces comptes.
Je suppose que c'est pas comme ça que c'est sensé marcher, que je devrais plutôt sélectionner une compagnie et tout envoyer sur le même compte, ce qui veut dire voler exclusivement sur cette compagnie et ses copines, au détriment de ma liberté de choisir mes correspondances et heures de vol sur toute la gamme disponible, eh oui la fidélité est à ce prix!
Je n'en suis pas encore là, ni à sélectionner les vols en 4 étapes pour maximiser les Miles que j'empoche sur le trajet, mais je me rends compte que ces infâmes pratiques mercantiles squattent néanmoins beaucoup plus que leur dû d'espace-cerveau, ne fût-ce que pour s'assurer que mes vols me rapportent bien ce qu'ils doivent et de profiter des offres bonus en tous genres. Sans compter le parcours du combattant que sera le processus d'effectivement transformer un jour ces Miles en un avantage quelconque qui mérite bien son titre d'Avantage (par exemple, pas Recevez un iPod gratuit! Juste 299$ de frais de dossier et de port).
(*) C'est les points de fidélité des compagnies aériennes
18 juin 2007
Mon. 18 Jun. - A Strange Day [The Cure]
Ce matin, j'ai fait mes adieux à New York depuis le hublot de l'Airbus qui me ramenait définitivement à Toronto. J'ai terminé ma mission comme prévu au début de la semaine, puis j'ai invité Kalila pour profiter des derniers jours de location de mon palace de Columbus Circle pour le week-end. De retour à la maison, je me réinstalle chez moi avant de rebondir vers d'autres aventures (Paris, dans un premier temps).
Dans l'immédiat, quelques images avant de passer à la littérature...
La salle de travail chez le client n°2. C'est là que le statut du consultant perd toute sa superbe (si toutefois il en avait): on les entasse par paquet de 10 dans des minuscules salles de réunion, où ils restent enfermés 12h d'affilée dans une chaleur étouffante (eh, z'avez vu les grosses machines? Ca dégage, croyez-moi!), dans les odeurs du mélange héteroclytes des lunch-polystyrène et de café froid, de sueur, de pieds et de pets; équipés du matériel dont vraiment personne d'autre ne veut plus (eh oui, les grosses machines sont des Pentium III datant de l'ère glaciaire), souquant comme des bêtes à longueur de journée (oui, enfin, comme partout hein: certains souquent plus que d'autres ;-)

Dernière addition à l'équipe, elle a le courage ou la chance d'être seule représentante de la gent féminine dans une équipe jusque là totalement masculine. Elle mérite un post à elle seule, ça viendra dans quelques jours...
A l'occasion de mon départ, j'ai invité une troisième fois toute la bande à picoler chez moi... La photo floue donne un rendu réaliste de la vision de chacun en fin de soirée, et je vous invite à jeter un œil attentif aux diverses victuailles sur la table: c'est plein de bonnes choses de chez nous!
Et j'ai évidemment gardé le meilleur pour la fin
Du côté de la bande son, j'ai pas trouvé A Strange Day, mais ceci vaut l'écoute:
Dans l'immédiat, quelques images avant de passer à la littérature...
Dernière addition à l'équipe, elle a le courage ou la chance d'être seule représentante de la gent féminine dans une équipe jusque là totalement masculine. Elle mérite un post à elle seule, ça viendra dans quelques jours...
Du côté de la bande son, j'ai pas trouvé A Strange Day, mais ceci vaut l'écoute:
06 juin 2007
Wed. 6 Jun. - Fly on the Windscreen [Depeche Mode]
Comme les autres Belges de l'étranger, j'ai voté en avance sur les continentaux. J'ai voté par webcam, ce qui était un peu inattendu, mais requis par le fait que mes bulletins de vote et moi n'allions pas nous croiser avant le 10 juin. J'ai donc eu droit à la lecture des noms de nos peut-être représentants avec un délicieux accent canadien, c'était mignon quoique pas très efficace.
Au passage, je me suis soumis au test que Stéphanie m'a envoyé (voir ici) et qui, en 20 questions, vous dit pour qui vous auriez dû voter. Et donc, pour autant que ça ait une quelconque valeur, et que j'aie été honnête, j'étais pas très loin du compte (il m'a quand même sorti le PS en tête, hein?)
Au passage, je me suis soumis au test que Stéphanie m'a envoyé (voir ici) et qui, en 20 questions, vous dit pour qui vous auriez dû voter. Et donc, pour autant que ça ait une quelconque valeur, et que j'aie été honnête, j'étais pas très loin du compte (il m'a quand même sorti le PS en tête, hein?)
Wed. 6 Jun. - Killing moon [Echo & The Bunnymen]
Après avoir passé hier une bonne demi-heure (littéralement!) à me battre avec cette ruine que Capco me prête gracieusement en guise de PC portable (... j'allais le réactiver pour jeter un œil aux specs du processeur, mais l'idée d'attendre 10 minutes qu'il se décide de se réveiller de son hibernation et afficher une fenêtre a tué l'idée dans l'œuf) pour le décider à:
1) s'activer,
2) se connecter sur le réseau interne de Capco
3) ouvrir un browser
4) afficher une page
5) imprimer ladite page
j'ai décidé que j'en avais marre de courir derrière les incapables de leur service technique et j'ai été m'acheter un PC portable, un vrai,
à l'Apple Store de la 5ème Avenue.
Ça frime, non? :-P
Et donc me voilà équipé d'un petit portable compact tout blanc, léger, sympa, qui survit plus de 20 minutes sans prise de courant,... rien que du bonheur! Ah oui, simple, intuitif, qui se plante pas, enfin, vous avez sûrement aussi vu les pubs, non?
:-) En plus, maintenant je peux le sortir sans honte au Starbucks ou à l'aéroport
:-) Re-et en plus, je peux de nouveau mettre tous ces jolis accents sur mes lettres sans devoir le faire à l'aveuglette au moyen d'acrobaties pénibles!
1) s'activer,
2) se connecter sur le réseau interne de Capco
3) ouvrir un browser
4) afficher une page
5) imprimer ladite page
j'ai décidé que j'en avais marre de courir derrière les incapables de leur service technique et j'ai été m'acheter un PC portable, un vrai,
à l'Apple Store de la 5ème Avenue.Ça frime, non? :-P
Et donc me voilà équipé d'un petit portable compact tout blanc, léger, sympa, qui survit plus de 20 minutes sans prise de courant,... rien que du bonheur! Ah oui, simple, intuitif, qui se plante pas, enfin, vous avez sûrement aussi vu les pubs, non?
:-) En plus, maintenant je peux le sortir sans honte au Starbucks ou à l'aéroport
:-) Re-et en plus, je peux de nouveau mettre tous ces jolis accents sur mes lettres sans devoir le faire à l'aveuglette au moyen d'acrobaties pénibles!
Mon. 4 Jun. - What else is there [Röyksopp]
Finalement, avec une vingtaine de jours de retard sur moi (voir mon témoignage d'époque), le client nº2 s'est donc bien rendu compte que ça valait pas tant le coup que ça de payer des fortunes pour bénéficier de ma présence dans ses locaux et du coup, réduction des coups, bla bla, hop, exit New-York! Le 18 juin, je rentre chez moi (à Toronto, donc, mais c'est juste pour rebondir vers de nouvelles aventures: Paris, Bangalore. Visiter 3 continents différents en une semaine ça ne m'était pas encore arrivé tiens).
:-) En général, le boulot des consultants est d'identifier comment une entreprise peut se délester de son personnel pour réduire ses coûts, cette fois, c'est un employé qui s'est débarrassé d'un consultant pour réduire ses coûts. Allez, il y a une justice!
:-( Malheureusement, je me vois donc forcer de fermer prématurément mon offre d'hébregement de luxe gratuit à New-York. Je suppose que je ne ferai pas trop de déçus... Enfin, c'est temporaire, je referai probablement le coup en Inde d'ici peu.
:-) En général, le boulot des consultants est d'identifier comment une entreprise peut se délester de son personnel pour réduire ses coûts, cette fois, c'est un employé qui s'est débarrassé d'un consultant pour réduire ses coûts. Allez, il y a une justice!
:-( Malheureusement, je me vois donc forcer de fermer prématurément mon offre d'hébregement de luxe gratuit à New-York. Je suppose que je ne ferai pas trop de déçus... Enfin, c'est temporaire, je referai probablement le coup en Inde d'ici peu.
03 juin 2007
Sat. 2 Jun. - La valse a mille temps [Jacquou]
Il fait chaud ici. De cette chaleur désagréable, gorgée d'humidité et bien lourde qui donne juste envie de rester chez soi. Du coup, tout le monde marche à l'air-co. Quand on marche dans les rues, on subit une très désagréable alternance de micro-climats: l'air chaud et lourd par défaut, la brise polaire qui s'échappe de chaque boutique par les portes grand ouvertes (plus la boutique est chic, plus ils font d'efforts pour rafraîchir toute la rue), la fournaise crachée par chaque bouche de ventilation au sol, qui éjecte la chaleur extraite du métro, chaque voiture et chaque autobus qui se transforment eux aussi en feux ouverts...
C'est vraiment affligeant de voir comment ils se donnent tous du mal pour refroidir leur petit lopin en réchauffant tous les voisins. J'ai entendu qu'en été, la demande d'énergie pour l'air-co des immeubles et des transports est tellement élevée qu'elle crée des coupures sur le réseau électrique.
Ils ont pas encore bien capté l'histoire du réchauffement du climat, et pourtant croyez-moi, ce sera nettement plus pénible ici que chez nous! Allez Al, encore un petit effort!
C'est vraiment affligeant de voir comment ils se donnent tous du mal pour refroidir leur petit lopin en réchauffant tous les voisins. J'ai entendu qu'en été, la demande d'énergie pour l'air-co des immeubles et des transports est tellement élevée qu'elle crée des coupures sur le réseau électrique.
Ils ont pas encore bien capté l'histoire du réchauffement du climat, et pourtant croyez-moi, ce sera nettement plus pénible ici que chez nous! Allez Al, encore un petit effort!
02 juin 2007
Fri. 1 Jun. - Boys Don't Cry [The Cure]
Et donc je fais quoi exactement de mes journées? Après 2 mois sur ce projet, je suis finalement plus ou moins en mesure d'en attester, je me suis trouvé une occupation.
Client n. 2 (je me souviens plus si c'était le n. 1 ou le n. 2, disons simplement "Client") est une grosse organisation pleine de gens, qui ont chacun une petite responsabilité et on suppose que la somme de toutes ces responsabilités fait avancer le machin. Ca a l'air simple et malin comme organisation, excepté que dans la réalité, les gars prennent un poste, l'occupent un temps, se barrent, se font jeter, sont promus, sont envoyés à l'autre bout du monde, etc. à peu près sans arrêt. En plus, des petits comiques (en general ceux qui viennent d'être promus) trouvent qu'une bonne manière de fêter leur nouveau rôle est de chambouler toute l'organisation. Le résultat de ces deux forces est que chacun se souvient vaguement du gars qui était responsable de ce machin-là il y a quelques mois/semaines/jours, mais ce gars vient juste d'être muté/promu/s'est barré/... et donc personne n'a de vue d'ensemble de l'organisation. Il existe bien des organigrammes, mais en règle générale ils sont vieux de quelques semaines et donc complètement dépassés.
Jusque là, rien que l'ordinaire bien sûr. Mais en plus, il s'agit d'une banque. Je commence maintenant à comprendre ce qu'est une banque, au-delà des images mielleuses matraquées par leurs agences de publicité. Il s'agit d'un paquet de 20.000 personnes qui font ce que 30 personnes pourraient faire avec un système informatique bien foutu. Rien de bien malin, il s'agit juste de faire des calculs comptables un peu complexes et basés sur des règles débiles. Pourquoi tant de monde? Eh bien, parce les systèmes informatiques ne sont pas bien foutus, pardieu! Donc il faut des régiments d'employés laborieux pour corriger et faire manuellement tout ce que ces systèmes font de travers, plus des cohortes d'informaticiens de tous poils pour tenter d'arranger lesdits systèmes, ajouter un petit module par-ci, une petite extension par-là, une petite emplâtre ici et mettre un cadavre dans le placard la-bas.
Quand on rapproche les deux paragraphes précédents, on comprend vite que personne ne comprend comment ça marche. Chaque manager n'a qu'une idée en tête: ne surtout pas faire un projet de travers qui risquerait de faire exploser tout le bazar. Pas faire le malin, pas tomber dans le ravin! Le placard acceptera bien un cadavre de plus, on peut encore mettre un bon tas de crasses sous le tapis, non? C'est comme le jeu de la bombe, de temps en temps ça saute, la banque fait la une des journaux, on fait sauter le malchanceux qui etait "responsable" du problème, on amène quelques pompiers pour régler l'incident a coup de sparadraps et de bouts de ficelle puis quand ça s'est calmé, on se dépêche d'oublier l'incident et de laisser traîner les réparations de fortune en l'état, remettant ainsi le compteur à zéro pour la bombe suivante...
Client n. 2 (je me souviens plus si c'était le n. 1 ou le n. 2, disons simplement "Client") est une grosse organisation pleine de gens, qui ont chacun une petite responsabilité et on suppose que la somme de toutes ces responsabilités fait avancer le machin. Ca a l'air simple et malin comme organisation, excepté que dans la réalité, les gars prennent un poste, l'occupent un temps, se barrent, se font jeter, sont promus, sont envoyés à l'autre bout du monde, etc. à peu près sans arrêt. En plus, des petits comiques (en general ceux qui viennent d'être promus) trouvent qu'une bonne manière de fêter leur nouveau rôle est de chambouler toute l'organisation. Le résultat de ces deux forces est que chacun se souvient vaguement du gars qui était responsable de ce machin-là il y a quelques mois/semaines/jours, mais ce gars vient juste d'être muté/promu/s'est barré/... et donc personne n'a de vue d'ensemble de l'organisation. Il existe bien des organigrammes, mais en règle générale ils sont vieux de quelques semaines et donc complètement dépassés.
Jusque là, rien que l'ordinaire bien sûr. Mais en plus, il s'agit d'une banque. Je commence maintenant à comprendre ce qu'est une banque, au-delà des images mielleuses matraquées par leurs agences de publicité. Il s'agit d'un paquet de 20.000 personnes qui font ce que 30 personnes pourraient faire avec un système informatique bien foutu. Rien de bien malin, il s'agit juste de faire des calculs comptables un peu complexes et basés sur des règles débiles. Pourquoi tant de monde? Eh bien, parce les systèmes informatiques ne sont pas bien foutus, pardieu! Donc il faut des régiments d'employés laborieux pour corriger et faire manuellement tout ce que ces systèmes font de travers, plus des cohortes d'informaticiens de tous poils pour tenter d'arranger lesdits systèmes, ajouter un petit module par-ci, une petite extension par-là, une petite emplâtre ici et mettre un cadavre dans le placard la-bas.
Quand on rapproche les deux paragraphes précédents, on comprend vite que personne ne comprend comment ça marche. Chaque manager n'a qu'une idée en tête: ne surtout pas faire un projet de travers qui risquerait de faire exploser tout le bazar. Pas faire le malin, pas tomber dans le ravin! Le placard acceptera bien un cadavre de plus, on peut encore mettre un bon tas de crasses sous le tapis, non? C'est comme le jeu de la bombe, de temps en temps ça saute, la banque fait la une des journaux, on fait sauter le malchanceux qui etait "responsable" du problème, on amène quelques pompiers pour régler l'incident a coup de sparadraps et de bouts de ficelle puis quand ça s'est calmé, on se dépêche d'oublier l'incident et de laisser traîner les réparations de fortune en l'état, remettant ainsi le compteur à zéro pour la bombe suivante...
Fri. 1 Jun. - Plague [Courtney Love]
(Suite de ci-dessus)
La force humaine de la banque est divisée en deux catégories: les employés et les managers. Les employés font laborieusement la tâche qui leur est assignée, jour après jour, et en fin de compte connaissent leur matière à fond, mais ne savent rien de ce qui se passe autour d'eux. Les managers en revanche, ne travaillent pas, ils passent leurs journées dans des réunions (en salle de réunion, en lunch d'affaire, en télé- ou vidéo-conférence, ici ou de l'autre côté de la Terre,...). Assez souvent, le manager a été employé avant d'être manager.
Voici à peu près le resultat en terme de ce que je peux attendre de l'un ou l'autre:
Le manager:
- est a son poste actuel depuis 6 mois ou moins. Probablement déjà en train de viser la mutation suivante,
- est toujours disponible pour que je le rencontre, et il est à l'aise dans la salle de réunion,
- il sait toujours tout, il répond à toutes mes questions. C'est seulement après que j'apprends que ce qu'il me raconte date de quand il était lui-meme employé (il y a 3 ans, parfois bien plus), à l'époque où il savait des choses. Depuis qu'il est manager, il ne sait plus rien de neuf, et ses connaissances sont en processus d'obsolescence rapide.
- est toujours positif sur la possibilité de changer les choses, de faire evoluer les systèmes etc.
- connaît les noms de tous les autres managers de l'étage (connaissance très à jour, parfois même en avance sur les annonces officielles), en particulier ceux qui pourraient l'aider a gravir un échelon à la fin de l'année
L'employé:
- est a son poste depuis 18 ans et n'en bougera que si l'immeuble s'effondre,
- n'a pas le temps de me voir, il a autre chose à faire, bordel.
- n'est a priori pas à l'aise dans la salle de réunion, il a envie de se barrer parce qu'il a un truc urgent a résoudre (re-virgule, bordel),
- est tout de même plutot content de parler de ce qu'il sait
- sait de quoi il parle. Quand il affirme un truc, c'est vrai et c'est la situation de hier soir au plus (pas d'il y a 3 ans)
- est très réticent au changement et à la nouveauté. «Est-ce qu'il y a moyen de ...» - «Rhaaa, non, ne m'en parlez pas, c'est pas possible!! Ca me rappelle avril 1989 quand tout le système s'est planté parce qu'on a fait une migration foireuse!»
- connaît son chef et le gars avec qui il va prendre les pauses café.
- attend sagement le debut de l'année suivante pour pouvoir se plaindre de ne pas avoir été augmenté/promu cette année.
Mon boulot est donc un drôle de mix entre le détective et l'historien, ou je collecte de nombreux témoignages et documents d'époque (le plan des réparations de mai 1989, par exemple), je recoupe, je rapproche, je confronte et j'essaye de faire éclater la vérité (souvent, à la surpise de l'un ou l'autre manager qui a du un peu perdre le fil des évolutions, depuis 1994).
La force humaine de la banque est divisée en deux catégories: les employés et les managers. Les employés font laborieusement la tâche qui leur est assignée, jour après jour, et en fin de compte connaissent leur matière à fond, mais ne savent rien de ce qui se passe autour d'eux. Les managers en revanche, ne travaillent pas, ils passent leurs journées dans des réunions (en salle de réunion, en lunch d'affaire, en télé- ou vidéo-conférence, ici ou de l'autre côté de la Terre,...). Assez souvent, le manager a été employé avant d'être manager.
Voici à peu près le resultat en terme de ce que je peux attendre de l'un ou l'autre:
Le manager:
- est a son poste actuel depuis 6 mois ou moins. Probablement déjà en train de viser la mutation suivante,
- est toujours disponible pour que je le rencontre, et il est à l'aise dans la salle de réunion,
- il sait toujours tout, il répond à toutes mes questions. C'est seulement après que j'apprends que ce qu'il me raconte date de quand il était lui-meme employé (il y a 3 ans, parfois bien plus), à l'époque où il savait des choses. Depuis qu'il est manager, il ne sait plus rien de neuf, et ses connaissances sont en processus d'obsolescence rapide.
- est toujours positif sur la possibilité de changer les choses, de faire evoluer les systèmes etc.
- connaît les noms de tous les autres managers de l'étage (connaissance très à jour, parfois même en avance sur les annonces officielles), en particulier ceux qui pourraient l'aider a gravir un échelon à la fin de l'année
L'employé:
- est a son poste depuis 18 ans et n'en bougera que si l'immeuble s'effondre,
- n'a pas le temps de me voir, il a autre chose à faire, bordel.
- n'est a priori pas à l'aise dans la salle de réunion, il a envie de se barrer parce qu'il a un truc urgent a résoudre (re-virgule, bordel),
- est tout de même plutot content de parler de ce qu'il sait
- sait de quoi il parle. Quand il affirme un truc, c'est vrai et c'est la situation de hier soir au plus (pas d'il y a 3 ans)
- est très réticent au changement et à la nouveauté. «Est-ce qu'il y a moyen de ...» - «Rhaaa, non, ne m'en parlez pas, c'est pas possible!! Ca me rappelle avril 1989 quand tout le système s'est planté parce qu'on a fait une migration foireuse!»
- connaît son chef et le gars avec qui il va prendre les pauses café.
- attend sagement le debut de l'année suivante pour pouvoir se plaindre de ne pas avoir été augmenté/promu cette année.
Mon boulot est donc un drôle de mix entre le détective et l'historien, ou je collecte de nombreux témoignages et documents d'époque (le plan des réparations de mai 1989, par exemple), je recoupe, je rapproche, je confronte et j'essaye de faire éclater la vérité (souvent, à la surpise de l'un ou l'autre manager qui a du un peu perdre le fil des évolutions, depuis 1994).
27 mai 2007
Sun. 27 May - Lullaby [Cure]
Cadeaux et souvenirs
Lors de mon dernier retour en Belgique, je me suis un peu fait avoir avec mon programme d'acquisition de cadeaux et souvenirs, puisque j'étais surtout préoccupé par le fait d'avoir des billets d'avions qui partent du bon endroit sans avoir à faire des tas de correspondances inutiles (genre New-York - Toronto - Washington - Londres - Bruxelles), et être sûr d'avoir ce dont j'avais besoin (mon téléphone avec son chargeur -- inutile puisque pas la bonne prise par exemple...) au bon endroit aussi. Puis terminer ce qui était en cours sur les deux projets, enfin, de quoi ne pas trop avoir la tête à chasser la bricole kitsch dans les magasins à touristes.
Dans l'autre sens, c'est plus simple. Je dévalise un Colruyt de leur stock de chocolat, c'est vite fait et ça fait plaisir à tout le monde (à commencer par moi).
Je pressens que mon prochain retour en Belgique (j'ai un billet New-York - Londres - Bruxelles pour le 20/21 juillet) va être tout aussi foireux (si par exemple je passe mon mois de juillet à Bangalore et non à New-York comme prévu... Je me vois mal faire un Bangalore - Hong-Kong - Tokyo - New-York - Londres - Bruxelles), donc si j'anticipe un peu et que je fais la chasse aux souvenirs maintenant, j'aurai moins de mal à arranger le coup à deux jours du départ.
Donc j'ouvre le registre des cadeaux-souvenirs: si vous voulez un truc spécifique de New-York ou Toronto ou Montréal, un 'tit mail ou commentaire et je m'arrangerai pour le ramener. Quelques idées...
- J'ai appris qu'en plus des PopTarts, il existe aussi des PopToys, encore plus infects! J'enquête toujours, mais je pense que les indices pointent vers Montréal
- Quelques bidons de sirop d'érable, ils y a des accros
- Des jolis portraits du président que nous idôlatrons tous?
- Du merchandesing sportif du coin: une casquette des Mets ou des Yankees, un polo des Maple Leafs, un short des Raptors, une tasse des Canadians?...
- Une statue d'art eskimo, un petit empire state building dans un globe avec la neige, une peinture d'un artiste de rue, un petit taxi jaune, un modèle réduit de 757 de Continental Airlines?
- des queues de Castor, un donught, une poutine, un 32oz- New-York stirloin?
- du chocolat canadien ou de la bière américaine, rien que pour rire?
- La playlist ou un onglet de guitare de Manu Chao en concert au KoolHaus (à 200m de chez moi) ou à Brooklyn?
Lors de mon dernier retour en Belgique, je me suis un peu fait avoir avec mon programme d'acquisition de cadeaux et souvenirs, puisque j'étais surtout préoccupé par le fait d'avoir des billets d'avions qui partent du bon endroit sans avoir à faire des tas de correspondances inutiles (genre New-York - Toronto - Washington - Londres - Bruxelles), et être sûr d'avoir ce dont j'avais besoin (mon téléphone avec son chargeur -- inutile puisque pas la bonne prise par exemple...) au bon endroit aussi. Puis terminer ce qui était en cours sur les deux projets, enfin, de quoi ne pas trop avoir la tête à chasser la bricole kitsch dans les magasins à touristes.
Dans l'autre sens, c'est plus simple. Je dévalise un Colruyt de leur stock de chocolat, c'est vite fait et ça fait plaisir à tout le monde (à commencer par moi).
Je pressens que mon prochain retour en Belgique (j'ai un billet New-York - Londres - Bruxelles pour le 20/21 juillet) va être tout aussi foireux (si par exemple je passe mon mois de juillet à Bangalore et non à New-York comme prévu... Je me vois mal faire un Bangalore - Hong-Kong - Tokyo - New-York - Londres - Bruxelles), donc si j'anticipe un peu et que je fais la chasse aux souvenirs maintenant, j'aurai moins de mal à arranger le coup à deux jours du départ.
Donc j'ouvre le registre des cadeaux-souvenirs: si vous voulez un truc spécifique de New-York ou Toronto ou Montréal, un 'tit mail ou commentaire et je m'arrangerai pour le ramener. Quelques idées...
- J'ai appris qu'en plus des PopTarts, il existe aussi des PopToys, encore plus infects! J'enquête toujours, mais je pense que les indices pointent vers Montréal
- Quelques bidons de sirop d'érable, ils y a des accros
- Des jolis portraits du président que nous idôlatrons tous?
- Du merchandesing sportif du coin: une casquette des Mets ou des Yankees, un polo des Maple Leafs, un short des Raptors, une tasse des Canadians?...
- Une statue d'art eskimo, un petit empire state building dans un globe avec la neige, une peinture d'un artiste de rue, un petit taxi jaune, un modèle réduit de 757 de Continental Airlines?
- des queues de Castor, un donught, une poutine, un 32oz- New-York stirloin?
- du chocolat canadien ou de la bière américaine, rien que pour rire?
- La playlist ou un onglet de guitare de Manu Chao en concert au KoolHaus (à 200m de chez moi) ou à Brooklyn?
Sun. 27 May - Insane in the brain [Cypress Hill]
plus d'infos sur Wikipedia
Un peu plus loin sur la même avenue, entre les Escada, Gucci, Yves St Laurent, j'ai été assez amusé de voir une grosse boutique BVLGARI, et de sentir les forts relents de leurs nouvelles créations: la nouvelle saison sera très friture, avec des senteurs de donuts, de beignets, de plantin frit, de hot-dogs, de calamars grillés,... Le parfumier semble attaquer vigoureusement une nouvelle clientèle!
23 mai 2007
Wed. 23 May - You love me to death [Hooverphonic]
Comme pas mal de grandes villes americaines, Manhattan est quadrillée de rues (est-ouest) et avenues (nord-sud). Je vis à l'intersection de la 8ème avenue et de la 57ème rue. Je travaille à l'intersection de la 6ème avenue et de la 49ème rue. Comme je n'aime pas la routine, je ne veux jamais prendre le même itinéraire une seconde fois. En comptant que je fais le trajet deux fois par jour (matin et soir) chaque jour ouvrable, dans combien de jours je dois donner ma dem'?
Pour les plus malins, je vais pimenter un peu le machin: en plus des rues et des avenues, il y a Broadway, qui part en diagonale de Times Square (5ème et 42ème) vers Colombus Circle (derrière chez moi, 8ème et 60ème). Quand mon avion du vendredi soir part de Newark, je vais directement du bureau à Penn Station sans passer par la case départ, et le soir il m'arrive de rentrer par la 9ème avenue qui est sympa parce que pleine de restos dans ce coin-là.
Pour les plus malins, je vais pimenter un peu le machin: en plus des rues et des avenues, il y a Broadway, qui part en diagonale de Times Square (5ème et 42ème) vers Colombus Circle (derrière chez moi, 8ème et 60ème). Quand mon avion du vendredi soir part de Newark, je vais directement du bureau à Penn Station sans passer par la case départ, et le soir il m'arrive de rentrer par la 9ème avenue qui est sympa parce que pleine de restos dans ce coin-là.
21 mai 2007
Sun. 20 May - Tangled Up [Cranes]
Ce dimanche soir, depuis le hublot de l'avion au décollage (une heure et demie en retard, pour ne pas changer... J'avais été averti du retard et je me suis donc pointé à l'aéroport bien tard aussi: je n'ai jamais passé l'enregistrement, la douane U.S. et les contrôles de sécurité aussi vite, probablement moins de 10 minutes pour la totale), j'ai aperçu des étranges lumières dansantes dans la ville. J'en étais à m'exciter à l'éventualité d'une invasion extra-terrestre quand, quelques "belles bleues" plus tard, un de mes neurones plus terre-à-terre a avancé l'hypothèse de feux d'artifice qui semblait en effet plus probable, d'autant plus qu'on est la veille de Victoria Day.
J'ai donc eu le privilège d'assister à une bonne dizaine de feux d'artifice simultanés, par un ciel de nuit parfaitement dégagé, le spectacle était assez unique... Ca me rappelle un vague gag de Gaston, tiens...
Par contre, le chauffeur de l'avion avait dû lui aussi célébrer la vieille Victoria à sa façon et on a eu droit à quelques sensations fortes et une approche finale d'aterrissage assez rock & roll dont j'attendais un dénouement en forme de figure acrobatique. J'étais finalement assez content de l'épilogue très classique de nous délivrer tous en un seul morceau à la porte d'embarquement...
Merci au passage de ne pas me rappeler mes chances de survie dans le cas où l'avion décide d'arriver au sol d'une manière plus originale. Je me demande d'ailleurs si tout ce cinéma "consignes de sécurité, évacuation, gilet de sauvetage etc." servent à quelque chose, et si quelqu'un est déjà sorti d'un 737 posé sur l'eau avec son gilet de sauvetage en suivant les petites lumières vertes qui indiquent la voie vers la sortie d'urgence la plus proche?...
J'ai donc eu le privilège d'assister à une bonne dizaine de feux d'artifice simultanés, par un ciel de nuit parfaitement dégagé, le spectacle était assez unique... Ca me rappelle un vague gag de Gaston, tiens...
Par contre, le chauffeur de l'avion avait dû lui aussi célébrer la vieille Victoria à sa façon et on a eu droit à quelques sensations fortes et une approche finale d'aterrissage assez rock & roll dont j'attendais un dénouement en forme de figure acrobatique. J'étais finalement assez content de l'épilogue très classique de nous délivrer tous en un seul morceau à la porte d'embarquement...
Merci au passage de ne pas me rappeler mes chances de survie dans le cas où l'avion décide d'arriver au sol d'une manière plus originale. Je me demande d'ailleurs si tout ce cinéma "consignes de sécurité, évacuation, gilet de sauvetage etc." servent à quelque chose, et si quelqu'un est déjà sorti d'un 737 posé sur l'eau avec son gilet de sauvetage en suivant les petites lumières vertes qui indiquent la voie vers la sortie d'urgence la plus proche?...
19 mai 2007
Wed. 16 May - Starblood [Cranes]
Ah merde, ça y est, client n.2 s'est aperçu que le petit jeu d'expatrier des Canadiens à Manhattan ça coûte bonbon et que finalement ils veulent pas payer. Donc petite réunion de crise dans l'équipe, appel aux bonnes idées, voyons voir comment se sortir de ce mauvais pas:
- Camping dans central park?
- Pas permis.
- Dormir dans la salle de projet?
- Non, on veut pas subir les odeurs de sales chaussettes le lendemain matin.
- Remplacer les taxis par des trains
- Euh, oui, je le fais déjà, et on parle de genre 1 à 2% du budget...
J'ai pas trop compris pourquoi la solution tout à fait logique de me remballer à Toronto n'a pas été soulevée (après tout, dans mon rôle d'expert technique, je suis assez bon pour partager mon ignorance totale du domaine et des systemes archaïques qui le composent), je suis toujours complètement abasourdi par le fait que sur toute la population consultante de Capco New-York, il n'y en a pas un qui est foutu de faire ce que je fais ici (qui n'a de technique que le nom: En fait, c'est plutôt un boulot de bibliothécaire, ou d'archéologie, voire de paléontologie: chercher des squelettes, des ruines ou des restes, et tenter d'ordonner tout ce foutoir en une classification qui a du sens).
Enfin, une solution avancée (à part celle de magouiller les contrats - au passage, j'ai appris que le nôtre n'était pas signé, tiens, c'est serieux tout ca! - trafiquer les affectations etc.) est assez logiquement de prendre des appartements moins chers. Il faut savoir que ma voisine de palier, qui a le même appartement que le mien, en version bail ordinaire sans meuble et sans service, paye la moitié du prix. A cce prix-là, je suis sûr qu'on amorti les meubles en 2 mois!
Donc je m'attends à ne plus jouir du splendide appart de luxe juste à côté de Central Park d'ici le mois prochain. Comme d'hab, la décision sera prise au dernier moment, donc je m'attends aussi à dormir dans le métro un jour ou deux, mais bon on verra de quoi demain est fait.
- Camping dans central park?
- Pas permis.
- Dormir dans la salle de projet?
- Non, on veut pas subir les odeurs de sales chaussettes le lendemain matin.
- Remplacer les taxis par des trains
- Euh, oui, je le fais déjà, et on parle de genre 1 à 2% du budget...
J'ai pas trop compris pourquoi la solution tout à fait logique de me remballer à Toronto n'a pas été soulevée (après tout, dans mon rôle d'expert technique, je suis assez bon pour partager mon ignorance totale du domaine et des systemes archaïques qui le composent), je suis toujours complètement abasourdi par le fait que sur toute la population consultante de Capco New-York, il n'y en a pas un qui est foutu de faire ce que je fais ici (qui n'a de technique que le nom: En fait, c'est plutôt un boulot de bibliothécaire, ou d'archéologie, voire de paléontologie: chercher des squelettes, des ruines ou des restes, et tenter d'ordonner tout ce foutoir en une classification qui a du sens).
Enfin, une solution avancée (à part celle de magouiller les contrats - au passage, j'ai appris que le nôtre n'était pas signé, tiens, c'est serieux tout ca! - trafiquer les affectations etc.) est assez logiquement de prendre des appartements moins chers. Il faut savoir que ma voisine de palier, qui a le même appartement que le mien, en version bail ordinaire sans meuble et sans service, paye la moitié du prix. A cce prix-là, je suis sûr qu'on amorti les meubles en 2 mois!
Donc je m'attends à ne plus jouir du splendide appart de luxe juste à côté de Central Park d'ici le mois prochain. Comme d'hab, la décision sera prise au dernier moment, donc je m'attends aussi à dormir dans le métro un jour ou deux, mais bon on verra de quoi demain est fait.
13 mai 2007
Sun. 13 May - Ainsi Soit Je [Mylène]
Quand j'étais petit (oh oh! J'ai entendu les sarcasmes là dans le fond!), je jouais au Jumbo Jet avec les cousins. C'est un sorte de Monopoly, mais au lieu d'acheter des terrains, on achète des aéroports. Je me souviens par exemple que la Rue Neuve (les Champs Elysées pour les gens d'outre-Dour) du jeu, c'était Sydney et Melbourne. Puis, dans les destinations prisées, il y avait Toronto, Montréal, Jakarta et Osaka par exemple. Puis New York, Anchorage, New Delhi, Nairobi. Et finalement, les destinations sans intérêt parce que ne rapportant que des cacahuètes, Stockholm, Moscou, Le Caire et Tel Aviv.
L'autre jour, dans un aéroport (oui... c'est pas un hasard), je me suis fait la réflexion que maintenant, 25 ans plus tard, je joue toujours à Jumbo Jet...
Donc, dans mes objectifs à moyen terme: Anchorage, Jakarta et New Delhi.
L'autre jour, dans un aéroport (oui... c'est pas un hasard), je me suis fait la réflexion que maintenant, 25 ans plus tard, je joue toujours à Jumbo Jet...
Donc, dans mes objectifs à moyen terme: Anchorage, Jakarta et New Delhi.
08 mai 2007
Tue. 8 May - Canon en D [Pachelbel]
Ce matin, deux violonistes ont illuminé ma journée à coup de Pachelbel dans la gare. C'était le point culminant de ma journée.
La semaine dernière, pendant que je racontais mes aventures à l'un ou à l'autre en Belgique, mes infortunés collègues ajoutaient un peu d'eau et de sang à mon moulin en se faisant écrémer par un gang de clients lors d'une réunion épique chez client n°1; mon chef de projet infatiguable (... et pourtant, il essaye dûment, à coup de nuits blanches et autres horaires de travail débiles!) mis KO à travers la liaison de la conférence téléphonique...
De retour sur le champ de bataille ce matin, j'arrive dans le chaos complet qui précède une réunion-fleuve de 20 personnes (fois 5h, faites le compte, ça fait 12 jours de travail, bardaf!). La partie sur laquelle je travaillais il y a 10 jours a été déscopée (euh, en français... dégommée peut-être?) violemment, les priorités ont été complètement chamboulées et on a fait venir en urgence une nouvelle intervenante de Toronto, qui va jouer à être co-chef de projet. Elle va aussi jouer au pompier (meuh non, pas faire des pompiers!), c'est-à-dire éteindre l'incendie qui fait déjà pas mal rage dans le projet qui a tout de même commencé il y a tout 3 semaines!
En ce qui me concerne, il semblerait que ce client-là n'a donc absolument pas besoin d'un gars avec mon expertise, ce qui présage pour l'avenir proche:
1) Qu'ils décident de se passer de mes services, ou
2) Que je devienne subitement le «spécialiste» d'un truc dont je ne sais rien, ou
3) Que je continue à faire du brol vaguement productif, vaguement mi-utile et totalement sous-intéressant
4) J'ai amené quelques mignonettes Côte d'or qui ont été très appréciées... Je peux continuer sur ma lancée et me spécialiser en service traîteur pour l'équipe: café, petites gâteries, massages, faire les lits de ceux qui décident de dormir dans les bureaux,...
Je pense que le client n°2 est plus relax que celui-là, mais à force, si on continue à se concentrer si intensément sur l'objectif de faire foirer le premier, on va réussir à l'impatienter et on va foirer ce projet-là aussi, sans même y avoir fait quoi que ce soit, c'est même pas drôle!
A propos de mon chef de projet, le foireux en chef, j'ai compris lors d'une soirée arrosée (chez moi d'ailleurs) pourquoi il est comme ça: C'est un «On en rira dans 10 ans!», et un champion dans sa catégorie, qui serait plutôt «On en rira dans 10 jours!»: il racontait déjà, en se marrant, l'épisode de cette course en voiture où on a tous failli perdre la vie!
La semaine dernière, pendant que je racontais mes aventures à l'un ou à l'autre en Belgique, mes infortunés collègues ajoutaient un peu d'eau et de sang à mon moulin en se faisant écrémer par un gang de clients lors d'une réunion épique chez client n°1; mon chef de projet infatiguable (... et pourtant, il essaye dûment, à coup de nuits blanches et autres horaires de travail débiles!) mis KO à travers la liaison de la conférence téléphonique...
De retour sur le champ de bataille ce matin, j'arrive dans le chaos complet qui précède une réunion-fleuve de 20 personnes (fois 5h, faites le compte, ça fait 12 jours de travail, bardaf!). La partie sur laquelle je travaillais il y a 10 jours a été déscopée (euh, en français... dégommée peut-être?) violemment, les priorités ont été complètement chamboulées et on a fait venir en urgence une nouvelle intervenante de Toronto, qui va jouer à être co-chef de projet. Elle va aussi jouer au pompier (meuh non, pas faire des pompiers!), c'est-à-dire éteindre l'incendie qui fait déjà pas mal rage dans le projet qui a tout de même commencé il y a tout 3 semaines!
En ce qui me concerne, il semblerait que ce client-là n'a donc absolument pas besoin d'un gars avec mon expertise, ce qui présage pour l'avenir proche:
1) Qu'ils décident de se passer de mes services, ou
2) Que je devienne subitement le «spécialiste» d'un truc dont je ne sais rien, ou
3) Que je continue à faire du brol vaguement productif, vaguement mi-utile et totalement sous-intéressant
4) J'ai amené quelques mignonettes Côte d'or qui ont été très appréciées... Je peux continuer sur ma lancée et me spécialiser en service traîteur pour l'équipe: café, petites gâteries, massages, faire les lits de ceux qui décident de dormir dans les bureaux,...
Je pense que le client n°2 est plus relax que celui-là, mais à force, si on continue à se concentrer si intensément sur l'objectif de faire foirer le premier, on va réussir à l'impatienter et on va foirer ce projet-là aussi, sans même y avoir fait quoi que ce soit, c'est même pas drôle!
A propos de mon chef de projet, le foireux en chef, j'ai compris lors d'une soirée arrosée (chez moi d'ailleurs) pourquoi il est comme ça: C'est un «On en rira dans 10 ans!», et un champion dans sa catégorie, qui serait plutôt «On en rira dans 10 jours!»: il racontait déjà, en se marrant, l'épisode de cette course en voiture où on a tous failli perdre la vie!
07 mai 2007
Mon. 7 May - 10:15 Saturday Night [The Cure]
Avant tout, le moment me paraît opportun pour souhaîter un joyeeeeuuuuux anniversaaaiiiiire à Colin et Laurent, et un peu en avance à Roucha aussi!
Les gars qui ont installé les ascenseurs dans les grands buildings sont des malins. A priori, on pourrait penser que tous les ascenseurs servent tous les étages, et qu'en mettant suffisamment d'ascenseurs on évitera les embouteillages. Oui, pas con, sauf qu'alors il fait pas bon être le gars qui travaille au 77ème étage: il est sûr qu'à tous les coups son ascenseur s'arrêtera une bonne vingtaine de fois avant d'arriver à destination.
Et donc, ces petits malins assignent à chaque ascenseur (par grappes) une liste particulière d'étages (p. ex. du 20ème au 29ème) et il ne s'arrête qu'au rez-de-chaussée et à ces étages-là. Du coup, au pire chaque ascenseur ne s'arrête que 10 fois. Donc le gars du 77ème prend son ascenseur le matin et il monte directement au 70ème, puis commence seulement à faire l'omnibus à partir de là.
Comme on travaille à Broadway au 29ème, on doit prendre l'ascenseur qui s'arrête au 4ème, au 13ème, puis du 25ème au 33ème, ce qui laisse encore pas mal l'occasion de jouer à l'omnibus.
Les gars qui ont installé les ascenseurs dans les grands buildings sont des malins. A priori, on pourrait penser que tous les ascenseurs servent tous les étages, et qu'en mettant suffisamment d'ascenseurs on évitera les embouteillages. Oui, pas con, sauf qu'alors il fait pas bon être le gars qui travaille au 77ème étage: il est sûr qu'à tous les coups son ascenseur s'arrêtera une bonne vingtaine de fois avant d'arriver à destination.
Et donc, ces petits malins assignent à chaque ascenseur (par grappes) une liste particulière d'étages (p. ex. du 20ème au 29ème) et il ne s'arrête qu'au rez-de-chaussée et à ces étages-là. Du coup, au pire chaque ascenseur ne s'arrête que 10 fois. Donc le gars du 77ème prend son ascenseur le matin et il monte directement au 70ème, puis commence seulement à faire l'omnibus à partir de là.
Comme on travaille à Broadway au 29ème, on doit prendre l'ascenseur qui s'arrête au 4ème, au 13ème, puis du 25ème au 33ème, ce qui laisse encore pas mal l'occasion de jouer à l'omnibus.
06 mai 2007
Fri. 4 May - The Skank Heads [Skunk Anansie]
Alors là, honte sur moi!
En demandant à mes amis de Toronto ce qui leur ferait plaisir que je leur ramène, l'un d'entre eux m'a suggéré une boîte de Marcolini, mais... pas la moindre idée de ce que c'est!
Et donc, renseignement pris, il s'agit du meilleur chocolatier de notre pays, place Stéphanie à Bruxelles. Il fallait bien que ce soit un Indien originaire de Bombay et vivant à Toronto qui m'apprenne ça, tiens!!!
En demandant à mes amis de Toronto ce qui leur ferait plaisir que je leur ramène, l'un d'entre eux m'a suggéré une boîte de Marcolini, mais... pas la moindre idée de ce que c'est!
Et donc, renseignement pris, il s'agit du meilleur chocolatier de notre pays, place Stéphanie à Bruxelles. Il fallait bien que ce soit un Indien originaire de Bombay et vivant à Toronto qui m'apprenne ça, tiens!!!
27 avril 2007
Thu. 26 Apr. - The good German
Pour changer, je suis dans un avion, le premier de ceux qui me ramènent au pays pour être précis. Et je suis en train d'écrire sur mon blackberry.
Ca fait un an que je vois tous mes collègues complètement accros à cet espèce de croisement entre un GSM et un tamagochi et que je suis tout à fait convaincu que ce truc n'est pas pour moi, mais quand j'ai abordé la question d'avoir un téléphone basé aux USA (question de pas se prendre les frais du roaming dans les dents - typiquement des notes de 500 $), le chef de projet a insisté pour que je prenne ceci au lieu d'un bête téléphone. J'ai commencé par refuser vigoureusement, puis comme il faut choisir ses batailles et qu'il y en avait deja tant d'autres à l'horizon, voilà, je suis en train de masturber mon tamagochi dans l'avion. Bon, la consolation, c'est que je suis dans l'avion, au moins cette bataille-là je l'ai gagnée.
A propos d'avions, bien evidemment je commence a devenir un habitué... Ann m'a dit que je devais commencer à m'en inquieter quand je me mettrai à reconnaître les autres passagers du vol du dimanche soir. Enfin, j'en suis pas encore là puisque pour l'instant je vole dans tous les sens: Toronto, New York, Montréal, Washington, Londres, Bruxelles... Autant d'aéropoorts passionnants!
Je commence aussi à perdre la notion de voyage, par faute de savoir où ça commence et où ça finit. Genre cette semaine, j'ai quitté Kalila chez moi a Toronto pour aller chez moi à New-York, puis chez moi en Belgique, apres quoi je rentrerai chez moi à New-York, puis irai passer le week-end avec elle à Montréal (qui est aussi un peu chez moi dans la mesure où le "chez-moi" d'un homme est là ou est sa femme), puis un jour ou l'autre, je devrai bien repasser par le chez-moi-de-Toronto. Vous vous êtes perdus en chemin? Ben oui, ça m'arrive aussi... Question de pimenter l'histoire, Capco est en train de me concocter un plan pour ajouter Bangalore et Paris dans le mix. A ce momoent-là, je serai chez moi un peu partout dans le monde et en particulier dans chaque aéroport, ou je deviendrai le pote des gars de la sécurité... Reste plus qu'à choisir entre une femme dans mes valises ou une dans chaque port.
PS: Le Good German, avec Clooney, est ce que le petit écran devant moi diffusait au début du vol, mais c'était pas fameux du tout.
Ca fait un an que je vois tous mes collègues complètement accros à cet espèce de croisement entre un GSM et un tamagochi et que je suis tout à fait convaincu que ce truc n'est pas pour moi, mais quand j'ai abordé la question d'avoir un téléphone basé aux USA (question de pas se prendre les frais du roaming dans les dents - typiquement des notes de 500 $), le chef de projet a insisté pour que je prenne ceci au lieu d'un bête téléphone. J'ai commencé par refuser vigoureusement, puis comme il faut choisir ses batailles et qu'il y en avait deja tant d'autres à l'horizon, voilà, je suis en train de masturber mon tamagochi dans l'avion. Bon, la consolation, c'est que je suis dans l'avion, au moins cette bataille-là je l'ai gagnée.
A propos d'avions, bien evidemment je commence a devenir un habitué... Ann m'a dit que je devais commencer à m'en inquieter quand je me mettrai à reconnaître les autres passagers du vol du dimanche soir. Enfin, j'en suis pas encore là puisque pour l'instant je vole dans tous les sens: Toronto, New York, Montréal, Washington, Londres, Bruxelles... Autant d'aéropoorts passionnants!
Je commence aussi à perdre la notion de voyage, par faute de savoir où ça commence et où ça finit. Genre cette semaine, j'ai quitté Kalila chez moi a Toronto pour aller chez moi à New-York, puis chez moi en Belgique, apres quoi je rentrerai chez moi à New-York, puis irai passer le week-end avec elle à Montréal (qui est aussi un peu chez moi dans la mesure où le "chez-moi" d'un homme est là ou est sa femme), puis un jour ou l'autre, je devrai bien repasser par le chez-moi-de-Toronto. Vous vous êtes perdus en chemin? Ben oui, ça m'arrive aussi... Question de pimenter l'histoire, Capco est en train de me concocter un plan pour ajouter Bangalore et Paris dans le mix. A ce momoent-là, je serai chez moi un peu partout dans le monde et en particulier dans chaque aéroport, ou je deviendrai le pote des gars de la sécurité... Reste plus qu'à choisir entre une femme dans mes valises ou une dans chaque port.
PS: Le Good German, avec Clooney, est ce que le petit écran devant moi diffusait au début du vol, mais c'était pas fameux du tout.
22 avril 2007
Fri. 20 Apr. - Pink Orange Red [Cocteau Twins]
Un petit update s'impose quant au déroulement du projet... Ca dépasse tout entendement! Le chef de projet ressemble un peu à Garcimore, en particulier sur ses talents de magicien: c'est le roi de l'illusion! Genre plonger tout le monde dans le brouillard, multiplier les vérités, ou faire disparaître le temps!
Ma vision de la direction de projet, c'est qu'il s'agit de maintenir un équilibre entre deux forces: d'une part, les circonstances, les imprévus et les gens sont source d'entropie et augmentent le désordre; d'autre part le chef de projet agit et met en place des processus et des outils pour organiser et structurer le travail et ramener l'entropie à un niveau gérable.
Dans ce cas-ci, le gars a à peu près autant de structure qu'un babouin hyperkinétique, les mots ne lui viennent pas facilement pour exprimer les vagues idées élusives qui émergent diffusément du brouillard de son cerveau et il a le don de multitasking: foirer plusieurs trucs en même temps!
Comme il dirige deux projets simultanés (plus quelques autres initiatives dont je ne veux rien savoir), ça lui arrive typiquement pendant une réunion chez client n°1 de passer une demi-heure au téléphone avec un gars de client n°2, ce qui est d'autant plus fâcheux que c'est lui qui dirige ladite réunion et que du coup les autres glandouillent en le regardant téléphoner...
A propos de réunion, vous savez bien que leur succès dépend plus ou moins de
1) une bonne préparation
2) un ordre du jour clair
3) une conclusion sous forme de liste d'actions
Donc:
1) il commence bien sûr à préparer une réunion à peu près à l'heure arrangée de son début, engendrant un retard variable entre 30 minutes et 2 heures. Les documents sont distribués dans la précipitation et ne valent en général pas grand chose
2) la réunion s'apparente à une causerie au club des bigotes de la paroisse: une litanie de ragots et de commérages sans queue ni tête
3) après quelques interruptions pour cause de téléphone, la réunion se termine précipitemment parce qu'il est en retard pour la suivante.
Autre attribution du chef de projet: répartir les tâches et suivre leur réalisation. Il m'a tout de même fallu près de 3 jours pour obtenir 15 minutes de son temps pour valider mon approche de ma part du travail. Question suivi, j'ai appris qu'il passe en général la nuit précédent la livraison d'un rapport à le revoir de fond en comble.
Et finalement, il lui revient de gérer le client et ses attentes: Selon lui, c'est très simple: il s'agit de dire oui-oui à toutes ses demandes et ses caprices. Surtout ne jamais dire "non" ou "on va réfléchir à la question", on pourrait avoir l'air malin et on n'est pas payés pour ça!
Bon, en conclusion de tout ça, j'imagine que je vais devoir instiguer un putsch. Quelqu'un voit une autre issue?
Ma vision de la direction de projet, c'est qu'il s'agit de maintenir un équilibre entre deux forces: d'une part, les circonstances, les imprévus et les gens sont source d'entropie et augmentent le désordre; d'autre part le chef de projet agit et met en place des processus et des outils pour organiser et structurer le travail et ramener l'entropie à un niveau gérable.
Dans ce cas-ci, le gars a à peu près autant de structure qu'un babouin hyperkinétique, les mots ne lui viennent pas facilement pour exprimer les vagues idées élusives qui émergent diffusément du brouillard de son cerveau et il a le don de multitasking: foirer plusieurs trucs en même temps!
Comme il dirige deux projets simultanés (plus quelques autres initiatives dont je ne veux rien savoir), ça lui arrive typiquement pendant une réunion chez client n°1 de passer une demi-heure au téléphone avec un gars de client n°2, ce qui est d'autant plus fâcheux que c'est lui qui dirige ladite réunion et que du coup les autres glandouillent en le regardant téléphoner...
A propos de réunion, vous savez bien que leur succès dépend plus ou moins de
1) une bonne préparation
2) un ordre du jour clair
3) une conclusion sous forme de liste d'actions
Donc:
1) il commence bien sûr à préparer une réunion à peu près à l'heure arrangée de son début, engendrant un retard variable entre 30 minutes et 2 heures. Les documents sont distribués dans la précipitation et ne valent en général pas grand chose
2) la réunion s'apparente à une causerie au club des bigotes de la paroisse: une litanie de ragots et de commérages sans queue ni tête
3) après quelques interruptions pour cause de téléphone, la réunion se termine précipitemment parce qu'il est en retard pour la suivante.
Autre attribution du chef de projet: répartir les tâches et suivre leur réalisation. Il m'a tout de même fallu près de 3 jours pour obtenir 15 minutes de son temps pour valider mon approche de ma part du travail. Question suivi, j'ai appris qu'il passe en général la nuit précédent la livraison d'un rapport à le revoir de fond en comble.
Et finalement, il lui revient de gérer le client et ses attentes: Selon lui, c'est très simple: il s'agit de dire oui-oui à toutes ses demandes et ses caprices. Surtout ne jamais dire "non" ou "on va réfléchir à la question", on pourrait avoir l'air malin et on n'est pas payés pour ça!
Bon, en conclusion de tout ça, j'imagine que je vais devoir instiguer un putsch. Quelqu'un voit une autre issue?
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