Le Scenario
Première étape de la mission: collecter les demandes.
Il s'agit de faire le tour des chefs de projets qui ont passé commande pour avoir de l'Indien, et rédiger des bons de commande. Ca ressemble en gros à "je veux un développeur qui connaît java", ou "... connaît c++". Les plus malins d'entre eux rusent: "... qui connaît java, parle Français couramment et sort de Polytech". Eviter toutefois le "... connaît java, le whist, la belote et s'y connaît bien en bons vins", ça donne trop la mèche quant à ce qu'on fout vraiment dans cette cellule-là.
Ensuite, quand on a un bon paquet de demandes (disons 10), envoyer le tout au grossiste en Inde.
Deuxième étape, en Inde: le recrutement.
Quand le grossiste, en Inde, reçoit les bons de commande, il doit s'arranger pour envoyer des CVs de gars qui correspondent au profil. Donc il prend sa machine à écrire, invente 10 noms exotiques (par exemple Shantakumar, ou Gopinath... plus ça sonne bizarre, plus ça fait authentique) et crée de toutes pièces 10 CVs qui correspondent justement aux commandes. Le gars a tout de même un talent: il sait faire des voix et imiter les accents. Parce qu'après, il doit se faire passer pour ses 10 gars différents pour faire les interviews. Oui, mais ... côté contenu des interviews? Boarf, l'interview se fait en anglais, par téléphone, avec un Français. Il pose des questions, on massacre un peu l'anglais en baratinant n'importe quoi: après 3 ou 4 essais, il se lassera de demander de répéter la réponse...
Etape rien que pour rire: les changements d'avis
Du côté Français, c'est pas tout de passer commande de bonshommes, après il faut aussi changer d'avis. Finalement, le projet se fait pas / est retardé / on a tout changé / on a redéfini les priorités / on vous avait donné la liste de l'an dernier / ah non, c'est la liste des courses, ça... Les raisons sont nombreuses, et en tous cas les changements aussi: «Mais non, pas 3 "java": 1 "c++"», «Ah oui, il doit comprendre le Portuguais aussi», etc.
Etape "rions aussi": réagir au changement
C'est là que la compétence du grossiste fait toute la différence, et qu'on voit que c'est un vrai métier. Il doit continuer à faire coller ses CVs aux demandes, voire jongler un peu, permuter de ci de là... mais surtout pas s'emberlificoter dans ses bidouilles, parce que s'il tombe sur un coriace de l'autre côté, il pourrait en résulter une sérieuse baisse de crédibilité (genre le développeur qui change subitement de sexe, ou qui passe à 12 ans d'expérience alors qu'il a 23 ans, etc.).
Au terme de cette étape, on devrait obtenir une liste de sièges (jobs) et une liste de personnes (ressources), et même une correspondance entre les deux, qui fait qu'on sait qui mettre où.
Troisième étape: l'onboarding
Assez curieusement, envoyer du travail offshore commence par faire venir les gars en France. C'est ce qu'on appelle l'onboarding: monter à bord. Ils doivent venir à Paris montrer leur binette, faire un joli sourire, puis subir un transfert de connaissances. De manière à maintenir l'illusion que quand ils retourneront en Inde, ils vont travailler, et pas seuelement regarder le cricket.
Oui mais, là où avait laissé notre grossiste, avec ses CVs et son téléphone, on le sent dans l'embarras maintenant, avec 10 personnages dans son one-man-show.
C'est qu'il a plus d'un tour dans son sac, notre homme. Et justement il a un beau-frère (ou le cousin du voisin de la mère de la femme en second mariage de son oncle, enfin quelqu'un de très proche quoi) qui tient une agence de voyage: il est justement temps de faire des promotions pour les voyages à Paris, attention nombre de places limitées à 10!
Pour venir en France, les Indiens ont besoin d'un visa. Pour obtenir ce visa, il leur faut aller au consulat de France (à Mumbai... ce n'est qu'à 1000 kms) munis d'une lettre d'invitation. Ca a l'air gérable jusque là. Si ce n'est à leur retour du consulat, quand ils nous annoncent que leur visa de 30 jours commence à courir le jour même... «Mais!... Abruti! le client t'attend dans 25 jours à Paris: tu vas y rester 5 jours peut-être???»
19 novembre 2007
17 novembre 2007
Au cœur de la globalisation - 2
Au centre: La Consultant Company ("Coco")
Coco a commencé comme une boîte de consultance, où on vend du service. Puis s'est transformée en boîte de service de transformation, qui aide ses clients à se réorganiser. Puis l'an dernier, Coco s'est fait racheter par une compagnie Indienne d'élevage d'informaticiens (ils ont un cheptel de 3000 têtes) et s'est donc transformée en boucherie au détail: on écoule de la viande d'informaticien indien à qui veut bien en acheter. Pour l'instant, on les compte encore en "têtes", mais pour faciliter on va bientôt passer au "kilo":
- «Bonjour, j'aimerais 350 kgs de programmeur Java et 280 kgs de programmeur C++ pour ce mois-ci, je vous prie»
- «Voilààà... 362 kgs ça vous va? Et avec ça, je vous mets quoi? Un p'tit chef de projet, quelques sessions de formation? On a une super-promotion sur les spécialistes en prêts immobiliers à risque ce mois-ci: vous en recevez 3 pour le prix d'1!»
- «Allez, soyons fous, je prends la super-promotion alors. Emballez-les bien, c'est pour surgeler»
- «Et hop, emballé, c'est pesé! Je vous fait livrer le tout demain matin à l'adresse habituelle! Bonne journée, madââme!»
Et donc Coco place du consultant et de l'informaticien dans La Banque, selon les principes bien établis de la vente au porte à porte: on passe dans tous les bureaux, "toc-toc, vous auriez pas besoin de quelques kilos d'informaticien par ici?", puis quand on se fait sortir par la porte, on revient par la fenêtre; on joue sur l'affectif des gens ("vous verrez, ils sont très attachants, vous ne le regretterez pas!"), ou sur la jalousie ("Michel, du département Compta, en a pris 14 et il en est très content!"), enfin c'est du grand Benoît Poelvoorde dans les Portes de la Gloire!
Coco a commencé comme une boîte de consultance, où on vend du service. Puis s'est transformée en boîte de service de transformation, qui aide ses clients à se réorganiser. Puis l'an dernier, Coco s'est fait racheter par une compagnie Indienne d'élevage d'informaticiens (ils ont un cheptel de 3000 têtes) et s'est donc transformée en boucherie au détail: on écoule de la viande d'informaticien indien à qui veut bien en acheter. Pour l'instant, on les compte encore en "têtes", mais pour faciliter on va bientôt passer au "kilo":
- «Bonjour, j'aimerais 350 kgs de programmeur Java et 280 kgs de programmeur C++ pour ce mois-ci, je vous prie»
- «Voilààà... 362 kgs ça vous va? Et avec ça, je vous mets quoi? Un p'tit chef de projet, quelques sessions de formation? On a une super-promotion sur les spécialistes en prêts immobiliers à risque ce mois-ci: vous en recevez 3 pour le prix d'1!»
- «Allez, soyons fous, je prends la super-promotion alors. Emballez-les bien, c'est pour surgeler»
- «Et hop, emballé, c'est pesé! Je vous fait livrer le tout demain matin à l'adresse habituelle! Bonne journée, madââme!»
Et donc Coco place du consultant et de l'informaticien dans La Banque, selon les principes bien établis de la vente au porte à porte: on passe dans tous les bureaux, "toc-toc, vous auriez pas besoin de quelques kilos d'informaticien par ici?", puis quand on se fait sortir par la porte, on revient par la fenêtre; on joue sur l'affectif des gens ("vous verrez, ils sont très attachants, vous ne le regretterez pas!"), ou sur la jalousie ("Michel, du département Compta, en a pris 14 et il en est très content!"), enfin c'est du grand Benoît Poelvoorde dans les Portes de la Gloire!
16 novembre 2007
Fri. 16 Nov. - Creep [de, mais pas par, Radiohead]
Le titre tombe assez bien, je vais causer de politique.
Depuis que j'ai adopté le Google reader, je suis devenu assez assidu aux nouvelles (notamment, et sans grande orignialité, Le Soir), qui me permettent de suivre le feuilleton fleuve de la politique belge, et tout le reste. C'est ainsi que j'ai appris, amusé, que les partis d'extrême droite européens, qui s'étaient unis pour former un groupe parlementaire reconnu et subsidié (eh oui...) se sont chamaillés, ont joué à «T'es plus mon ami!» et du coup le groupe a implosé et paf, plus de subsides!
C'est malin aussi, d'essayer de regrouper des gens qui ont comme idéal commun... la haine de l'autre! Ca marche quand on est deux et qu'on peut se renforcer à haïr un troisième, mais dans l'Europe des (combien encore? 15, 20, 25?), on va vite se retrouver à haïr le gars qui s'assied à la même table évidemment! Et donc voilà, comme tout le monde là-dedans n'a pas eu le bon goût de haïr en-dehors de l'Europe, ça a merdé quand la parlementaire italienne a dénigré les Roumains (qui à leur tour haïssent probablement les Hongrois, qui eux haïssent les Slovaques etc. etc.) et que les derniers sont partis en claquant la porte.
Vraiment, des querelles de cour de récréation!
Comme si on faisait ça, chez nous tiens! Essayer de former un gouvernement avec les andouilles régionalistes de tous poils, tiens, le FDF et la NVA par exemple...
Depuis que j'ai adopté le Google reader, je suis devenu assez assidu aux nouvelles (notamment, et sans grande orignialité, Le Soir), qui me permettent de suivre le feuilleton fleuve de la politique belge, et tout le reste. C'est ainsi que j'ai appris, amusé, que les partis d'extrême droite européens, qui s'étaient unis pour former un groupe parlementaire reconnu et subsidié (eh oui...) se sont chamaillés, ont joué à «T'es plus mon ami!» et du coup le groupe a implosé et paf, plus de subsides!
C'est malin aussi, d'essayer de regrouper des gens qui ont comme idéal commun... la haine de l'autre! Ca marche quand on est deux et qu'on peut se renforcer à haïr un troisième, mais dans l'Europe des (combien encore? 15, 20, 25?), on va vite se retrouver à haïr le gars qui s'assied à la même table évidemment! Et donc voilà, comme tout le monde là-dedans n'a pas eu le bon goût de haïr en-dehors de l'Europe, ça a merdé quand la parlementaire italienne a dénigré les Roumains (qui à leur tour haïssent probablement les Hongrois, qui eux haïssent les Slovaques etc. etc.) et que les derniers sont partis en claquant la porte.
Vraiment, des querelles de cour de récréation!
Comme si on faisait ça, chez nous tiens! Essayer de former un gouvernement avec les andouilles régionalistes de tous poils, tiens, le FDF et la NVA par exemple...
Fri. 16th Nov. - We Shall Overcome [Joan Baez]
J'ai trouvé qu'ici les gens aiment en général faire simple. Par exemple pourquoi s'encombrer d'un volumineux code de la route quand quelques panneaux montrant les infractions et leur coût c'est bien plus simple et efficace. Et en jetant un œil auxdites amendes, eh bien, on se rend compte qu'on n'est en effet pas chez nous où on peut couper les cheveux en quatre pour 10 km/h d'excès 300 mètres après la fatidique plaque blanche d'agglomération sur l'autoroute... Jugez plutôt:- Bruler un feu rouge (ah, grande nouvelle: ça veut dire qu'il y en a!): 100 Roupies (2 Euros)
- Klaxon fantaisie : 100 Roupies
- Emprunter un sens interdit : 100 Roupies
- Phares éblouissants : 100 Roupies
- Téléphoner au volant : 300 Roupies (infraction grave, alors?)
- Conduite dangereuse : 100 à 300 Roupies (selon la cylindrée)
Enfin, pour faire encore plus simple que ça, c'est en fait à la tête du client, puisque l'amende se transforme quasi toujours en pot-de-vin au policier.
Fri. 16 Nov. - Tailler la zone [Souchon]
Lu ce matin en première page du Times of India:

Mes yeux se portent alors sur les petits dessins météo et... ouh là oui, c'est vraiment pas ordinaire: là il fait tout-de-même 19°, et attention, ça pourrait tomber jusqu'à 12°C ! Inouï! En plein novembre, vous n'imaginez pas???
Bangalore in grip of cold wave Et de poursuivre en déplorant l'hiver rigoureux qui sévit ici, avec des températures record (de froid) pour la période, le tout expliqué par la proximité du cyclone qui fout le bordel au Bangladesh. 
Mes yeux se portent alors sur les petits dessins météo et... ouh là oui, c'est vraiment pas ordinaire: là il fait tout-de-même 19°, et attention, ça pourrait tomber jusqu'à 12°C ! Inouï! En plein novembre, vous n'imaginez pas???
12 novembre 2007
Au cœur de la globalisation - Interlude
Pas de chance pour lui, j'ai un collègue qui est tombé malade. Il a pas fait les choses à moitié, et il est à l'hosto avec une fièvre typhoïde. Ah ça, vistier les pays exotiques, c'est bien excitant mais ça comporte des risques! Et donc le gars est tout tremblant de fièvre, alimenté au baxter, avec l'anus qui prend un air de pompe à bière un jour d'oberbayern.
Après une semaine de ce traitement, il commence à avoir de sérieux doutes sur la qualité de l'endroit et la compétence du médecin qui selon lui veut le garder alité beaucoup trop longtemps, et que d'ailleurs un bon signe qu'il n'est pas soigné correctement est justement qu'il traîne encore là! «Mais ils n'y connaissent rien en médecine ici! Chez moi, ce serait déjà réglé cette affaire!»
Ajoutant probablement à son inconfort, la nourriture qu'on lui sert ne lui semble pas du tout comestible (il y a donc pire que le hospital food: la même dans un pays étranger!). Avec les collègues, on lui apporte donc quelques rations de base, de quoi survivre dans ce monde barbare...
J'ai été le visiter deux fois, et pour ma part j'ai trouvé l'hopital et le médecin tout ce qu'il y a de plus communs. Ca reste l'hotel le plus cher que j'aie vu, mais le service est aux petits oignons...
On en était à arranger avec tout le monde qu'on allait le rapatier anticipativement dès que possible chez lui pour sa convalescence, quand le gars a décidé qu'il voulait sortir dimanche, contre l'avis du médecin, et qu'il allait rejoindre la civilisation, où on allait enfin le soigner comme il faut.
J'ai finalement réussi à le convaincre que ça n'allait pas aller comme ça et qu'il fallait se relaxer et attendre bien sagement que le médecin fasse son travail et que oui, il sait ce qu'il fait et c'est pas un guignol, et qu'il est aussi compétent que ceux qu'on trouve en Inde...
Il va repartir en gardant une idée sympa de la France en tous cas, le bonhomme... Et pour ma part, je me suis rendu compte que dans cette situtation, les scénarios sont parfaitement symétriques et que venir en France représente pour des voyageurs Indiens exactement la même insécurité vis-à-vis d'une destination exotique et un peu sauvage que le voyage inverse à nos yeux...
Après une semaine de ce traitement, il commence à avoir de sérieux doutes sur la qualité de l'endroit et la compétence du médecin qui selon lui veut le garder alité beaucoup trop longtemps, et que d'ailleurs un bon signe qu'il n'est pas soigné correctement est justement qu'il traîne encore là! «Mais ils n'y connaissent rien en médecine ici! Chez moi, ce serait déjà réglé cette affaire!»
Ajoutant probablement à son inconfort, la nourriture qu'on lui sert ne lui semble pas du tout comestible (il y a donc pire que le hospital food: la même dans un pays étranger!). Avec les collègues, on lui apporte donc quelques rations de base, de quoi survivre dans ce monde barbare...
J'ai été le visiter deux fois, et pour ma part j'ai trouvé l'hopital et le médecin tout ce qu'il y a de plus communs. Ca reste l'hotel le plus cher que j'aie vu, mais le service est aux petits oignons...
On en était à arranger avec tout le monde qu'on allait le rapatier anticipativement dès que possible chez lui pour sa convalescence, quand le gars a décidé qu'il voulait sortir dimanche, contre l'avis du médecin, et qu'il allait rejoindre la civilisation, où on allait enfin le soigner comme il faut.
J'ai finalement réussi à le convaincre que ça n'allait pas aller comme ça et qu'il fallait se relaxer et attendre bien sagement que le médecin fasse son travail et que oui, il sait ce qu'il fait et c'est pas un guignol, et qu'il est aussi compétent que ceux qu'on trouve en Inde...
Il va repartir en gardant une idée sympa de la France en tous cas, le bonhomme... Et pour ma part, je me suis rendu compte que dans cette situtation, les scénarios sont parfaitement symétriques et que venir en France représente pour des voyageurs Indiens exactement la même insécurité vis-à-vis d'une destination exotique et un peu sauvage que le voyage inverse à nos yeux...
07 novembre 2007
Au cœur de la globalisation - 1
A ma gauche: Les Français.
Dans cette banque (ça ne sert à rien de la nommer, je suis sûr que c'est toutes les mêmes, ce sera donc simplement "La Banque"), on retrouve les habituels managers (ceux qui causent) et les employés (ceux qui font, et qui sont pour la plupart contractants d'ailleurs). Typiquement, de temps en temps, un manager se dit qu'en plus de causer, il ferait bien de prendre une décision... Aaaaïe, c'est là que les ennuis commencent, l'aurait mieux fait de rester dans le giron de ses compétences, le gars, c'est comme ça qu'on l'aime.
Et donc voilà, ce jour-là le manager de l'informatique, il avait la gueule de bois, il s'était fâché avec sa femme, son équipe favorite avait perdu le match, je sais pas moi, mais il a décidé qu'il fallait outsourcer offshore, c'est-à-dire envoyer du boulot en Inde. Quoi? Comment? Qui? Aeuuuh, sais pas! D'ailleurs une décision par mois c'est bon comme ça hein? après, débrouillez-vous, c'est plus de mon ressort.
Du coup, La Compagnie de Consultance ("Coco") entre dans la danse: La Banque veut des hommes, on va lui donner (louer, eh!) des hommes. Ca tombe bien, c'est justement devenu depuis peu la spécialité de Coco: Louer des hommes.
Le principe est assez simple: La Banque est composée d'une multitude de cellules vaguement organisées en strucutre très peu cohérente, et chacune a droit à son quota de bonshommes: 1 ou 2 par-ci, 10 ou 20 par là (selon la taille de la voiture du chef de cellule, je pense). Après, ses bonshommes, il en fait plus ou moins ce qu'il veut, le chef de projet, de toute façon il doit rendre de comptes à personne. Idéalement, ils devraient travailler sur des projets.
Certaines cellules se sont retrouvées volontaires (bien souvent malgré eux d'ailleurs) pour démarrer l'offshoring. C'est-à-dire qu'au lieu de recevoir des chouettes bonshommes bien de chez nous qui connaissent le dernier bar branché à Paris, suivent le championnat de foot ou encore sont toujours partants pour faire le quatrième à la belote, ils vont recevoir des martiens venus de loin qui n'ont jamais mis les pieds à Paris, suivent le cricket et jouent au mangala, en plus d'accessoirement même pas parler Français et vivre à 8000 km de là! Mais bon, on n'en est pas encore là.
Dans cette banque (ça ne sert à rien de la nommer, je suis sûr que c'est toutes les mêmes, ce sera donc simplement "La Banque"), on retrouve les habituels managers (ceux qui causent) et les employés (ceux qui font, et qui sont pour la plupart contractants d'ailleurs). Typiquement, de temps en temps, un manager se dit qu'en plus de causer, il ferait bien de prendre une décision... Aaaaïe, c'est là que les ennuis commencent, l'aurait mieux fait de rester dans le giron de ses compétences, le gars, c'est comme ça qu'on l'aime.
Et donc voilà, ce jour-là le manager de l'informatique, il avait la gueule de bois, il s'était fâché avec sa femme, son équipe favorite avait perdu le match, je sais pas moi, mais il a décidé qu'il fallait outsourcer offshore, c'est-à-dire envoyer du boulot en Inde. Quoi? Comment? Qui? Aeuuuh, sais pas! D'ailleurs une décision par mois c'est bon comme ça hein? après, débrouillez-vous, c'est plus de mon ressort.
Du coup, La Compagnie de Consultance ("Coco") entre dans la danse: La Banque veut des hommes, on va lui donner (louer, eh!) des hommes. Ca tombe bien, c'est justement devenu depuis peu la spécialité de Coco: Louer des hommes.
Le principe est assez simple: La Banque est composée d'une multitude de cellules vaguement organisées en strucutre très peu cohérente, et chacune a droit à son quota de bonshommes: 1 ou 2 par-ci, 10 ou 20 par là (selon la taille de la voiture du chef de cellule, je pense). Après, ses bonshommes, il en fait plus ou moins ce qu'il veut, le chef de projet, de toute façon il doit rendre de comptes à personne. Idéalement, ils devraient travailler sur des projets.
Certaines cellules se sont retrouvées volontaires (bien souvent malgré eux d'ailleurs) pour démarrer l'offshoring. C'est-à-dire qu'au lieu de recevoir des chouettes bonshommes bien de chez nous qui connaissent le dernier bar branché à Paris, suivent le championnat de foot ou encore sont toujours partants pour faire le quatrième à la belote, ils vont recevoir des martiens venus de loin qui n'ont jamais mis les pieds à Paris, suivent le cricket et jouent au mangala, en plus d'accessoirement même pas parler Français et vivre à 8000 km de là! Mais bon, on n'en est pas encore là.
06 novembre 2007
Au cœur de la globalisation - Prologue
Comme je l'ai déjà écrit, ma mission actuelle c'est de participer à la grande fête mondiale de la globalisation: j'envoie le travail des Français en Inde. L'aventure est probablement assez originale pour mériter un petit feuilleton à épisodes. Après le blog, je publie le livre, on en fait un film co-production Bollywood-Canal+, j'outsource le tout, avec les royalties j'achète un palais à Chennai, j'embauche une armée d'Indiens que je lance à la conquête du monde et je deviens maître du monde, hniyark gnark gnark!
Allez, j'envoie l'épisode 1 demain!
Allez, j'envoie l'épisode 1 demain!
27 octobre 2007
Fri. 19 Oct. - Harry Potter and the Order of the Phoenix
Et me voilà de nouveau dans mon avion favori, le 747 qui me ramène à Toronto.
Le hall de l'aéroport est un endroit étonnamment relaxant pour moi. Non qu'il soit particulièrement confortable, bien sûr: un hall d'attente ordiniaire, avec ses marchands de bricoles de dernière minute, ses marchands de nourriture qui donne déjà un avant goût avancé de ce qui sera servi dans l'avion, ses retardataires qui courent, des enfants qui grouillent un peu partout, en particulier dans les pattes des derniers... Bref, on est loin du calme et de la sérénité d'un bon chez soi ou d'un salon d'hôtel confortable...
Mais je suppose que la raison d'un tel sentiment d'apaisement et de relâchement vient en fait du contraste avec l'heure d'avant, course effrénée contre la montre, bataille de tous les instants pour ne pas perdre la minute fatidique, attraper la correspondance, courir dans ces couloirs interminables, pousser la petite vieille qui bouche le passage sur l'escalator, retrouver ce fichu ticket de métro qui s'est perdu dans le fond de quelle poche encore?...
Enfin cette fois, c'était différent puisqu'ils étaient tous envacanc, euh, en grève (très étonnemment ils avaient prolongé la grève du jeudi le vendredi), et donc j'étais dans un taxi et c'était donc pour la poire du chaffeur de s'énerver dans le trafic.
Après ça, l'avion - dans la classe économique, on parle d'un standard de relaxation des plus rudimentaires - est aussi source de relâchement: je sais que j'y suis pour un bout de temps et que je n'ai rien de très intense ou urgent à y faire... lire le Monde, résoudre le sudoku du Monde, regarder du cinéma sur l'écran nain, bloguer un coup, dormir...
Et donc me voilà le nez sur Harry Potter et l'Ordre du Phénix et aïe, qu'est-ce qu'ils ont fait? Le casting est à côté de la plaque!
Dans le livre, j'aimais beaucoup la farfelue Tonks, que j'imaginais en petite grosse marrante avec des cheveux tout bouclés, peints en rose. Et là, c'est une bimbo jeune et séduisante, ça ne va pas du tout.
Une autre qui colle pas, c'est la Luna déjantée, que je voyais plus grande et plus dans la lune (forcément vu son nom).
Un peu décevant tout ça, alors que jusque là, Harry et ses potes étaient plutôt bien tapés.
Le hall de l'aéroport est un endroit étonnamment relaxant pour moi. Non qu'il soit particulièrement confortable, bien sûr: un hall d'attente ordiniaire, avec ses marchands de bricoles de dernière minute, ses marchands de nourriture qui donne déjà un avant goût avancé de ce qui sera servi dans l'avion, ses retardataires qui courent, des enfants qui grouillent un peu partout, en particulier dans les pattes des derniers... Bref, on est loin du calme et de la sérénité d'un bon chez soi ou d'un salon d'hôtel confortable...
Mais je suppose que la raison d'un tel sentiment d'apaisement et de relâchement vient en fait du contraste avec l'heure d'avant, course effrénée contre la montre, bataille de tous les instants pour ne pas perdre la minute fatidique, attraper la correspondance, courir dans ces couloirs interminables, pousser la petite vieille qui bouche le passage sur l'escalator, retrouver ce fichu ticket de métro qui s'est perdu dans le fond de quelle poche encore?...
Enfin cette fois, c'était différent puisqu'ils étaient tous en
Après ça, l'avion - dans la classe économique, on parle d'un standard de relaxation des plus rudimentaires - est aussi source de relâchement: je sais que j'y suis pour un bout de temps et que je n'ai rien de très intense ou urgent à y faire... lire le Monde, résoudre le sudoku du Monde, regarder du cinéma sur l'écran nain, bloguer un coup, dormir...
Et donc me voilà le nez sur Harry Potter et l'Ordre du Phénix et aïe, qu'est-ce qu'ils ont fait? Le casting est à côté de la plaque!
Dans le livre, j'aimais beaucoup la farfelue Tonks, que j'imaginais en petite grosse marrante avec des cheveux tout bouclés, peints en rose. Et là, c'est une bimbo jeune et séduisante, ça ne va pas du tout.
Une autre qui colle pas, c'est la Luna déjantée, que je voyais plus grande et plus dans la lune (forcément vu son nom).
Un peu décevant tout ça, alors que jusque là, Harry et ses potes étaient plutôt bien tapés.
20 octobre 2007
Mon. 8 Oct. - Aint It Funny [Shakira]
Petits couacs à part, j'aime *vraiment* le système, qui est d'ailleurs apparemment très populaire. Il y a des parcs à vélo un peu partout en ville (assez proches l'un de l'autre) et on loue un vélo pour 1€, en une opération facile avec une carte banque. A destination, on remet le vélo dans un autre parc et c'est tout. Alors le dimanche, quand il fait beau, qu'ils ont coupé la circulation aux voitures sur les quais de la Seine, ça devient tout bonnement du vrai bonheur! En plus quand l'alternative est d'être comprimé comme une sardine dans un métro souterrain...
Samedi soir, la ville lumière est restée allumée pour cause de "nuit blanche", l'événement d'art contemporain nocturne, avec des installations et expositions un peu partout en ville. J'ai été vraiment très surpris par l'engouement pour l'événement, que je croyais en général réservé à un public très averti. Sur les Champs Elysées, il y avait une foule de gens en délire, brandissant des drapeaux français et chantonnant à tue-tête, surprenant vraiment! D'autres roulaient en voiture ou en moto, tous klaxons dehors et parfois à 10 par voiture (ça me rappellait Bangalore, c'est fête tous les jours là-bas!), tout autant en délire que les pédestres... Curieux, j'ai tendu l'oreille pour voler quelques commentaires sur l'histoire, comprendre comment l'art peut avoir une influence aussi marquante, mais je n'ai pas tout compris: "essai transformé", "il s'en est fallu de peu", "on est les meilleurs", "ligne défensive", "demi-finale", "champions du monde", "comme en 80-18", "les champions de l'ovale"...
J'ai cru comprendre qu'en début de soirée, une des installations a été retransmise dans tous les pubs et bars de la ville, un espèce de mime qui se joue à 30 grands costaux avec un ballon et des grands piquets.
Ah là là, me dites pas qu'ils vont gagner, on va encore en avoir pour nos oreilles pendant 4 ans!
17 octobre 2007
Wed. 17 Oct. - Gold Lion [Yeah Yeah Yeahs]
En allant dans ce bon petit resto français du terroir, j'ai essayé de me réconcilier avec l'Andouillette (en fait j'aime son nom: il me fait rire), en la prenant en entrée, question de limiter les risques.
La dernière fois, j'avais conclu l'expérience précipitemment, mais elle avait des circonstances atténuantes: cantine de société. Et les collègues de m'affirmer que je ne devais pas rester sur cette mauvaise expérience, que tiens voilà l'adresse DU spécialiste mondial de l'andouillette, etc. etc.
Et me voilà donc devant un exemplaire de meilleure qualité. Eh bien non, ça a toujours ce goût de viande de porc avariée, ou plus précisément de ce morceau de bidoche teigneux qui est allé se coincer dans une dent du fond et qu'on retrouve 2 heures après le repas, suite à un intense exercice de gymnastique de la langue. Bref, ragoûtant au possible! Le tout noyé dans un gelée non sans rappeler la tête-pressée, mmmh, rien que du bon!
Donc non, plus d'Andouillette c'est définitif!
D'ailleurs, Wikipedia renseigne l'Andouillette au rang des goûts acquis, au même titre que le boudin, les câpres, le chèvre, le Dr. Pepper, le Pho et le whisky...
La dernière fois, j'avais conclu l'expérience précipitemment, mais elle avait des circonstances atténuantes: cantine de société. Et les collègues de m'affirmer que je ne devais pas rester sur cette mauvaise expérience, que tiens voilà l'adresse DU spécialiste mondial de l'andouillette, etc. etc.
Et me voilà donc devant un exemplaire de meilleure qualité. Eh bien non, ça a toujours ce goût de viande de porc avariée, ou plus précisément de ce morceau de bidoche teigneux qui est allé se coincer dans une dent du fond et qu'on retrouve 2 heures après le repas, suite à un intense exercice de gymnastique de la langue. Bref, ragoûtant au possible! Le tout noyé dans un gelée non sans rappeler la tête-pressée, mmmh, rien que du bon!
Donc non, plus d'Andouillette c'est définitif!
D'ailleurs, Wikipedia renseigne l'Andouillette au rang des goûts acquis, au même titre que le boudin, les câpres, le chèvre, le Dr. Pepper, le Pho et le whisky...
15 octobre 2007
Mon. 15 Oct. - I Drove All Night [Cindy Lauper]
Je viens de recevoir en pleine figure la constatation que les chambres d'hôtel n'ont pas de mémoire. Hier soir, c'était le foutoir ici suite à notre retour d'une escapade dans le Val-de-Marne. Ce matin encore, même foutoir sur fond olfactif de vieille pizza froide.
Je rentre du boulot ce soir: tout est nickel, plus une trace, la chambre est comme neuve. Kalila est dans l'avion et l'hôtel ne se souvient pas de son passage.
Enfin, le côté positif de l'histoire, c'est que je vais avoir un peu de temps pour poster quelques histoires, après les avoir vécues...
Au passage, je me permets de recommander très vivement le manoir où nous avons passé le week-end: A 1 heure de Paris, en rase campagne, une propriété superbe et des hôtes charmants... le pied!
Le manoir de Beaumarchais
Je rentre du boulot ce soir: tout est nickel, plus une trace, la chambre est comme neuve. Kalila est dans l'avion et l'hôtel ne se souvient pas de son passage.
Enfin, le côté positif de l'histoire, c'est que je vais avoir un peu de temps pour poster quelques histoires, après les avoir vécues...
Au passage, je me permets de recommander très vivement le manoir où nous avons passé le week-end: A 1 heure de Paris, en rase campagne, une propriété superbe et des hôtes charmants... le pied!
29 septembre 2007
Sat. 15 Sep. - Precious Thing [Tori Amos]
La vue

Une chose est sûre: ici, les gens aiment la couleur. Des saris fabuleux aux chemises flashy d'un goût nettement plus douteux des hommes, en passant par les statuettes de Ganesh orange fluo et les temples barbouillés en arc-en-ciel, on est loin de la sobriété parfois un peu terne de Toronto!
L'ouïe
La, c'est simplement la catastrophe! Les rues sont complètement saturées, ce qui est déjà pas mal un plaie en soi, et qui devient une véritable calamité auditive quand on comprend la conduite à l'indienne: ici, on n'utilise pas les feux clignotants: on klaxonne. On klaxonne pour avertir qu'on tourne. Ou qu'on freine. Ou encore qu'on accélère, qu'on passe à gauche, à droite, qu'on approche du virage, qu'on prend la route en sens interdit, qu'on décroche le téléphone, qu'on pète au volant, qu'on respire... Bref, c'est un concert incessant. Passé l'amusement que cela occasionne les quelques premiers jours, j'imagine que ça peut devenir sérieusement agaçant.
Le toucher
Peux pas toucher!
Une chose est sûre: ici, les gens aiment la couleur. Des saris fabuleux aux chemises flashy d'un goût nettement plus douteux des hommes, en passant par les statuettes de Ganesh orange fluo et les temples barbouillés en arc-en-ciel, on est loin de la sobriété parfois un peu terne de Toronto!
L'ouïe
La, c'est simplement la catastrophe! Les rues sont complètement saturées, ce qui est déjà pas mal un plaie en soi, et qui devient une véritable calamité auditive quand on comprend la conduite à l'indienne: ici, on n'utilise pas les feux clignotants: on klaxonne. On klaxonne pour avertir qu'on tourne. Ou qu'on freine. Ou encore qu'on accélère, qu'on passe à gauche, à droite, qu'on approche du virage, qu'on prend la route en sens interdit, qu'on décroche le téléphone, qu'on pète au volant, qu'on respire... Bref, c'est un concert incessant. Passé l'amusement que cela occasionne les quelques premiers jours, j'imagine que ça peut devenir sérieusement agaçant.
Le toucher
Peux pas toucher!
27 septembre 2007
Sun. 16 Sep. - Hit that [Offspring]
L'odorat

L'odeur dominante pour l'instant est celle de l'air conditionné en cycle fermé, ce qui n'est pas très représentatif, évidemment. Ce qui l'est plus, et qui est la raison principale du "cycle fermé", c'est l'omniprésente odeur d'échappement des Rickshaws, ces infernaux taxi-tricycles montés sur moteur de tondeuse à gazon, et qui donnent un air de suicide au monoxyde de carbone à toute la ville.
L'odeur dominante pour l'instant est celle de l'air conditionné en cycle fermé, ce qui n'est pas très représentatif, évidemment. Ce qui l'est plus, et qui est la raison principale du "cycle fermé", c'est l'omniprésente odeur d'échappement des Rickshaws, ces infernaux taxi-tricycles montés sur moteur de tondeuse à gazon, et qui donnent un air de suicide au monoxyde de carbone à toute la ville.
26 septembre 2007
Sat. 22 Sep - Only Happy When It Rains [Garbage]
L'inde en 5 sens...
Le goût
Ici, je suis encore vivant (= je n'ai pas encore touché aux explosifs sur mon assiette), devant une table de cuisine sud-indienne (du Kerala): feuille de bananier (qu'on ne mange pas), soupe piquante, crottes de brebis (je crois que ce sont des chouffleurs en fait) piquants, pain qui sert d'ustensile à manger la sauce aux lentilles (piquante) et les morceaux d'agneau (piquant) marinant dans sa sauce au chutney (euh... devinez). A ma gauche, dans la bouteille en plastique, c'est de l'eau, cadeau des dieux et seul répit pour les papilles...
Mon. 24 Sep. - Celebrity Skin [Hole]
Je dois avouer qu'ils ont pas fait les choses à moitié pour rendre mon séjour agréable et excitant: je vous ai déjà parlé quelques fois de cette drôle de coupe du monde de football qui se joue avec une batte, des wickets et des positions ridicules. Ils se sont donc arrangés pour faire coïncider la finale avec ma date de départ, qualifier leur équipe nationale pour jouer en finale, et même finalement gagner la finale!
Et c'est là qu'on se rend compte qu'il s'agit bien, malgré les apparences, d'une coupe du monde de foot: Les pubs sont envahis de gars qui boivent de la bière et hurlent devant les écrans de télé, et à la fin du match, il y a des tas d'idiots qui klaxonnent en rue (enfin ça, ça change pas beaucoup de l'ordinaire!) en agitant des drapeaux. Vous voyez: ici ou ailleurs, c'est toudi la même chose!
24 septembre 2007
Mon. 24 Sep. - La Dernière Heure
C'est revenu! La finale de la coupe du monde de cricket ce soir va opposer l'Inde ... au Pakistan! Et rebelote, on est de nouveau à deux doigts de la guerre nucléaire ici!
Et justement, c'est ce soir que je m'envole pour la France: j'ai toutes les chances que mon avion survole le Kashmir, soit pris par les uns comme une intrusion illégale et arrogante de la part des autres sur leur territoire et soit envoyé par le bas à coups de missiles sol-air.
Ou soit touché par les mêmes missiles mis à feu par les militaires saoûls fêtant la victoire et en mal de feu d'artifices.
Bref, je risque ma vie!
Bon, pour au moins être sûr d'arriver vivant jusqu'à l'avion, «Allez Inde!»
(image © yahoo.com)
21 septembre 2007
Fri. 21 Sep. - Sugar Coma [Courtney]
Comme on s'y attendait, prendre sa voiture pour traverser la ville est à chaque coup une mission périlleuse. Le résultat? Hier, un des gars de l'équipe m'écrit qu'il ne viendra pas parce qu'il doit passer à l'hosto pour un gros bobo au genou suite à une chute de moto. Un autre boîte. Aujourd'hui, un autre gars débarque avec un bras en écharpe... Ils ont l'air de s'esquinter facilement, les pauvres!

On comprend vite la raison quand on se retrouve dans la circulation, au milieu de la bataille: le code de la route, ici, c'est tout au plus un ensemble de suggestions, de bonnes pratiques, vaguement respectées par une partie des mobiles (et en plus, il faut compter avec la surprise des obstacles mobiles que sont les vaches sacrées!)
On comprend vite la raison quand on se retrouve dans la circulation, au milieu de la bataille: le code de la route, ici, c'est tout au plus un ensemble de suggestions, de bonnes pratiques, vaguement respectées par une partie des mobiles (et en plus, il faut compter avec la surprise des obstacles mobiles que sont les vaches sacrées!)
20 septembre 2007
Thu. 20 Sep. - All the small things [Blink 182]
Un petit point MarketWatch, pour marquer l'événement, tiens:
Jetez un coup d'œil là en-bas, aux cours de change:
Le dollar canadien est à 1 pour mille de rattraper la valeur du dollar U.S. Ce dernier est en effet en train de dégringoler sérieux. Bon, vu la junte qui occupe la maison blanche depuis 7 ans, ce n'est que normal, mais quand on atteint ce genre de paliers, ça étonne toujours.
A l'inverse, le SENSEX, l'index des valeurs indiennes côtées au BSE (Bombay Stock Exchange) est en progression de 60% sur 1 an et demi, et leur roupie se porte comme un charme.
En conculsion, j'enverrai bien mes dollars U.S. en état de déliquescence avancée vers des terres plus prometteuses...
En seconde conclusion, les Etats-Unis vont bientôt devenir une terre de vacances sympa et bon marché. Enfin, sympa pour autant qu'on évite les villes fantômes pleines de maisons modestes vides et mises en vente forcée suite au défaut de payement des propriétaires (qui eux,, n'occupant plus lesdites maisons, campent dans les parcs?). Ambiance morose assurée!
Jetez un coup d'œil là en-bas, aux cours de change:
Le dollar canadien est à 1 pour mille de rattraper la valeur du dollar U.S. Ce dernier est en effet en train de dégringoler sérieux. Bon, vu la junte qui occupe la maison blanche depuis 7 ans, ce n'est que normal, mais quand on atteint ce genre de paliers, ça étonne toujours.
A l'inverse, le SENSEX, l'index des valeurs indiennes côtées au BSE (Bombay Stock Exchange) est en progression de 60% sur 1 an et demi, et leur roupie se porte comme un charme.
En conculsion, j'enverrai bien mes dollars U.S. en état de déliquescence avancée vers des terres plus prometteuses...
En seconde conclusion, les Etats-Unis vont bientôt devenir une terre de vacances sympa et bon marché. Enfin, sympa pour autant qu'on évite les villes fantômes pleines de maisons modestes vides et mises en vente forcée suite au défaut de payement des propriétaires (qui eux,, n'occupant plus lesdites maisons, campent dans les parcs?). Ambiance morose assurée!
19 septembre 2007
Wed. 19 Sep. - Le mix du lounge bar de l'hôtel [Dans le lounge bar de l'hôtel]
Comme je suis, là, en train de blogger en wireless, affalé sur un des divans du lounge bar de l'hôtel (je commence pas à me répéter sur celle-là?), avec un bon thé chai masala (oui, d'autres auraient probablement opté pour le verre de Talisker ou le vodka martini, shaken, not stirred) pour digérer le très bon buffet de produits de la mer du Leela Palace, écoutant alternativement le très bon beat du mix des DJ du jour (hier, dans le resto, on a eu droit à de la musique arabisante, pas mal du tout aussi d'ailleurs) et les débordements de joie du personnel du fait que l'Inde est en train d'étaler les Brittons au cricket (je viens juste d'assister à un wagonwheel, soit une série de six sixes (= les homeruns du base-ball)) je me dis que là, tout de même, y a pas à dire,... je suis bien!
Je sais pas si je l'ai déjà assez dit, mais après presque une semaine, je suis toujours aussi amoureux de l'Inde. Malgré l'état général de la ville, les différences sociales incroyables, le manque criant d'infrastructure, les embouteillages pas possibles et la pollution qui en ressort, je sais pas, il y a un truc magique. Les gens sont serviables, souriants, aimables, amusés, accueillants, colorés, et ont l'air de prendre la vie du bon côté, de rester zen en toute occasion (ce qui par ailleurs n'en fait pas des bêtes de ponctualité - même moi je m'en suis rendu compte!). On sent bien que s'ils règlent les quelques problèmes logistiques du début du paragraphe, l'endroit a tout pour devenir un paradis (quoique, assez peuplé, le paradis).
Comme je suis le genre de gars qui aime partager ses expériences, je suis tout prêt à céder ma place à qui veut sauter sur l'occasion dès l'an prochain. Pour postuler, il faut (1) Parler Français, (2) Avoir plus ou moins mon profil professionnel (taille moyenne, cheveux longs, DrMartens... ah non, je m'égare). A la clé: voyages, dépaysement, extase gustative, confort, luxe et service inégalés, choc culturel garanti.
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