14 février 2007

Wed. 14 Feb. - Electric Chair [ANET]

Eh bien voilà, ça fait un an maintenant! Il est donc de bon ton (quoi que finalement très conformiste) de faire un chtit bilan de l'expérience...
Je retrouve Toronto exactement dans l'état dans lequel je l'avais trouvée en arrivant: froide et blanche.


A l'inverse de l'an dernier toutefois, je ne me perds plus dans le PATH, j'arrive à trouver un magasin du premier coup dans Eaton Center (il y a un Apple Center dans Eaton, plus besoin de courir au bout de la ville), je sais où me procurer un bon steak, du dentifrice, un bon film, des bandes dessinées, une boîte de Spam ou des chips, je ne m'étonne plus de trouver l'eau minérale dans le même rayon que les crèmes vaginales, j'ai une raison de me battre pour réserver une table dans un resto ce soir (hint: regardez la date), je me suis fait à l'idée de manger mon dîner dans un ravier en polystyrène et boire mon café dans un gobelet en carton,...

J'ai mis à profit mes 52 semaines pour mener rondement un beau petit projet de développement, emballé, expédié et reconnu: du beau travail!
J'ai profité de mes 52 week-ends pour (surtout pas faire la même chose!) quadriller la ville et ses parcs à vélo, visiter toutes les villes atteignables en voiture, me prélasser et mater des fesses sur toutes les plages de l'Ontario, me balader dans toutes sortes de coins perdus, fréquenter quelques hauts-lieux de la vie nocturne (oui enfin là, je n'ai sûrement visité que le sommet de l'iceberg), aller skier un peu mais de loin pas assez!

J'ai joui d'une vie sociale assez riche, faite d'amitiés solides et indefectibles, d'amitiés à distance, de mails, de blogs (plus d'un message tous les trois jours, je suis prolixe!) et de webcams, j'ai savouré la présence de quelques visiteurs, j'ai profité de mes visites au grand-méchant pays d'à-côté, j'ai rencontré des tas de gens sympas ou moins, d'ici et d'ailleurs, des grands et des petits, des gentils et des méchants, j'ai pas mal fréquenté et courtisé (mais, tel Jean-Claude - chuis sur un coup, là! - Dus*, je n'ai pas brillé dans l'aspect "conclusion"), j'ai construit de nouvelles amitiés solides (ces gens qui se mettent même à m'appeler de leur propre initiative, ça me fait tout drôle!) ou moins (tel Ann, qui sur les 87 fois où je l'ai invitée à luncher, a tout de même accepté 3 fois).

J'ai évidemment eu froid (très froid), je me suis énervé sur Theresa et mes développeurs (j'en ai même viré un, tiens!), j'ai eu des soirées de déprime, je me suis souvent demandé, au mileu d'un repas ou d'une soirée, ce que je foutais là, j'ai eu quelques déceptions, la tristesse de voir des amis me quitter, la nostalgie du pays, j'ai bouffé des tas de cochoncetés, pas assez dormi, mais pas un instant je n'ai regretté d'être venu ici.

La suite?
Ma prochaine escale en Belgique: le 27 avril, pour une semaine (complète). Il n'y a plus de vols directs, donc je dois faire escale quelque part: j'exclus d'office les New York, Chicago et Washington, associés à des tas d'emmerdes inutiles. Ca laisse donc Londres, Francfort, Paris et ... Zürich, tiens?... Je passerais bien faire un petit coucou aux vaches Milka, non?

Et puis, je devrais aller visiter Cuba vite tant que Fidel y est pour tenir les hordes de touristes américains à l'écart (Cuba c'est le paradis des Canadiens... imaginez c'est un peu comme si la Corse était fermée au tourisme de toute l'Europe sauf les Belges), aller skier dans les Rocheuses et visiter la Baie d'Hudson tant que je suis dans le coin.


C'est exactement la même vue que la photo du dessus, mais quelques heures plus tard.

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(*) Des "Bronzés font du ski", allez revoir vos classiques!

07 février 2007

Wed. 7 Feb. - Daddy Cool [ah non tiens, pas Placebo?]

Même aller acheter du lait au Paki du coin devient toute une expédition (ça fait tout de suite 20 m à découvert, mais on m'a raconté que par -60°, le simple fait de respirer vous cristallise instantanément les alvéoles pulmonaires, donc je suis prudent...)!

A propos du «Paki du coin» (qui s'appelle le «dépanneur» à Montréal, et le «nightshop» en Français, à ne pas confondre avec «Convenience Store» en Anglais), le mien était tenu par une bande de Turcs qui ont gagné ma sympathie et mon respect en m'approvisionnant en eau de Spa. Eh bien, je sais pas trop ce qui leur est arrivé, mais depuis peu c'est une bande de Chinois qui tient la boutique. Je trouve ça très comique de voir les Chinois vendre du Loukoum, du Houmous, des saucisses Kolbassa, des Baklava et des Samosas... Mais je me demande combien de temps ça va leur prendre pour te nous transformer tout ça en nems, loempias et jus de lychees.

Wed. 7 Feb. - !@*$%# [Fischerspooner]

Waugh! Nondidju de saleté de pays! L'hiver c'est pas de la blague ici! Ce truc infernal qui me gèle les couilles me suit partout! Ce week-end, il nous est tombé dessus quand on est sorti de chez moi (voyez le genre: le bout du nez tout rouge; on a l'impression que les oreilles, toutes gelées, ont dû se détacher et tomber quelque part; quand le vent souffle un coup on n'arrive même plus à respirer...), du coup on a voulu faire les malins et le semer en prenant le métro, mais voilà qu'il nous attendait à la sortie à Bathurst station, le filou!




Là je trouve qu'ils y ont été assez fort: ils ont carrément gelé le lac! Oui, ça y est, boum, plus besoin de la malle pour aller sur l'île, il suffit de prendre ses patins!

Un truc qui m'a beaucoup étonné, c'est que j'ai vu ressortir de l'eau le canard qui y a plongé. Je n'imagine pas une seconde ressortir de l'eau si daventure j'avais la mauvaise idée d'y faire un plongeon! J'assimile assez peu l'histoire que me racontaient hier soir ces Russes sur les gros pleins morts (le terme est une réminiscence du temps du chigé2 :-) qui nagent dans la Volga pour dessaoûler, après avoir scié leur trou dans la glace.

03 février 2007

Sat. 3 Feb. - Fly on the windscreen [Depeche Mode]

Sale temps pour les mouches, là aujourd'hui on peut dire que ça commencer à canner sec. Fini les hivers doux et les questions sur le global warning. Par -16°, on ne réfléchite plus, on grouille se réfugier au chaud. Ou plutôt, on reste au chaud. Les possibilités de sorties sont sérieusement réduites, qui plus est, les gens qui sont déjà pas très sorteurs par défaut, ont une excuse en béton maintenant. Et même moi je me dégonfle quand je vois le froid par la fenêtre (oui, ça se voit qu'il fait froid dehors, brrrr..... j'en frissonne rien que d'en parler).

Enfin, dans toute cette adversité, Mike et Avideh (qui quittent le pays dans une semaine) ont décidé d'aller faire leurs adieux au charmant petit village de Niagara-on-the-Lake et j'en profite donc pour renouer avec le voyage (le petit voyage), puisque j'ai pas bougé d'ici de tout le mois de janvier. A part ça, je me retrouve dans la position assez étonnante où j'ai des tas d'invitations et de propositions qui me tombent dessus sans que j'aie à courrir derrière, ça me change!
Enfin, l'étape suivante, c'est que j'apprenne à faire preuve de discernement, pas me laisser embarquer dans des plans consistant à fournir une audience au crétin qui fait étal de sa réussite sociale à grands renforts de grosses bagnoles, machins électroniques inutiles et dernier cri, et autres histoires où il n'oublie pas d'exhiber l'étiquette du prix... J'adore!... Ca me rappelait pas mal Patrick Bateman et ses copains dans American Psycho. Un peu plus de détails bientôt, là je sors.

Sat. 3 Feb. - All over the World [Pixies]

(<- Les chutes du Niagara, détail)
La suite, donc...

Le temps n'est pas franchement à mettre le nez dehors, mais par contre, que c'est beau quand on observe tout ce froid depuis l'intérieur confortable d'un resto chaleureux et campagnard, avec des bûches qui crépitent au coin du feu (oui enfin, en matière de feu, ces Canadiens sont surtout très forts pour faire le coup du feu en plastique -- quoi que ce coup-ci on a eu droit à des vraies flammes, qui sortaient d'un vrai bec à gaz! -- J'imagine que c'est pour mieux s'accorder avec les fleurs en plastique, les briques en plastique de la façade, le marbre en plastique, le bois en plastique,...).
Ce resto fait partie du Peller Estates, qui est une cave à vins. Pour promouvoir leurs vins, ces gens ont eu la bonne idée de convertir une aile de leur fermette (c'est quoi, le nom des bâtiments des vignerons?) en un resto ma foi très recommandable où la carte sert de prétexte à un voyage gustatif fait de Merlots, de Cabernet Sauvignons, de Muscats ou de Gewürztraminers produits dans un rayon de 5km d'ici. Et si on a aimé, ça tombe bien, on peut justement passer à la boutique pour en ramener quelques souvenirs à la maison (pour ma part, j'ai beaucoup aimé la soupe à l'oignon, mais je n'en ai pas trouvé dans la boutique... dommage!)


Mike qui tente d'expliquer à Aderyn, sa fille, la différence entre le Merlot et le Pinot.

(ils ont pas All Over The World, mais Cecilia Ann fait bien l'affaire)

22 janvier 2007

Fri. 19 Jan - Porque Te Vas [Jeanette? Cékiça?]

Dans quel film de Claude Sautet Romy Schneider donne-t-elle la réplique à Michel Piccoli?

19 janvier 2007

Fri. 19 Jan. - For America [Red Box]

(Eh oui, j'ai retrouvé ce vieux machin de 1987... yodeli yodela yeah)

On va causer un peu boulot aujourd'hui, faute d'en avoir fait...
Pour rappel, j'ai fini le projet EBO en décembre et j'ai vraiment commencé sur le suivant début janvier.
En un mot, c'est que du flan.

Du temps de EBO, on passait 100% du temps a travailler (= produire quelque chose), et la chef de projet passait encore quelques soirs, sans emmerder personne, pour mettre à jour ses rapports d'avancement et ce genre de bazar, puis faire le point avec les comités de direction etc.
C'était parfois un peu dur, des longues journées, un p'tit week-end par ci par là, mais c'était totalement excitant, je voyais l'édifice progresser petit-à-petit, le travail qui avance, une brique après l'autre...

Maintenant, c'est le contraire. Bienvenue dans le monde de la consultance: il n'est pas tant question de produire quoi que ce soit d'intéressant, mais surtout de faire beaucoup de bruit et de vent... Donc pour chaque heure passée à produire un truc, il y en a au moins 5 pour prévoir le travail, le planifier, le mettre en perspective, faire un rapport préliminaire, faire un (ou des) rapport(s) d'avancement intermédiaire(s), voir où en sont les delivrables, faire un weekly status meeting, en parler à gauche à droite, être sûr que tout le monde a bien compris qu'on a travaillé dur pour produire ce machin, probablement glisser un petit "jusqu'à 11h hier soir", ou "dimanche matin à 7h". Et puis en remettre une couche encore, «ouh là là, qu'est-ce qu'on a bossé comme des brutes» chaque fois qu'un galonné passe dans les bureaux. A les entendre brailler, on se dit qu'on vient d'achever les Pyramides, je suis donc assez étonné de voir que ce qui a véritablement été produit tient en quelques présentations PowerPoint d'une vingtaine de pages...

Comment expliquer ce tour de passe-passe? Eh bien, prenons le temps de disséquer la portion grasse(*) de la journée d'un consultant: la réunion. Elle se décline en plein d'espèces différentes, mais en règle générale il s'agit d'un dialogue entre deux personnes, avec un nombre variable d'autres gars qui somnolent dans la même salle (ou pendus au téléphone). Une fois sur deux, le dialogue n'intéresse même pas les deux intéressés (oui, je n'ai pas pris la peine de mentionner que une fois sur une, il n'intéresse pas les 5 somnolents), et du coup, 100% des participants ont «bossé dur» ... à combattre l'endormissement, mais ça s'arrête à peu près là. Faire? Agir? Construire? Comment? Attendez, on doit reprogrammer une autre réunion pour en parler!

J'ai réussi à retrouver un document historique qui prouve que ce n'est pas neuf du tout: Voir ce documentaire unique et antique (en Anglais)

A côté de ça, il faut encore ajouter cet élément essentiel du travail: attendre. En effet, chaque document doit être soigneusement relu, revu, corrigé, approuvé par une quantité impressionnante de gens, puis il faut aussi relire les révisions, corriger les relectures, approuver les corrections, enfin, une explosion combinatoire d'allers-retours qui fait qu'un nombre non négligeable de personnes peuvent perdre un temps tout à fait conséquent à ne rien faire d'utile sur la phase de finalisation d'un document. Je suppose que le consensus est à ce prix...
Mais c'est pas fini! Question de mettre un peu de piment dans tout ce processus, on distribue des grades à tous ces gens, et alors selon son grade, le gars a le droit de prendre plus ou moins de temps, et d'être plus ou moins chiant dans sa relecture/révision/... Parfois aussi, il a le droit de dire des âneries pas possibles et les autres doivent faire semblant de le croire (Tiens, je ne l'ai pas encore rencontré celui-là, je suppose que ça va arriver...).

Lors d'une réunion du début de la semaine, la chef de projet a déclaré le «Crunch Time»: c'est une sorte de période d'alerte, où toute l'équipe est censée être mobilisée en permanence (nuit et jour, 7 jours/7). En conséquence, j'ai bien dû travailler 20 heures cette semaine, y compris suivre la keynote d'Apple sur l'introduction de l'iPhone et lire les news. Bah, je dois m'estimer heureux, les consultants qui ne sont pas sur mon projet ont bien dû bosser 3 heures sur la semaine...

Bon, je devrais être un peu moins con et pas raconter tout ça en public, et profiter de la chance que j'ai de pouvoir "gérer mon temps de travail", mais je suppose que mes collègues ne me lisent pas (sinon: «Coucou!»), ou qu'ils le prendront avec le sourire :-)

Nondidju pourquoi est-ce que ces andouilles ont choisi d'acheter ce machin, au lieu de le construire???? Ca, c'était un projet bandant, foutredieu!!


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(*) J'ai cherché un peu partout (dans les tiroirs, sous le lit...) pour une expression équivalente, qui utilise des patates ou du pain, ou meat & potato, mais j'ai pas trouvé. Si quelqu'un voit ce dont je parle, merci de me l'envoyer

18 janvier 2007

Thu. 18 Jan. - L'Internationale Boursière [René Binamé]

Je me permets avant tout de féliciter ces artistes qui privilégient la distribution libre de leurs œuvres au fait d'y voir un acte commercial... et donc de vous inviter sur leur site de téléchargement où une bonne partie de leur œuvre est disponible en téléchargement libre et gratuit. Prenez et écoutez-en tous!

Allez, une petite critique cinéma en quatrième vitesse.
Pour je ne sais quelle raison de curiosité mal placée, j'ai regardé le film Basic Instinct, deuxième du nom. Comme j'avais vu le premier quand j'étais adolescent ou pas loin, il avait fait bel effet sur moi, probablement que j'avais été ébloui par le jeu d'acteur de Sharon Stone (en particulier son jeu de jambes).

Alors dans le second épisode, on retrouve la même Sharon qui n'a pas pris une ride. Enfin, à la façon de Cher, quoi: elle s'est fait retendre la face dans tous les sens et a troqué ses rides contre un air de momie vivante. Quant à son jeu d'acteur, elle a dû l'oublier à la maison...
Le film lui-même ressemble assez bien à un film porno dont on aurait coupé les scènes un peu trop explicites (à l'excpetion notoire de la longueur du film, évidemment!). Donc on a droit à un film où le scénario ne tient pas debout, le tournage ne ressemble à rien, les acteurs ne savent pas jouer, même la prise de son est mauvaise (la V.O. devait valoir une V.F. d'un téléfilm petit budget peut-être?), et il y a des belles voitures et des (ex-)jolies filles. Le tout se traînant sur presque 2h, c'était vraiment bien!

Par ailleurs, j'ai vu le film "Bon cop bad cop", un film canadien tourné à Montréal et Toronto (c'est comique de voir ma ville dans un film!), rencontre improbable entre le bon flic ontarien très correct, respectueux des règles et un peu coincé et le ripoux québecois, ordurier et expéditif, beau gosse et séducteur, qui doivent résoudre une affaire de meurtres en série lié au hockey (j'ai rien compris au mobile... le hockey reste encore un mystère dans ma découverte du pays). Le tout sur toile de fond de grande fraternité interlinguistique (tu parles!). Le film est en bilingue Anglais/Québecois (c'est assez original) renforcé de moult clichés de part et d'autre (les filles québecoises sont vraiment chaudes et faciles?). Le tout m'a beaucoup fait rire, et heureusement que les parties québecoises du film étaient sous-titrées (non non, je ne niaise pas! ils ont un calice d'accent pas possible, tabernacle! :-).

On devrait glisser à l'oreille de quelqu'un d'en faire un remake "Bon filc slecht flic", je suis sûr qu'il y a de quoi faire aussi, potferdoem! J'ai vraiment apprécié le caractère bilingue du film, on devrait généraliser ça chez nous aussi tiens!

-- Bon, sur ce, je dois revoir "Bienvenue en Suisse", tiens, comme prélude à une possible future transition ;-)

14 janvier 2007

Sun. 14 Jan. - At Ease [P.I.L.]

On n'en est pas encore à avoir besoin de raquettes, mais cette fois c'est un peu plus sérieux que la dernière fois:


Autre bonne nouvelle, dont le timing est du coup absolument parfait:
La piscine est réparée, et même rouverte!


Ci-dessus, la très sympathique Markham Street, avec plein de bouquinistes et libraires intéressants: un bédéiste (où j'ai trouvé plein de Sfar, Trondheim, Larcenet; des bédés de l'Association, de Dargaud et de Delcourt, le tout en français s'il vous plaît! Je pense que je vais rapidement devenir un habitué du coin!), quelques libraires d'art en tous genres (où il y a aussi moyen de passer l'après-midi); en face, de quoi rassasier le ventre après l'esprit, plein de petits cafés et restos sympas.

Sat. 13 Jan. - Fire in Cairo [le meilleur groupe de tous les temps]

Une petite réflexion rapide sur le statut d'expatrié, tiens...

Dans la vie normale, je me plaignais parfois de l'aspect un peu ennuyeux de la routine. La démonstration en était assez simple: au nouvel an 2005, je regardais comment était ma vie en 2003 et en quoi elle avait changé: l'ennui est inversément proportionnel au changement. Or, comme dans ce cas, absolument rien n'avait changé, je bossais pour la même boîte, au même endroit, à faire quasi les mêmes trucs, les mêmes hobbies, fréquenter les mêmes gens, aucun déménagement à recenser, j'en ai conclu que la routine avait probablement dû atteindre un sommet.

A l'inverse, si je compare mon nouvel an 2007 avec celui de 2006, c'est assez simple: à part la date, il n'y a rien de commun. Mais alors là, rien!

Là où ça devient un peu perturbant, c'est le rythme effréné du changement ici. En 10 mois, j'ai déménagé deux fois de domicile, quatre fois de lieu de travail, j'ai renouvellé totalement mes collègues deux fois, j'ai fait plus d'adieux que dans tout le reste de ma vie, et j'ai aussi vu je ne sais combien de nouvelles têtes (je me demande toujours si elles ont remplacé de vieilles têtes dans ma mémoire, et le cas échéant, qui ai-je oublié?).

Si j'arrive à m'adapter sans aucun problème à un déménagement (ça fera jamais que la 20ème fois ou quoi...), à changer de lieu de travail ou de collègues (ça demande déjà un peu plus d'adaptation... faut se plier aux nouvelles règles, tenter de prouver sa valeur, se faire reconnaître -- quoi que sur ce coup-là j'ai été assez négligent cette dernière fois), j'ai en revanche un peu du mal avec mon environnement social qui est en perpétuelle transformation sans point fixe... Après les expériences plutôt agréables des visites que j'ai eues en automne et le départ d'Olivier et sa famille, je me suis donc mis à fréquenter d'autres gens et à m'en rapprocher. Mais comme vous allez voir rien n'est stable dans le coin:
- Mike et Avideh, collègue et amis, rentrent en Belgique en février
- Uma et Namrata (c'est sa fille, que je trouve parfaitement adorable... je n'ai jamais rencontré le mari et père, qui travaille à Dallas pour l'instant), sont en vadrouille au Texas, avec une vague idée d'y déménager pour de bon (question de réunir la famille)
- Anand et Sangita, que je ne connais pas très bien, mais ça pourrait bien arriver, parlent aussi de retourner en Inde dès que l'occasion se présente
- Ania emmène son copain-et-mari-en-puissance à Cracovie (enfin, ça reste à voir, ça fait un temps qu'ils en parlent)
- Michelle (la stupéfiante Mexicaine toujours impeccablement tirée à quatre epingles) et son maq, euh, copain prospectent pour aller s'installer au Mexique
- Dorotha et Slim, tiens, qui ont été faire trois petits tours et sont revenus à la surprise générale!
- et tout simplement, j'ai pas la moindre idée où je serai moi-même dans 3 mois...

Mine de rien, au-delà de la joie de rencontrer tant de monde et d'avoir le bonheur de les découvrir petit à petit (oh, pour certains, ça peut aller très vite aussi!), tout ça pompe pas mal d'énergie!

J'en arrive donc à apprécier grandement que là-bas au loin, mais à portée de mail, les choses restent plus ou moins en place et me servent encore de temps en temps de repères fixes. Rien que l'idée de faire escale dans tel ou tel lieu familier, la maison familiale ou le chaleureux foyer des amis, m'aident parfois à ne pas me sentir submergé par cet univers en constant changement.

J'en profite pour avoir une pensée pour ceux qui partagent cette expérience (à Zürich par exemple...), et en même temps, ça me donne un vague aperçu de ce que ça doit être d'être un véritable immigrant, ou pire encore, un réfugié... J'espère garder à l'avenir de cette expérience une bonne dose d'ouverture vis-à-vis de ces gens qui, à l'inverse de moi, n'ont pas choisi de vivre ça et n'ont simplement plus du tout de repère...

13 janvier 2007

Sat. 13 Jan. - Dormir Dehors [Daran et les chaises]

Je l'ai pas fait exprès, mais il y a un semblant de transition vers ce qui je pense est mon premier article complètement détaché de mon vécu personnel:

J'ai été complètement abasourdi par cette nouvelle apparemment complètement anodine et présentée presque comme un fait divers:

«Des avions américains ont été bombarder un village dans le sud de la Somalie.»

En regard de ce qui se passe chaque jour en Iraq, il ne s'agit en effet probablement au plus que d'un fait divers militaire, comme tant d'autres qui sont passés sous silence chaque mois aux quatre coins du monde, mais ça fait tout de même le troisième pays dans lequel ils vont foutre la merde en autant d'années...
Donc, si mes souvenirs sont bons, la Somalie doit caracoler en tête du hit-parade des pays les plus pauvres du monde, famine, guerre civile, hygiène remarquable, maladies et consorts, c'est sûr que ces gens-là sont en passe de constituer une menace terroriste de portée mondiale (ils seraient pas en train de développer un programme de force de frappe nucléaire sur base spatiale derrière le dos de tout le monde, par hasard?). Les Etats-Unis y auraient-ils trouvé un adversaire à leur taille? Question de marquer quelques points pour balancer le merdier de l'autre côté par exemple...

Ah oui, mais c'est qu'il y avait trois grands chefs terroristes, en train de préparer leur prochaine attaque, planqués au milieu d'un troupeau de moutons, les fourbes! Alors on ratisse le village, on rôti les moutons, les bergers, les chiens et toute la zone et puis on publie un communiqué de presse victorieux comme quoi on a toutes les chances de croire que les 3 drôles en question sont au nombre de la centaine de victimes (sans compter les moutons)!

J'ai dû lire trop de romans d'espionage, ou voir trop de James Bond... Il sert pas à ça, lui? C'est pas le genre de gars qu'on envoie justement traquer les ben-laden et compagnie, et leur faire la peau discrètement, sans devoir faire dans le collatéral dégoûtant? Allez, même les Russes ont pigé ce concept et ils ont réussi à empoisonner proprement leur Litvinenko sans trop déborder [404-Brain not found, et là aussi], ni devoir pour autant recourir à nucléariser Londres, par exemple...

- Apparemment, les quelques 200.000 Somaliens qui habitent ici ne se sont pas réjouis du feu d'artifice... [The Globe & Mail] quel manque d'humour!
- Ah zut, tiens, ils ont raté leur coup: les trois drôles courent toujours! [Le Soir] Faudrait peut-être voir à atomiser toute la région, juste pour être sûr?

08 janvier 2007

Mon. 8 Jan. - Sexy Lady [euh, sais pas, c'est qui ce gars-là? Shaggy ou quoi...]

Je suis d'humeur assez joyeuse ce soir (Capco a, hmm, apprécié mes prestations à leur juste valeur :-).

Et comme j'ai trouvé quelques perles sur le google-analytics du blog (oui, je sais, c'est assez narcissique d'aller regarder ça, mais qu'est-ce que vous voulez?... D'ailleurs, c'est assez bien décrit, voire décrié ici: Décomposé, mais il s'agit surtout des requêtes farfelues (qui ont amené un internaute sur ce blog, donc...)), j'ai décidé de vous en faire part (c'est plus facile et rapide qu'un tas d'autre trucs que j'ai encore sur le feu):

- le castor est con mais moins que le bucheron
- creme+glace+thermodynamique+loi
- what does bon baiser de toronto mean in english {mmh! Je dois avoir un ticket! :-)}
- photo des plus gros biceps du monde {Alors là!!! S'il ou elle compte sur moi pour ça!?!}

07 janvier 2007

Mon. 1 Jan - Metal Heart [Garbage]

Selon iTunes, j'ai donc commencé l'année avec Garbage (à 3h du mat, je me proposais de rejoindre une jeunette* et ses cops en train de faire la fête au Guvernment -- c'est une boîte de jeunes, techno & ecstasy, si j'ai bien compris -- mais comme je l'ai trouvée online sur MSN, j'en ai conclu que la fête était finie), ça promet!

Or donc, lors de mes quelques festivités de l'an neuf, j'ai constaté que je me suis retrouvé bien contre mon gré propulsé connaisseur en vins (ceux qui me connaissent peuvent juger l'absurdité à sa juste valeur: après 2 verres de rouge, j'en prends la couleur et je suis dans les vappes, après une bouteille je suppose que je suis bon pour les urgences -- c'est idiot ce que je raconte, si je m'endors après 2 verres, comment je fais pour boire la suite?). Et donc voilà qu'on me propose de goûter et d'apprécier tel ou tel vin, Saint-Emillion par-ci, Merlot par là...

Enfin, mes notions primaires d'œnologie m'ont déjà permis de découvrir qu'en règle générale, les Canadiens y connaissent encore moins que moi (où d'autre qu'ici pourrait-il y avoir de la publicité pour un vin vendu en Tetra-Pak???) et il m'a été donné de goûter d'«excellents»vinaigres balsamiques et autres piquettes qui tâchent dur!

Je devrais m'y mettre en fait, ça frime assez non, d'être un vrai connaisseur en bons vins?


--
* qui répond au prénom absolument fabuleux de Neroshine. Mais à part ce détail, il n'y a rien d'autre à commérer...

06 janvier 2007

Sat. 6 Jan - Caterpillar [The Cure]

Emotion intense, la piscine de mon immeuble est de nouveau pleine d'eau!!! Pour rappel, en novembre, ils l'ont vidée, puis commencé à plâtrer, cimenter, peindre et tout ce genre de choses qui l'ont rendue un rien impraticable... En attendant, on avait la permission d'utiliser la piscine de l'immeuble d'à-côté, qui a l'avantage d'être au 35ème étage (du coup, on a une superbe vue sur la ville - ou le lac - en se baignant, c'est très joli), mais c'est encore moins pratique pour descendre le cheval mort (ça, c'est pour l'orignal de malchance, mais c'est une private joke!), et le désavantage d'être dans l'immeuble d'à-côté.

Mon parcours de working out (oui c'est pris très au sérieux ici) habituel est le suivant:
- je me mets en maillot (sec)
- je vais faire deux trois pompes sur les machines à gonflette (eh oui, tout arrive!...)
- je vais faire plouf dans la piscine
- je termine par m'endormir dans le sauna
- puis je rentre chez moi prendre une douche et m'habiller.

Là où ça devient intéressant of course, c'est l'aspect "je vais dans l'immeuble d'à-côté en maillot de bain" (qui plus est, mouillé au retour!), où je croise toujours en chemin l'une ou l'autre vieille, emmitouflée jusqu'au goulot de moult peluches et froufrous, assez étonnée de me voir en si simple appareil...

Par contre, il faut avouer que même si ça m'arrange bien en l'occurence, le fait que je puisse me trimballer en maillot dégoulinant dehors en janvier au Canada sans avoir les couilles qui se transforment instantanément en autant de petits glaçons est globalement assez inquiétant... Je commence à me demander sérieusement s'il est pas temps d'encadrer mes photos du ski parce que c'est un sport en voie de disparition, et que je ferais bien de viser la Baltique (ou la Baie d'Hudson) pour acheter un p'tit mas provençal pour ma retraîte...

Enfin, comme le décrit cet article, finalement, la cause est entendue et les dirigents prennent des résolutions sérieuses (ahem!).

Fri. 5 Jan - Can't Take My Eyes From You [Gloria Gaynor] ;-)

(j'ai vraiment entendu ça? Euh, je me souviens plutôt de Yann Tiersen et d'autres trucs français assez flan... Mais, bon, soyons larges...)

Je me souviens de la réflexion très juste de Michelange au sujet de la STIB, les transports en commun bruxellois: ils transportent les gens vers leur boulot et retour, point. Combien d'innocents n'ont pas cru bêtement qu'il allait en être de même pour les sorties et se sont retrouvés, à la fermeture du bar vers 2h du mat, coincés devant un arrêt de tram désert?

Eh bien pour la TTC, les transports en commun torontoniens, c'est mieux organisé, ils incluent aussi les sorties: les métros et trams circulent jusque vers 1h30 du mat, et de toute façon tous les bars sont fermés bien avant ça! Ils ont gardé un petit quelque chose de leurs copains anglais, ces farceurs: A l'heure où ils sonnent le Last Call, les Espagnols se mettent à table!... On m'a raconté que c'était probablement LA raison des velleités d'indépendance du Québec, où je suppose que les bars ferment à une heure normale...

01 janvier 2007

Thu. 14 Dec. - Trepak [Tchaikovsky, ou Пётр Ильич Чайкoвский]

Je suppose que tout le monde doit plus ou moins passer par là: j'ai été voir le Casse-Noisette de Pyotr (voir le titre) avec Laurent. Eh bien, je me suis étonné du nombre de morceaux que je connaissais (au moins 8 si j'ai bien compté). Fantasia y serait-il pour quelque chose? Notamment, la surprise de reconnaître l'air de «Cadet Rousselle» (ou «Bali-balo» dans la version Parents warning: explicit lyrics). Les «trois canards au bord de l'eau» ou «les couilles de grand-père pendues au plafond» trouvent aussi leur place dans un autre ballet ou opéra célèbre? J'imagine assez bien dans Faust ou La Traviata
La photo n'est pas de moi, mais d'un illustre inconnu.

Enfin, somme toute, très belle soirée, belle salle (entièrement rénovée et réouverte depuis 1 ou 2 mois), jolis costumes; tout le public s'était mis sur son 31 (on a par exemple beaucoup apprécié l'ensemble jeans troués-clapettes, la jupe en couvre-lit, ou les crocs™ du dimanche! -- qu'est-ce qui peut vous faire penser qu'on a moqué, m'enfin!?!)

28 décembre 2006

Sat. 16 Dec. - Dirty Old Town [folk irlandais]

(Retour à l'histoire de Frontenac) Après avoir marché et traqué le castor et l'orignal comme des brutes pendant toute un journée, on a décidé de ne pas camper dans les bois, mais à Kingston(*), dans un
motel, ces célèbres endroits où il se passe toujours quelque chose pendant la nuit (selon les films américains): des braqueurs de banque en vadrouille viennent se partager leur magot, il y au moins 3 viols, quelqu'un se fait poignarder dans sa douche, voire même tout le machin s'embrase et tous les clients rôtissent...

Nous n'avons pas fléchi devant la menace et nous avons donc courageusement pris une chambre dans ce lieu dangereux... Déjà, à voir la déco, il n'y a pas de doute: cet endroit incite à quelque chose!



Voilà, qu'est-ce que je vous disait? Il se passe des trucs pas nets dans le coin!



Le soir, on a participé à la vie nocturne de Kingston: à 8h30, on était les derniers clients du resto, puis on est allé sketter des pints dans un pub irlandais. Il y avait un groupe d'Irlandais intérprétant du bon gros folklore irlandais qui tache, des clients irlandais (ou leurs descendants) à qui la serveuse irlandaise (d'origine chinoise, celle-là) servait de la bière irlandaise, bref on était loin de l'éclectique Toronto... En même temps, loin de la grande ville, on se retrouve tout de suite beaucoup plus dans une ambiance de kermesse du village (ouéée! C'est la fiesse!), entourés des gros malabars de l'équipe de football américain du coin (des gars tout en finesse, je leur donnais dans la tonne et demie pour la dizaine de gars) et de l'équipe de leurs supporteresses je suppose (tout aussi dans la finesse). C'est évidemment beaucoup plus bourrain, mais aussi nettement moins guindé et donc plus sympa et chaleureux qu'en ville!

A gauche, le groupe qui reprend Dirty Old Town.
A droite, le groupe qui reprend The Drunken Sailor.





La différence? ...




Voilà:



--
(*) Oui oui, je suis déjà venu ici, en avril ou en mai, souvenez-vous...

27 décembre 2006

Wed. 27 Dec. - Polyushko Ploye (Plaine ma Plaine) [en russe]

J'ai encore des tas de trucs à raconter sur Kingston et les fêtes, mais là j'ai une urgence, cet épisode-ci ne peut souffrir aucun délai.
Avec les fêtes, je me suis embourgeoisé dans le fait qu'on m'invitait à gauche à droite et donc j'ai un peu délaissé mes plans du soir, enfin bon voilà, ce soir j'avais pas de plan, et faim. Je dois encore faire une digression sur le fait d'aller manger seul au resto, et donc pour être bien sûr de digresser correctement, c'est ce pour quoi j'ai opté: armé de ma Veuve de papier de John Irving, j'ai été manger un burger au pub irlandais dans le FlatIron building (très joli building d'ailleurs). En sortant, je tombe sur l'inévitable clodo de service, un Native people, qui commence à me baratiner sur ... et puis non, se ravise, et me demande si je suis moi aussi Native (l'a pas les yeux en face des trous mon bonhomme... Ouais, je suis l'Apache, guerrier des plaines brabançonnes, frère!), enfin puis blabla fêtes, monnaie, à vot' bon cœur...

Du coup, mon côté con idéaliste prend le dessus et je lui dis que non je lui filerai pas d'argent, mais que je peux lui acheter quelque chose. Il veut une bière, on se dirige donc logiquement vers un pub. En chemin, on fait connaissance, il s'appelle Roger (ça s'invente pas!....), il vient de Sarnia (5h de bus d'ici), il vit dans une réserve, fait des petits boulots en été et la manche en hiver. Il a un bus vers chez lui demain matin à 5h du mat et il fait du kick-boxing... Ah oui, il sort de taule aussi. Détail que j'ai mis du temps à comprendre parce qu'en gros, je comprends à trois quarts pas ce qu'il me raconte...

Dans le pub, mon Roger décide d'aller s'asseoir au comptoir, ça tombe bien il reste juste deux places libres entre plein de gars... Je commence déjà à me demander dans quoi je m'embarque quand les deux gars à côté de lui, genre costauds en chemise en train de se pochtronner après une journée au bureau, commencent à nous parler, avec des sourires un peu narquois et faire des apartés sur les Natives. Merde, je leur ai rien demandé moi à ceux-là, peuvent pas s'occuper de leurs couilles?

Comme il y a du bruit et qu'ils sont saouls, je comprends rien à ce qui se raconte, mais suffisamment pour piger que leur réalité, c'est que Roger et moi, on est deux potes égarés loin de notre réserve du bout du monde, en vadrouille dans la grande ville! C'est un malin aussi l'autre, de venir se fourrer au comptoir! Il est habillé comme un singe et pue comme un bouc (dans la rue, je m'étais forcément pas rendu compte de ce détail désagréable au possible), c'est sûr qu'il allait pas passer inaperçu!

L'instant d'après, Roger est en train d'expliquer à un de ces gars qu'il ressemble à un flic, ce qui a l'air de pas lui plaire, au gars... Enfin ça va, comme il est plus saoul que susceptible, ils s'en tiennent à pinailler sur le sujet de la calvitie du gars... Alors l'autre, pour faire causette, commence à me raconter qu'il travaille dans un banque comme analyste programmeur (non? Allez donc!) et là, au fur et à mesure que je prends le relai de ce qu'il me raconte et que j'y ajoute quelques détails de mon propre cru, je vois qu'il est assailli de doutes et que sa réalité est en train de s'effondrer de toutes pièces, je dois dire que son regard incrédule m'amuse beaucoup! Sur ce, les bières sont finalement vides; non Roger, on n'en prend pas une dernière pour la route; la note sivouplaît. L'analyste-programmeur me sers la main bien cinq fois en disant qu'il me respecte beaucoup bla bla, salue Roger de manière apparemment un peu plus trash (genre à faire un concours de celui qui a les plus gros biceps si j'ai bien tout compris); puis je prends finalement congé de mon "frère de sang" (un Ojibway tiens, note pour Oli S.) et je reviens à ma réalité, pas fâché de retrouver mon petit chez moi tout chaud!

Je vous l'avais dit que c'est hyper facile de se faire des relations dans les bars ici! (hmmmm....)

PS: Pour les fêtes de Noël, j'ai adopté comme tout le monde des chants rouges: ceux de l'armée de la même couleur! Marre de ces niaiseries mièvres qu'on nous bassine de tous côtés!

25 décembre 2006

Sat. 16 Déc. - Lion Sleeps Tonight [Britney Spears -- le lion se retourne dans sa tombe]

(au passage, j'ai aussi complété l'entrée du 10 décembre ci-dessous, finalement)

Après deux semaines, on avait assez vu Toronto, il fallait aussi aller voir le vrai Canada, celui du bûcheron dans sa cabane au fond des bois, à côté de l'étang et de la colonie de castors. Le tout recouvert de neige, mais pour ce point-là, le service ne s'est pas montré à la hauteur (en fait de neige, on a eu droit à 2mm le jour de l'arrivée de Laurent, puis c'est tout).

A l'occasion d'un repas avec des ex-collègues, je leur demande donc quelques tuyaux sur où peut-on trouver un coin reculé, loin de tout, où il y a moyen de faire des balades intéressantes (pour rappel, l'Ontario ressemble assez à la Flandre occidentale: c'est tout plat, avec des champs et des fermes... Pas vraiment palpitant au niveau scénique. Il y a bien sûr des exceptions, et même sans devoir courir jusque dans les Territoires du Nord-Ouest, mais il faut les trouver, c'est tout un art).
Leur réponse m'a fait rire:

«Euh, je sais pas trop, le parc d'Algonquin peut-être?... En fait, celui à qui il faut poser cette question, qui connaît l'Ontario comme sa poche à force de l'avoir visité en long et en large, c'est ... Olivier!»

Pour finir, on a trouvé tous seuls comme des grands en fouinant dans des bouquins: le parc de Frontenac, juste au nord de Kingston (C'est donc moi qui reprend le flambeau; j'en connais d'ailleurs déjà probablement plus sur l'Ontario que la plupart des Canadiens)

Avant de lire le récit (de toutes façons, l'est pas encore là...), il y a un pré-requis:
Voir ceci (et comprendre un élément essentiel d'étymologie moderne).






C'est donc ici qu'on retrouve bien l'image qu'on se fait du Canada:
- Le lac à castors (ces sales bêtes vont fourrer des barrages dans tous les coins, du coup il y a de l'eau partout, ça devient un vrai bourbier par ici! Même le sentier est quasi partout inondé!



- Le bûcheron (aller voir à ce sujet La Chanson du bûcheron, indispensable pour bien comprendre en profondeur la psychologie du bûcheron canadien... «I cut down trees I eat my lunch I go to the lavatory...»)



- Les castors, enfin eux on les a pas vus, mais c'est des fichus gaspilleurs, ils rasent la moitié des arbres de la forêt et les laissent pour la plupart traîner là...



- Une 'tite pause pique-nique au milieu du grand rien, suivie d'une petite baignade (vraiment petite, bien 30 secondes!...)




Allez, une petite dernière photo pour la route avant de retrouver l'autre forêt, celle de béton de Toronto...

19 décembre 2006

Mon. 18 Dec. - Mr. Brightside [The Killers]

Eh bien voilà, je viens de mettre Laurent dans l'avion d'Etihad, au milieu de plein de babshka cagoulées de noir qui vont jusqu'à Dubaï (je trouve que la burqa donne un air de poupée russe, en général en version peu bariolée cependant). Comme d'hab, je me retrouve donc maintenant tout seul dans mon appartement et c'est un peu la déprime. Les pistes habituelles pour guérir la déprime sont:

1. Mettre de l'ordre, déménager des machins, réaménager, bref, s'occuper chez soi: vu la masse de choses que j'ai ici, ça a été expédié en une demi-heure.
1bis. La même chose, en version digitale: mettre de l'ordre sur mon disque dur. Ouh là là, j'ai pas fini avant le printemps! Je n'y pense même pas!

2. Faire du shopping. C'est plutôt bon pour les filles ça, non? En tous cas avec moi, ça marche très moyen. Sur ma wish-list, il y a l'un ou l'autre film (que je ne peux pas acheter ici, parce que mon ordinateur ne veut pas de leurs DVDs d'ici... bande de crétins! -- donc je dois me les procurer autrement), des bandes dessinées (introuvables ici), une planche à repasser et des presse-livres. J'ai acheté la planche la semaine dernière, donc voilà pour le shopping.

3. Se plonger jusqu'au cou dans le travail... Tiens oui, avec ce que j'ai foutu de ce côté-là les deux dernières semaines (=rien), on pourrait croire que j'ai du pain qui s'est accumulé sur la planche. Mais la vérité est toute autre! Vous avez remarqué comme on attribue toujours le travail à ceux qui sont déjà occupés? C'est tout-à-fait contre nature de donner du travail à celui qui ne fait rien! Donc pour recevoir du travail, il faut faire semblant qu'on est très occupé et qu'on en a déjà trop. A l'inverse, pour faire le Gaston et épargner aux autres l'idée même de nous assigner le moindre iota de travail, il faut ne rien faire et se faire oublier. Je devrais donc commencer à avoir l'air occupé, si je veux recevoir du travail. Ou alors, me faire mon propre programme et m'occuper tout seul... j'ai justement quelques idées de ce côté-là.

4. Sortir avec des potes. La majorité est un peu loin de moi pour l'instant, mais bon je vais passer en revue tout mon répertoire téléphonique tiens... Je devrais d'ailleurs au passage me mettre en chasse pour le nouvel-an.

5. Filer le parfait amour avec une charmante naïade, mais les choses ne sont jamais aussi simples, la naïade en question ayant déjà un Apollon. Commencer par aller voir Cosi fan tutte alors.

6. Ecrire, ça tombe plutôt bien j'ai des tas de trucs à raconter!
6bis. Répondre à mon courrier en retard (cf. Gaston, je me relirais bien l'intégrale tiens justement!)



Allez, hop, au travail!

16 décembre 2006

Sun. 10 Déc. - Mala Vida [En version salsa de Yuri Buenaventura]

Dimanche, las de voir des centres commerciaux pleins de gens et gavés de cette fabuleuse ambiance de Noël qui a subitement fondu sur la ville comme un bloc d'emmenthal dans le chaudron à fondue (ou, pour faire plus local: comme une tranche de cheddar sur un Quarter-Pounder McDonalds) dès le lendemain d'Halloween, nous avons mis les voiles sur les vastes étendues sauvages et glacées pleines de ces animaux mythiques indissociables du Canada: les mooses, les ours, les castors, toutes ces jolies p'tites bêtes.


Là haut, on peut apprécier le froid terrifiant de l'hiver canadien: on a trouvé de la glace quelque part! (Mais non, l'effet de serre n'y est pour rien au fait qu'on va pouvoir passer Noël en terrasse sous un bon 20° au Soleil, voyons!)





On a eu beaucoup de chance d'être parmi les rares promeneurs à qui il est donné de rencontrer un ours polaire (surtout à 10km de Toronto), et parmi les fabuleux veinards qui sont ressortis de cette rencontre autrement que sous forme de canigou! (Là, Laurent est en train de subjuguer l'animal pendant que j'immortalise l'instant... Quelle maîtrise!)


Enfin, le Canada est un pays plein de surprises, et les variétés de castors qu'ils ont ici ne ressemblent en fait pas du tout aux notres, où à ce qu'on montre à nos enfants dans nos livres. Ce castor-là était pas content parce que son copain castor lui avait piqué son déjeûner.



Et finalement, le moose (un orignal ... vous voyez, le coup du cheval mort dans sa baignoire pour ceux qui suivent encore...), lui aussi, ne ressemble pas tellement à l'image qu'on peut véhiculer en Europe. Ah, menteurs tous ces livres et documentaires animaliers!

Fri. 8 Déc. - Minha Galera [Manu et ses copains bruyants]

Cette semaine, j'ai fait un remake de «Vis ma vie»: j'ai joué à l'agent immobilier, visitant les plus beaux coins de Toronto pour voir où j'irais bien habiter si je n'avais pas à bêtement faire attention au prix du loyer (mais oui me direz-vous, quelle basse considération matérielle que celà! Quel manque flagrant d'élévation spirituelle! Chassons vite cette détestable pensée!). Selon les règles de l'émission, donc, pendant ce même temps, un agent immobilier était censé faire mon travail. Pour cette dernière partie, je ne sais pas trop ce qu'il est advenu, j'ai fait confiance. Comme personne ne s'est plaint, je suppose que le travail en question a été correctement fait (hem hem...).

Donc la visite a commencé par la Casa Loma, une jolie demeure ayant appartenu à un riche industriel du siècle dernier, juchée sur une colline avec une vue plongeante sur la ville. Une petite maison sympa et cosy, pour donner une idée de la convivialité et de l'intimité des lieux, ils ont failli en faire un hôtel de luxe de 80 chambres, quand l'industriel en question a misé sur les mauvais chevaux (il a aussi acheté des actions de Capco, tiens?) et s'est retrouvé sur la paille...



Le problème avec ce genre de maison évidemment, c'est que ça ne tourne pas sans une armée de domestiques et ça résonne et ça fait vide et glauque si on n'a pas en permanence une cinquantaine de courtisans qui se trimballent, discutent, complotent et manigancent dans les couloirs. Et pour entretenir tout ce petit monde, il faut garder un petit fond de caisse bien sûr. Une manière de réduire ces faux frais, c'est de faire comme la maîtresse des lieux, de s'adjoindre la compagnie de scouts (qui coûtent pas trop cher et en plus aiment rendre service, c'est toujours apprécié du personnel de maison, et ça met de l'animation quand ils transforment la grange à foin en feu de veillée) en devenant rien de moins que marraine d'honneur de la fédération des girl-guides du Canada.



Il y a quelques autres quartiers sympas aussi. Ainsi, bien au nord, du côté de Sheppard Street, on a visité un suburb, vaste étendue d'élevage intensif (on y élève du Canadien). Ca ressemble un peu à un SunParks, il y a un ou deux modèle(s) de maison, qui sont copiés en quelques centaines d'exemplaires disposés de manière parfaitement régulière l'une à côté de l'autre. Chacune est dotée d'une porte de garage avec un panier de basket, un petit jardin, deux ou trois voitures dont bien sûr un gros pick-up 4x4, ça paraît essentiel en ville. Dans un coin du suburb, il y a un McDonalds et un vendeur de pizza, c'est là que les jeunes se retrouvent le samedi soir pour faire la fête (youpie!).


Dans un autre genre, on a apprécié (pour de vrai cette fois), Kensington Market et ses vieilles bicoques colorées et dépareillées; Old Cabbage Town et ses maisons aux allures anglaises, et bien évidemment, l'île!



A à peine 30 minutes à la brasse du cœur de la ville (alternativement, c'est 8 minutes en malle; on a plutôt choisi cette option-là, question d'y arriver vivant), cette île est un parfait petit paradis... Un quartier de jolies petites maisons en bois toutes charmantes et colorées, une petite communauté qui fait un peu penser à la Baraque de Louvain-la-Neuve (on n'a pas vu le champ de chichon, mais je serais pas trop étonné d'en voir un), je vous laisse juge sur ces quelques clichés...


En plus, c'est une toute petite île, il n'y a qu'une seule route, pas vraiment de voitures, juste un bus et des vélos, puis une petite marina avec des bateaux pour aller faire des tours sur le lac ou en ville... C'est pas le pied ça? Là évidemment, c'est difficile de ne pas tomber sous le charme. Voyons donc ce que ça donne du côté "immobilière": il y a genre 650 maisons, toutes occupées et une liste d'attente de 500 personnes qui en veulent une... Le paradis est effectivement réservé à une stricte élite...

08 décembre 2006

Mon. 4 Dec. - The Last Day Of Summer [le dernier album des The Cure]

A l'inverse de l'école de danse que j'ai fréquentée à Bruxelles, où la norme était de venir avec son/sa partenaire et de ne plus le/la lacher pendant toute l'année, l'école de tango ici mélange la donne à chaque cours: on y vient seul et on trouve un(e) partenaire sur place.

En règle générale, on se met par deux, on danse deux ou trois danses, puis la prof lance un "switch partners!" et hop, une autre tête, et ainsi de suite, on en voit défiler 4 ou 5 sur l'heure de cours. Je trouve que c'est plutôt bien, ça permet de se frotter (hmm, non, c'est pas de la salsa, c'est pas le bon mot) à différents styles et niveaux.

Et donc lundi a fait exception et c'est justement au moment où je suis tombé sur un gros boudin inepte qui avait dû s'empiffrer de machin à l'ail avant le cours que la prof a oublié son fameux "switch partners" pour la moitié du cours, eh bien, une demi-heure, ça peut être très -- très! -- long...

05 décembre 2006

Mon. 4 Dec. - Shut Your Mouth [Garbage]


Et voilà, c'est le temps des adieux, là c'est vraiment mon dernier jour sur le projet. J'ai eu droit à mon troisième "Good-bye lunch" (il a fallu attendre la fin pour qu'ils se civilisent un peu, au niveau alimentaire...), ça fait la troisième fois que je leur dis que je ne reviendrai pas, je pense que je commence à me la jouer Robert Smith (des Cure), «Promis, c'est le dernier album, juré, après y en a plus!»! Et donc cette fois, j'ai même pris soin d'éteindre l'ordinateur, c'est un signe!
(Par contre, j'avais oublié mon petit Manneken Pis enneigé, j'ai donc dû aller le chercher ce mardi soir, en même temps qu'une autre dernière course que j'avais à faire là).




Le temps des adieux est forcément aussi le temps des bilans, Theresa (ma Project Manager) m'a donc accordé une bonne demi-heure pour me dire ce qu'elle avait pensé de mes prestations, dont elle va faire part à Capco dans le mécanisme des évaluations des employés, parce que elle-même n'en fera pas grand chose: elle a trouvé une autre offre d'emploi et va revivre l'aventure des start-ups à la sauce ère dot-coms de la fin des années 1990.

Le plus éloquent de sa part est probablement qu'elle repartirait dans un autre projet avec moi les yeux fermés.

Si notre projet se termine en un succès (et c'en est un: les utilisateurs sont ravis, le management de CIBC est content, tout le monde a trouvé que l'aventure avait été intense, mais sans drame), c'est principalement par mon action: j'ai mené l'équipe de développement, circonscrit les requirements et réalisé une architecture robuste et flexible, réestimé le travail de manière réaliste (en effet, ça, ça nous a sauvés!), livré les versions successives à temps et avec la qualité voulue, aidé tous azimuts en-dehors de mes attributions initiales, le tout sans (trop) broncher ni foirer.

Elle a beaucoup apprécié (et je suis très heureux qu'elle l'ait noté!) le fait que je ne sors pas enorgueilli de l'aventure pour avoir été le héros-pompier qui a éteint les incendies et résolu les problèmes, mais justement parce que je me suis arrangé pour qu'il n'y ait pas d'incendie!

Et enfin, un autre commentaire bien flatteur (et apparemment mérité), c'est que je n'ai juste rien merdé! Quand je m'occupe d'un truc, je le fais jusqu'au bout et au final, c'est (bien) fait. Je ne laisse rien au hasard, rien dans l'ombre, je ne balaye pas les crasses sous le tapis (enfin, ça ce n'est vrai qu'au figuré!). La vérité est je pense un peu plus pragmatique et moins super-héros infaillible: simplement, quand un truc n'est pas fini ou merde, je le dis haut et fort dès que j'en ai l'occasion. Je n'ai jamais prétendu que tout allait bien quand ce n'était pas le cas, cette attitude est loin d'être commune ici.
En conclusion, il y a très peu de Development Managers qui sont aussi efficaces que moi... En gros, j'en connais un autre, duquel je me suis pas mal inspiré ;-)

Un autre manager a été impressionné par la qualité de notre produit (c'est sympa à entendre, mais il n'en voit que la surface), et j'ai été vraiment fier d'entendre la même chose de la bouche de mon développeur le plus doué: il trouve qu'on a atteint une qualité supérieure à la moyenne des projets auxquels il a contribué et ce, malgré les challenges de la formation de l'équipe (équipe assez grande sur une courte période, dont la moitié sans expérience).

:-)Bon, après tout ça, je suppose qu'il va être temps de passer au tiroir-caisse chez Capco, alors?...

:-(Un petit bémol, selon moi: je trouve qu'il n'y avait aucune ambiance dans l'équipe, hors du contexte purement professionnel. J'aurais aimé vivre aussi de ce côté-là une expérience inoubliable, même si je suis le seul à m'en soucier. Je suppose que c'est mon côté formateur scout qui ressort, où je dois avouer qu'on tirait une certaine fierté à voir l'ambiance parfois exceptionnelle qui se créait dans nos groupes!

01 décembre 2006

18-22 Nov. - Coucoucoucoucoucoucoucou Gamin! [Auguste Herbin]


Après m'avoir embarqué à San Antonio (où j'avais un peu l'air d'un plouc, avec ma veste en laine et mon écharpe, à 30° sous le Soleil...), et fait un road-trip typiquement américan (larges routes toutes droites et rien autour) sur l'Interstate 10, on est arrivés dans la célèbre ville de Fort-Stockton (vous connaissez pas? Ben, moi moi plus je connaissais pas; et maintenant que je connais je peux vous certifier: vous ne ratez rien du tout!) pour faire dodo dans un motel. Dans tous les bons road-movies, il y a toujours bien un motel quelque part et en général, il s'y passe des choses pas nettes. A l'aube, étonnemment, on n'a pas eu de cadavre à dénombrer... En attendant, on peut apprécier le bon goût de la déco de la chambre (on trouve le même genre de kitsch dans les motels et B&B's canadiens)

Le lendemain donc, on s'est rendus dans le parc proprement dit, on s'attendait à entendre l'harmonica de Ennio Morricone et voir débouler Clint Eastwood sur son cheval à tout moment! Plaines arides, cactus, montagnes rocheuses, on s'y croyait vraiment.
De gauche à droite: Renaud, Frédéric, moi, Florence, Isabelle et Cécile.


On s'est offert une petite balade digestive pour se mettre en jambe; il y a certains circuits qui prennent plusieurs jours, il faut alors embarquer une tente et faire bivouac là, au milieu de nulle part, il faudra que je revienne un jour faire ça aussi!




Il nous a semblé très opportun d'aller passer la soirée dans le saloon de Terlingua, la ville fantôme (qui ne ressemble pas trop à celle de Lucky Luke, c'est quelques ruines de maisons en pierres éparses), puis au dodo avec les poules; une fois le soleil couché, il y a pas grand chose à faire dans le coin.

Comment faire rentrer tout ce foutoir (nos affaires, la bouffe, l'eau, la caisse-à-merde -- eh oui, on n'est pas supposés laisser traîner ses crottes dans la nature, allez savoir pourquoi!--, les tentes, et puis nous aussi, accessoirement) dans les canoës? Wokety Pokety .... Au fil des jours, on a clairement vu la ligne de flotaison des canoës remonter petit-à-petit, à mesure qu'on vidait la bouffe et l'eau (au passage, on n'a pas touché à la cathy-cabine, ça va aller bien encore?), puis on a aussi vidé le réchaud et quelques autres menus machins au fond du fleuve, mais ça c'est une autre histoire.



Dernier contact avec la civilisation: le village de Boquillas, sur la rive mexicaine du fleuve. On dirait le Sud...

30 novembre 2006

18-22 Nov. - La suite....


Ensuite, on est entrés dans le canyon pour une bonne vingtaine de miles, une vue à couper le souffle à chaque virage...
Une chose qui nous a positivement étonnés est que nous étions vraiment seuls. Pas comme sur la Lesse en été, une suite ininterrompue de kayaks plein de Hollandais. On n'a vraiment vu personne pendant 2 jours.
Au fil de la descente, notre technique de pagayage s'est sensiblement améliorée, me permettant notamment de ne pas avoir à changer de côté tous les trois coups de pagaye, arrosant au passage toutes les affaires dans le canoë.

Vers 5h, il est temps de penser à s'arrêter pour monter le camp, question de ne pas le faire dans le noir.
Après le repas, on se fait une petite veillée autour du feu, qui rappelle à chacun son temps chez les scouts. Une fois la nuit tombée, chaque mission qui nous éloigne du feu devient une véritable expédition, il faut bien ça pour tenir à l'écart la meute d'ours et de pumas affamés qui rôdent certainement autour du camp prêts à nous sauter dessus, non?

De jour, la descente se poursuit, peinards...



Parfois, profitant d'une malheureuse fausse manœuvre, les éléments se déchaînent contre nous. Un petit écart de trajectoire nous échoue sur des hauts-fonds et on est bons pour mettre pied à l'eau et tirer/pousser ce satané canoë qui pèse des tonnes et qui veut pas bouger. Une seconde d'innattention dans un courant rapide projette impitoyablement le canoë sur la berge, dans les touffes de végétaux sadiques pleins de picots ou autres machins qui griffent et érafflent. Enfin, certains prennent aussi l'option "crêpe", qui consiste à retourner le canoë pour jouer au Titanic, puis envoyer son contenu par le fond (sur ce coup-là, on a béni mille fois les sangles qui ont permis de limiter les pertes au réchaud à gaz et un appareil photos).

Et finalement, l'arrivée, un pont jeté sur le fleuve, reliant le Texas et le Mexique, symbole d'ouverture, d'accueil et de fraternité, un peu comme Check-Point Charlie à Berlin, à la grande époque (ici, le côté américain, l'auriez-vous deviné?).

29 novembre 2006

19-22 Nov. - Why Can't I Be You? [Les The Cure Bien Sure]

Allez, quelques petites photos des vacances dans le parc Big Bend...
Question de bien commencer, le premier habitant du parc qu'on a croisé était assez poilu, plutôt grand pour son espèce, et plein de pattes:




Rappelez-vous, les Etats-Unis, c'est le pays de l'alerte terroriste permanente: leur indicateur de menace terroriste ressemble à l'indicateur de pollution de nos grandes villes, sur l'échelle vert-orange-rouge, le vert n'est là que pour faire joli. A Big-Bend, les terroristes sont tellement barbus qu'ils ressemblent à des ours! Et apparemment ils sont friands d'attentats à la poubelle. Raison pour laquelle ils ont installé un peu partout des poubelles blindées. Il y a aussi dans tous les coins des notices sur ce qu'on doit faire si on rencontre un ours. Laissez-moi vous proposer quelques options:
1. S'évanouir
2. S'enfuir
3. Rester là, le défier du regard et insulter sa mère.
Tout le monde a bien compris que si la chose arrive, pendant que le cerveau essaye de se souvenir quelle est la bonne réponse, les jambes, elles, auront déjà opté pour l'une des deux premières options...




Mais finalement, des ours et des pumas, on n'en a vu que les traces: quelques empreintes, pas mal de fantasmes (surtout une fois la nuit tombée), quelques crottes, et .... le contenu des crottes, à l'état naturel/avant absorption: leurs déjeûners. Ces petits jambonneaux poilus s'appellent en fait des javali... japale... javanais? jasaisplus! L'appellation "javanais" était assez proche de la réalité, tant phonétique que sémantique (pour peu qu'ils jouent le rôle du dessert, disons...) et s'est donc imposée à nous comme une évidence.

Enfin, le seul animal qui nous ait suivi tout au long du trajet, et qui a même eu la bonne idée de ne pas se perdre, c'est une sorte de javanais sans poil, le porteclé; ici en train de prendre un bain de boue sèche:

28 novembre 2006

Tue. 28 Nov. - Can't stand me now [The Libertines]

De retour de vacances, le contact avec la réalité est toujours un peu ardu, les choses n'ont plus le même air qu'avant. Ce matin, la ville était enrobée d'un épais brouillard qui sentait le speculoos.

Je me repointe donc lundi au bureau, où j'ai encore deux trois histoires à boucler avant de quitter CIBC: au lieu des 150 mails pressants traditionnels, j'en trouve cinq fois moins, la majorité d'entre-eux étant des messages impersonnels sans interêt. Un de mes developpeurs a subreptiscement échangé mon beau grand écran avec le sien, moins beau et moins grand (et en plus, elle prétend qu'elle a appris cette pratique de moi, quel toupet!), pas le moindre meeting a l'horizon, il y a des tas de décisions dont on ne me met même pas au courant... Je suis bel et bien hors du coup! Vieux schnoque!

En gros, comme toujours, il me reste la passionnante responsabilité de m'assurer que la documentation (vous voyez, le gros tas de papiers que personne ne va jamais lire) est à jour et complète ('vais de ce pas aller imprimer l'intégrale de Soljenitsine pour le volet "complet", tiens...).

Et puis, d'un côté plus ... "informel" disons, je dois assurer la perennité de cette intense activité sociale que j'ai développée ici dernièrement, en emmenant toutes ces jolies poulettes en sorties du midi ou de la pause café (ben oui, depuis qu'Olivier n'est plus là, j'ai bien dû trouver d'autres plans pour garder le rythme des pauses! Ca fait des discussions moins animées, mais, avec tout le respect que je lui dois, une amélioration sensible au niveau intérêt visuel :-). Le challenge étant que de la sortie du midi à la sortie du soir, il y a parfois un cap décisif à franchir, en particulier quand j'entre du coup en concurrence directe avec le boyfriend, un sombre crétin qui, sous prétexte qu'il est déjà dans la place, croit avoir le monopole de l'emploi du temps extra-business de ladite poule, voire même dans certains cas, croit jouir d'un droit de reproduction exclusif, vous imaginez l'aberration?

:-( Et par ailleurs, cette fois j'ai vraiment intérêt à faire attention à qui je divulge l'adresse du blog.... et vite vite enterrer cette page-ci sous un tas d'autres plus innocentes.

26 novembre 2006

Tue. 21 Nov. - ...


Je reviens d'une semaine de ça (la descente du Rio Grande en canoë -- cliquez sur la photo pour la voir en grand), le temps de m'en remettre et je raconte deux-trois histoires...

15 novembre 2006

Wed. 15 Nov. - Oualalaradime [Zebda]

Je dois encore vous raconter le bordel de la fin de mon projet, entre la fin du développement (en mi-septembre) et maintenant (quoi que, c'est pas encore fini!). En gros, on a passé tout ce temps à faire à peu près rien... Enfin, je me suis pour ma part pas mal réorienté vers l'extension de mes relations humaines avec des tas de gens qui ne travaillent absolument pas pour ou avec moi, mais qui offrent néanmoins (ou justement, pour cette raison?) d'autres intérêts...

Mais voilà, toute bonne chose a une fin, et j'ai bien mérité une semaine de vacances! Pour l'occasion, je vais rendre visite à Isa-de-Lousiane, c'est le pays voisin ce serait dommage de se rater, non? Justement, elle va avec quelques potes faire un tour dans un parc au Texas pour dire bonjour aux crocodiles; on va se retrouver entre gens de bonne tenue qui parlent Français: on va pouvoir moquer tranquilles!
Bon, quand je dis qu'on est voisins, ils ont évidemment encore complètement déconné avec les distances ici... Ca me fait la même trotte que si vous alliez dire bonjour à votre cousin qui vit à Moscou, quoi...

Tue 14 Nov. - Some Velvet Morning [Primal Scream]

Comme un con, je me suis fait prendre à mon propre jeu. A force de toujours insister pour faire quelque chose de mes lunches, j'ai évidemment sauté sur l'idée quand un autre gars a lancé l'idée d'utiliser les vendredi midi pour faire un lunch en équipe... Comme on était là en train d'en parler avec Catherine et lui (Catherine aime bien manger bien, si je me fais bien comprendre, et donc j'ai trouvé en elle une alliée précieuse pour mes lunch gourmets; du coup je l'ai adoptée dans mon équipe, elle qui est dans un autre projet qui n'est pas du développement et donc bardé de jolies donzelles, j'aurais probablement dû m'adopter chez elles plutôt que l'inverse... mais elles ont cette déplorable habitude de manger en quatrième vitesse n'importe quoi n'importe comment, aucun savoir vivre!), et l'idée a subreptiscement dévié vers un lunch en nos locaux, sous forme d'auberge espagnole.

J'en étais à me souvenir les drinks interminables et richement achalandés que j'ai vécus à la Société Générale (Ah ces Français, ils savent prendre la vie du bon côté, en particulier quand ça passe par l'œsophage!), consistant en quelques plateaux de fromages et charcuteries, accompagnés de vins et bières. Facile. Puis une autre andouille a décidé de monter les enchères en passant dans le rayon des plats cuisinés, recettes, poissons, marinades et ce genre de bazar.

Forcément, je n'ai pas pu m'en tirer à si bon compte et maintenant je ne peux rien faire de moins que cuisiner un truc! Ca fait probablement un an que j'ai pas touché une casserolle, imaginez ma détresse! Et c'est pas comme les autres paresseux qui peuvent faire appel à Maman ou à Chérie... Le dit plat tirerait une drôle de tête après le voyage en DHL courier express...

Donc ce soir en rentrant, je me suis plongé pour une fois dans un livre de recettes, puis j'ai même entrepris d'en faire une ici pour moi tout seul. J'ai bien évidemment dû changer mon fusil d'épaule devant la pauvreté de mon équipement (pas de râpe, raté pour les röstis). Mais bon, je m'en suis tiré, je trouvais même ça tout-à-fait rafraîchissant pour une fois de pas aller au resto.

Bon pour vendredi, je dois préparer un truc de chez moi. On m'a proposé les gauffres et les moules, mais j'ai pas de gauffrier ni de moulier, ça n'ira donc pas. C'est comment encore la salade liégeoise?

12 novembre 2006

Sun. 12 Nov. - One [Vanessa Paradis]

Bon, ils sont vraiment pénibles, ces gens qui répondent pas au téléphone et ne rappellent pas. Ca fout en l'air tous mes "plans" de dernière minute! Ca servait à quoi qu'ils (... elle en fait) me passe son numéro alors?

Allez, encore deux-trois trucs en vrac:
1. La suite de l'autre jour: Qu'est-ce que je fais de manière routinière tous les matins?
Eh bien là, c'est beaucoup plus simple, parce que en général au moment où j'émerge, je devrais déjà être au boulot. Donc ça se résume assez bien en le minimum de gestes requis pour que rien ne merde par après (genre, pas oublier mes clefs ou le téléphone). Tout ce qui est vaguement optionnel est systématiquement négligé (éteindre le réveil, faire mes lacets, manger, repasser une chemise -- mon cauchemar!). L'avantage du désordre d'hier soir est que je retrouve toutes mes affaires sans même ouvrir un tiroir. Ce n'est pas de la négligence, c'est de l'optimisation!

2. J'en ai entendu une bien bonne hier soir, à l'occasion d'une discussion qui a dérivé vers les pentes glissantes de la manière dont les différentes cultures du monde appréhendent les rôles respectifs de l'Homme et de la Femme, le machisme, les femmes soumises, l'égalité des sexes et tout ce bouillon d'idées agrémenté de toute une cavalcade de clichés gros comme des maisons...
Il paraîtrait donc que dans pas longtemps, 70% de la population mondiale aurait la peau sombre. J'ai été tout-à-fait surpris de me faire confirmer que les Jaunes de tous poils étaient compris dans les "sombres"! Dans le spectre entre l'Irlandais et le Togolais, pour ma part je placerais le Chinois plutôt du côté du premier... Et le Yuppie américan qui abuse du banc solaire du côté du second. Ceci strictement en distance chromatique bien sûr!
Enfin, je me suis contenté de rire de l'absurdité, je n'ai pas creusé plus loin pour en savoir plus sur les éventuelles conséquences attendues de cette statistique très "sérieuse"... Je suppose que ç'aurait été plus difficile d'en rire.

Et finalement, mon interprétation de la même statistique serait plutôt la suivante:
... C'est parce que suite au réchauffement climatique, tout le monde va bronzer plus.